Comme les autres |
Genèse
Si l'envie de traiter l'homosexualité n'est pas nouvelle pour Vincent Garenq, ce dernier s'est décidé lorsqu'un ami à lui également homosexuel est parti en week-end avec un couple de femmes afin de faire un enfant. « Tout de suite j'ai pensé à un sujet de film, c'était complètement inédit, c'était quelque chose de nouveau. J'ai d'abord voulu en faire un documentaire pour me nourrir, pour traiter ce problème. Le documentaire ne s'est finalement pas fait puis après il a fallu faire l'histoire ». Le scénario - justement - fut une étape plus compliquée puisqu'il en a existé plus de 28 versions différentes.
Refus violent
Lorsque Vincent Garenq essayait de trouver un producteur pour son documentaire, l'une des personnes auquel il s'est adressé a refusé le projet sous le prétexte qu'« en aucun cas, les homos ne devraient avoir d'enfant ». C'est ce qui poussa le réalisateur à se rediriger vers une fiction.
Lambertinage
Après des rôles de méchants dans Matrix Revolution et Babylon A.D, Lambert Wilson s'essaye à l'homoparentalité. Pour l'interprète, ce fut une première : « On ne me propose pas souvent ce genre de rôles ». Mais c'est surtout le scénario qui a plu « Là ce qui était magnifique c'est qu'on passait de la comédie au drame en permanence. C'est un personnage très attachant d'abord parce qu'il est très identifiable. Ce n'est pas un personnage artificiel. Il est très réel, il est sympathique. »
Tabou toi-même
Si l'homoparentalité est un sujet rarement traité au cinéma, c'est parce qu'elle instaure l'idée que l'homosexualité n'est pas une maladie, considération encore insupportable pour certains. A cet égard les sociétés de production se montrent frileuses, la pellicule a mis 10 ans à être tournée ! Mais pour le metteur en scène, Comme les autres est avant tout une comédie : « Pour moi c'est une comédie, j'ai toujours dit au producteur que je voulais que les gens rentrent dans ce film par la comédie, qu'il fallait les séduire. Je ne voulais fermer la porte à aucun spectateur, je voulais séduire tout le monde». Loin du message politique qu'il peut malgré lui transmettre le réalisateur ne souhaitait pas faire un film polémique « Il y a un seul sujet c'est le désir d'un homme homo d'avoir un enfant. [...]on arrive comme ça l'air de rien à un petit message, même si ce n'est pas un film à message du tout. »
Préparation et Casting
Ce fut un véritable chemin de croix pour trouver l'actrice qui interpréterait le rôle jouée finalement par Pilar Lopez. A cet égard, Vincent Garenq s'est rendu en Espagne afin de trouver une jeune femme espagnole parlant français. Lors de sa première rencontre avec Pilar Lopez, celle ci ne décroche pas un mot, le réalisateur se rend compte qu'elle ne parle pas français et en informe la production qui ne le croit pas. Finalement, Lopez est gardée mais suit pendant 4 mois un entrainement intensif à la langue de Molière. Elle a en plus entièrement appris son texte en phonétique, un véritable tour de... langue !
Accueil du film
Un thème comme celui-ci, réserve des réactions susceptibles d'aller au delà des simples considérations cinématographiques. Vincent Garenq raconte les avant-premières en province : «Ce qui est très sympathique c'est que très vite avec Lambert et les spectateurs , on sort du côté purement promotionnel du film pour parler du sujet... Un des témoignages qui m'a le plus frappé est celui d'un homme de la cinquantaine à Marseille qui a pris le micro, tremblant d'émotion, et qui nous a dit que pour lui, il y a 30 ans, les homosexuels étaient des pervers, mais qu'il avait appris a adoucir avec le temps son regard, et puis là, le film lui a assené un second choc »
Adieu clichés
Le long métrage de Vincent Garenq se situe bien de La Cage aux folles et Pédale douce. Si l'homosexualité peut servir, sans insulte, un très vaste comique de situation, ce film est bien plus proche de la réalité :« Depuis le début du film, je voulait sortir des clichés dont ont affuble d'habitude les homos dans les films... C'est volontairement que je les ai filmé se retrouvant dans un bar normal et non pas dans un bar gay . C'est volontairement qu'il ont une vie ordinaire, qu'ils ont des amis hétéros, qu'ils ont une famille, qu'ils ont un travail normal.... Bref qu'ils soient Comme les autres. » (Vincent Garenq)
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