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La Vie moderne

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Infos tournage

Retour aux sources

Ce film a tout d'un retour aux sources pour le réalisateur Raymond Depardon. En effet, le célèbre documentariste passe son enfance dans une ferme, qu'il quitte tôt, dès l'âge de 16 ans. Il avoue avoir quitté ce milieu un peu par complexe, comme beaucoup de personnes dans les années 60. Puis petit à petit, il a le sentiment inverse : il est fier d'être né dans une ferme. Raymond Depardon n'arrive cependant pas immédiatement à faire un film sur les paysans. Après avoir travaillé pour le magazine Le pèlerin et au journal Libération sur la disparition des paysans, il se rend compte que le monde rural de son enfance n'a pas beaucoup changé, et se dit qu'il doit poursuivre ce travail en le filmant. Il commence donc à travailler sur ce projet dès 1998.

 

Les paysans de moyenne montagne

Ce sont des paysans de moyenne montagne que Raymond Depardon décide de filmer pour La Vie moderne, parce qu'en faisant des reportages photographiques sur eux, il s'est rendu compte que beaucoup de gens se trompaient en disant que la petite agriculture était morte. Ce sont ces agriculteurs qui l'intéressent, et avec eux la problématique des cédants et des repreneurs, qui fut celle de la ferme de ses parents. « Que deviennent ces fermes, petites ou moyennes ? Sont-elles reprises par des membres de ces familles (...) ou par des jeunes qui préfèrent la campagne à la ville ? Deviennent-elles toutes des résidences secondaires, comme c'est malheureusement la tendance ? C'était ça, l'idée-force de notre projet de départ », confie le documentariste.

 

10 ans de travail

Raymond Depardon et son équipe ont mis dix ans pour réaliser le film qu'ils rêvaient de faire. Pour obtenir la confiance des paysans filmés, il fallait que ce travail s'inscrive dans la durée. Une durée d'ailleurs assez unique pour ce type de film.

 

Le choix des fermes et des agriculteurs

Le choix des paysans et de leur ferme, filmés dans La Vie moderne, est l'aboutissement de longs repérages photographiques du réalisateur. La méthode de tournage qu'il choisit consiste en quelque sorte à se faire adopter par les agriculteurs qu'il suit dans leur quotidien, de ne forcer personne. Raymond Depardon les filme alors avec du silence et de la distance, afin de les respecter et de ne pas les déranger, puisqu'ils sont habitués à vivre dans la solitude. Au fil du tournage, la confiance s'installe et ce sont même les agriculteurs qui demandaient à l'équipe du film de revenir.

 

Le titre du film

C'est la productrice du film, Claudine Nougaret, qui a choisi le titre La Vie moderne. Elle ne tenait pas à ce qu'il renvoie à quelque chose de négatif ou de nostalgique, et on y décèle de l'espoir. « La vie moderne, c'est la vie d'aujourd'hui, surtout », explique-t-elle. Raymond Depardon explique que les agriculteurs qu'il a suivis sont sur beaucoup de points et notamment l'écologie en avance sur les citadins: « eux, ils préservent la planète mais on ne le sait pas parce qu'on ne s'intéresse plus à eux... », déplore-t-il. Mais le film est résolument tourné vers l'avenir, à l'image de cette séquence où un enfant déclare qu'il veut faire le même métier que son père.

 

Etat des lieux

Au bout de dix années passées à filmer le monde paysan, la productrice et le réalisateur prennent conscience de la précarité dans laquelle vivent ces agriculteurs et de leur solitude, même si la situation s'améliore progressivement. Raymond Depardon est frappé par le fait que ces paysans restent finalement très proches de nous, très contemporains.

 

La Vie Moderne à Cannes

Le film a fait partie de la sélection officielle de la section Un Certain Regard au festival de Cannes 2008.