La Fièvre de l'or |
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Des chiffres impressionnants
Chaque année 300 tonnes d'or sont extraits en Amazonie et 120 tonnes de mercure sont utilisées au cours de ce processus. Chaque année, 20 000 km² de forêt disparaissent, soit l'équivalent de 4 millions de terrains de foot! Le temps de la projection du film (90 minutes), 51 kilos d'or sont récoltés, 20 kilos de mercure déversés et 700 terrains de football déforestés.
La Fièvre de l'or: sortie en salles et... chez votre libraire
Olivier Weber, grand reporter au Point, est aussi l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages: récits de voyages, biographies d'aventuriers ou romans. La Fièvre de l'or, son premier film de cinéma, va également donner lieu à un livre, également intitulé «La Fièvre de l'or» et publié par Robert Laffont, qui est mis en vent dans les librairies le 15 octobre 2008, le jour même de la sortie en salles du film.
Pourquoi faire un film de cinéma?
Selon le producteur de La Fièvre de l'or, Sylvain Bursztejn, il a dès le départ était question de diffuser le film dans les salles. « Lorsqu'en juin 2006, Olivier Weber m'a parlé de son projet de film sur la déforestation de l'Amazonie par les orpailleurs, nous avons tout de suite pensé que c'était un sujet pour le cinéma. Avec un documentaire, on hésite toujours: est-ce un documentaire pour la télévision ou est-ce un documentaire pour les salles? La réponse que nous avons apportée s'est imposée à nous: nous ne pouvions faire un documentaire de 55 minutes pour la télévision car cela ne nous laissait pas le temps d'exposer notre sujet et il y a peu de cases de 90 minutes à la télévision. »
Un sujet propre au grand écran
Toujours selon le producteur, La Fièvre de l'or appelait par son sujet même une sortie en salle car le film « structurait une ambition cinématographique. Un paysage, la forêt, la plus grande forêt du monde, celle qui dégage de l'oxygène nécessaire à la vie sur terre, attaquée par l'or, le métal qui incarne le mieux les bourses du monde, Paris, Wall Street, Fort Knox... Ce sujet était un paradigme de notre monde, avec son autodestruction programmée. Faire un film de cinéma était aussi faire un film dont l'écho nous semble nécessaire pour défendre notre planète ».
Un tournage difficile
La Fièvre de l'or a été tourné au Brésil, au Surinam et en Guyane française. Selon Olivier Weber, le tournage n'a pas été des plus faciles : « Nous avons été menacés à plusieurs reprises et attaqués la nuit lors d'un bivouac. On nous a mis en joue avec un fusil. Un membre de l'équipe a préféré rentrer en France. J'ai cru qu'on allait vivre l'enfer du tournage du film de Werner Herzog, Aguirre, la colère de Dieu... » Il y a eu « des accidents aussi, avec une jambe cassée au Brésil, où je me suis aperçu que même notre accompagnateur était armé. Les gareimpeiros, les chercheurs d'or n'aiment pas que l'on vienne voir ce qu'ils font dans la forêt. L'un des avions des trafiquants que nous empruntions s'est craché récemment. »
Les hommes passent, l'or reste
La fascination pour l'or est toujours bien vivante et nombreux sont ceux qui se ruent vers l'Eldorado amazonien dans l'espoir d'y faire fortune. Olivier Weber constate à quel point « Cela rappelle les livres de Blaise Cendrars ou de Jack London. J'avoue que moi-même je ne suis pas insensible à ce métal qui brille. Il nous survivra, il ne bougera pas pendant des millénaires. Posez sur la table un lingot d'or et c'est notre histoire, celle de tous les hommes qui défile, avec Babylone, Toutankhamon, le masque de Mycène, le Veau d'or... »
Un commerce inéquitable
Olivier Weber voit en la ruée vers l'or sur l'Amazonie une triste manifestation des effets pervers de la mondialisation. Le metteur en scène déclare: « Tout cet or ne profite que très peu aux populations d'Amazonie car il s'en va vers des capitales européennes ou ailleurs. En revanche, le monde envoie du mercure car ce métal est indispensable pour extraire l'or. Même s'il pollue énormément les rivières et les habitants de la forêt. C'est donc un échange inégal que tente de démontrer le film: l'or contre le mercure, des trésors contre du poison ».
L'appât du gain
Comment une telle ruée vers l'or est-elle possible? Ce qui attire les plus pauvres dans l'aventure de l'or, c'est, selon Olivier Weber, « la promesse de s'en sortir. En sept ans, le cours de l'or a triplé, avec une once (soit 31 grammes) qui est passé de 300 à 900 dollars! » Pour les chercheurs d'or, c'est une aubaine qui motive leur décision de partir. « C'est à la fois beau d'ambitions de ces gens qui veulent améliorer leur sort, et triste à pleurer car ils sont les maillons d'une chaîne qui les dépasse, ils s'endettent bien souvent auprès des patrons et les filles ne ressortent plus jamais de la forêt, prostituées, enchaînées ou malades ».
L'or, le sang et les larmes
Un des orpailleurs interrogé dans La Fièvre de l'or déclare que « l'or, le sang et les larmes, ça fait une bonne soupe ». Comme Olivier Weber l'a vu, la ruée vers l'or ne va pas sans violences. « Pour fabriquer des colliers en or, des montres, des appareils électroniques; on tue, on asservit l'homme, on enchaîne l'ouvrier, on prostitue la femme. J'ai appris une chose au fond de la forêt: l'or rend fous les hommes. L'homme tue l'homme pour une pépite de vingt euros, l'homme déforeste l'Amazonie, l'homme contribue à détruire la planète pour ça. Le pire, c'est que ce processus continue, ça empire même avec la hausse du cours de l'or! »
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