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Delta

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Infos tournage

Un thème tabou

Le sujet de Delta tourne autour d'un thème tabou, puisque le film nous parle d'une histoire d'amour entre un frère et une sœur. Le réalisateur Kornél Mundruzco explique ce choix : « Bien qu’il soit peut-être contre-nature, l’attirance entre frères et sœurs est un sentiment primitif, mais également très fort dans la mesure où il représente la possibilité de s’unir à soi-même. Quand on éprouve ce sentiment, c’est avec un désir toujours réprimé par un frisson de dégoût. Car ce n’est pas seulement un amour profond et vrai, c’est surtout un amour impossible, voué à l’échec. » Mais ce n'est pas la déviance sexuelle que le cinéaste a voulu abordé avec ce long-métrage. Ce qui l'intéressait, c'était au-delà de l'inceste, parler de la notion de liberté et de courage qu'il faut pour accepter ce type d'amour. Il ne souhaite pas condamner ceux qui sont hors-normes mais au contraire condamner ceux qui sont intolérants.

 

Le retour à la nature

Avec ce film, le cinéaste traite aussi du désir de retourner à la nature. « Je me sens plus proche de l'idée de Rousseau qui veut que l'homme soit naturellement bon à l'état de nature, puis corrompu par la société. Par exemple, la taverne du village n'appartient pas à l'univers de mes deux héros, et bâtir cette maison au milieu du fleuve leur permet de mener une existence solitaire dans un univers qui, cette fois, n'appartient qu'à eux. Mais la nature ne vous permet pas d'aller contre la marée, pas plus en tout cas que l'ordre social ne permet liberté et indépendance. D'un autre côté, il est vrai aussi que la nature humaine est avant tout orientée vers une forme de conservation, ce qui rend inéluctable le destin des deux amants ».

 

Tragédie sur le tournage

Alors que le tournage du film venait à peine de commencer, l'acteur principal d'origine, Lajos Bertok, est décédé. Le tournage a été interrompu, et l'avenir du film a été remis en question. « Nous avons passé plusieurs mois à nous demander si nous voulions ou pouvions reprendre le tournage. La plus grande question était de trouver quelqu'un susceptible de me donner l'inspiration pour continuer. » C'est ainsi que le cinéaste a pensé à Felix Lajko, un très grand violoniste assez connu en Hongrie. Ce dernier refusa dans un premier temps avant d'accepter. « Félix possède une nature magnifique, et une intelligence émotionnelle exceptionnelle. Il ne joue pas dans Delta : C'est un violoniste, pas un comédien. Ce que l'on voit, c'est sa vraie nature. »

 

Le lieu du tournage

Delta a été filmé en Roumanie dans la région du delta du Danube. C'est lors d'un voyage dans ce pays que Kornél Mundruzco a découvert cette région avec « ses paysages très évocateurs ». Il a tout de suite su qu'il ferait un jour un film dans ces décors naturels. Mais comme il le précise, même si la réalité géographique et sociale de la région ne fait pas parti du film, il a choisi « cet endroit parce qu'il paraît hors du temps et qu'il véhicule quelque chose d'archaïque. [...] Je n'ai pas voulu incorporer les paysages au récit de manière voyante, ils n'en ont pas besoin tant ils sont puissants en soi. Et ils jouent un rôle primordial dans le film. »

 

La fidélité de l'actrice principale

La comédienne Orsi Toth a joué dans les deux films précédents de Kornél Mundruzco. Ce dernier la définit ainsi : « A l'écran, Orsi apparaît toujours comme un être sans défense, la pureté et la sensibilité qu'elle dégage la rendant très vulnérable. Mais elle n'est pas qu'une projection cinématique : c'est aussi une très belle personne. »

 

La musique du film

L'acteur principal Félix Lajko, est à l'origine musicien. C'est donc lui qui a composé la bande originale du film. « La région du Delta m'a inspiré d'un point de vue musical. [...] Je composais la musique à mesure que nous tournions. » Mais c'était pour lui la première fois qu'il composait une musique de film, ce qui n'est pas du tout pareil qu'une composition classique : « C'est très différent. Je devais regarder en permanence le timecode et les images, et toujours prendre en considération l'ambiance de la scène. Et puis j'étais limité dans la durée de chaque séquence. Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais mis de la musique tout le long du film, du début à la fin. Mais le réalisateur n'a pas voulu. J'aurais joué du violon à chaque scène ! ».

 

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