Les Derniers Jours du monde |
Bombardement au Capitole
Pour les besoins d'une scène, les frères Jean-Marie et Arnaud Larrieu ont investi la fameuse place du Capitole à Toulouse. Tournée en pleine nuit, voir au petit matin, cette scène avait pour but de faire exploser un mini-bus à coup de tir de roquette. Un public patient et admiratif a pu observer le travail de l'équipe de tournage.
Adaptation
Ce film est une adaptation du livre éponyme de Dominique Noguez à qui l'ont doit aussi L'embaumeur et Amour noir en plus de nombreux essais sur le cinéma. Les derniers jours du monde est sorti en 1991 et a connu un énorme succès. Malgré tout, les frères Larrieu avouent avoir opérer une adaptation très libre du support originel pour en faire «un film nomade» à la différence de leur dernière réalisation Peindre ou faire l'amour.
Premières fois
Des nouveautés se sont immiscées dans la mise en scène des réalisateurs. Pour la première fois, ils ont du diriger une foule de deux-cent figurants, ce qui ne fut pas chose facile affirme Jean-Marie Larrieu : «quand on demande à deux cents personnes de marcher en même temps, elles ressemblent d’abord à des zombies ! Donner vie à une masse de gens c’est s’adresser à la fois à un grand corps et à chaque personne en particulier.» Une autre nouveauté : les flashbacks. Cette figure technique et stylistique a apporté un sens métaphorique au récit comme l'explique Arnaud Larrieu : «On est parti de la fameuse idée selon laquelle on voit défiler sa vie avant de mourir… C’est à la fois Robinson qui revisite son passé, mais aussi les lieux qui redeviennent primitifs, d’où l’allusion aux grottes préhistoriques qui servent à nouveau d’abris».
Inspiration extérieure
Les cinéastes se sont également beaucoup inspiré d'une nouvelle de Jim Harrison, publiée dans Légendes d'automne : L'homme qui abandonna son nom. Comme l'explique Arnaud c'est «L’histoire d’un type qui largué son boulot, se fait quitter par sa femme, et tient son journal».
Thèmes abordés
Interrogés sur les thèmes qui dominent leur long métrage, les réalisateurs répondent : «Nous avons toujours montré des personnages en état de vacance, au sens métaphysique, qui se posaient la question de leur désir. Le film ne fait pas exception, mais il est aussi un peu différent. Pour la première fois les personnages sont confrontés à la mort, la leur comme celle des autres.»
Retrouvailles
Mathieu Amalric est l'acteur fétiche des frères Larrieu. Ils l'ont vu évoluer à travers leur cinéma et le retrouver six ans après leur dernière collaboration pour Un homme un vrai, fut un plaisir partagé aussi bien par l'acteur que par les réalisateurs.
Préparation à l'américaine
Pour les besoins du film, Amalric a du porté une prothèse afin de faire croire qu'il est amputé de la main. A ce sujet les cinéastes s'amusent de voir la préparation que l'acteur a du entreprendre : «Il a réellement conduit son scooter, sa voiture. Mathieu possède ce côté acteur américain habile de son corps, en même temps qu’un vrai courage physique, malgré ou à cause de son apparente fragilité.»
La maison du cinéma
Pour les besoins d'une scène majeure du film les frères Larrieu ont puisé dans le classique au cinéma se déroulant dans un château du Lot: «Il y a Jean Cocteau, avec le cérémonial d’accueil fait à Robinson ; Demy, à cause de la grande robe Lacroix portée par Sabine Azéma ; les films de Brisseau ; Eyes Wide Shut en version désargentée ; Renoir pour la scène de la cuisine, à la fin. Le château, c’est la maison du cinéma.»
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