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Trois faces

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Infos tournage

Trois pays pour Trois Faces

Le film a été tourné entre 2005 et 2006 à travers les trois pays concernés, à savoir l'Espagne (port de Barcelone), l'Italie (port de Gênes) et la France (port de Marseille).

 

Entre désir et besoin

Erik Bullot, dans une interview accordée à Pocket Films à l'occasion de leur festival, explique le cheminement de ses films : «Pour qu’un film naisse et s’élabore, il faut que quelqu’un le désire, souhaite le voir, s’implique dans son financement, d’une manière ou d’une autre. Je ne peux pas réaliser un film qui repose sur le seul face-à-face entre moi et l’outil. Un tiers est nécessaire : il occupe déjà la place d’un futur spectateur.»

 

Films ludiques et poétiques

Une fois encore, le réalisateur Erik Bullot signe un documentaire profond et sensible, abordant les questions du bilinguisme à Barcelone, le droit des étrangers à travers l’existence d’un centre de rétention à Marseille, les travaux récents d’urbanisme à Gênes. L'homme n'en est pas à son premier coup d'essai, puisque ce film s'insère entre Glossolalie (2005) et Tohu-Bohu (2008). Et le réalisateur expose sa vision du 7e Art : «Ce qui m’intéresse, c’est de créer des courts-circuits, de produire des images qui soient de purs paradoxes

 

Unilatéralité

Petite leçon de cinéma : «Il me semble qu’un film évoque toujours, d’une manière ou d’une autre, l’objet qui le fabrique. Raoul Ruiz rappelait dans sa Poétique du cinéma que «c’est le type d’image qu’on produit qui détermine la narration et non le contraire». Si, par exemple, je réalise un film avec mon appareil photo numérique (c’est l’une de mes tentations), il réfléchira forcément, sans même que le projet soit explicite, l’écart ténu, de plus en plus fragile d’ailleurs, entre l’image en mouvement et l’image fixe

 

Le regard

Pour Erik Bullot, le regard, élément essentiel dans son travail, «n’est plus assujetti. Il ne renvoie plus à un sujet. La machine regarde, en un sens. Or le cinéma s’est construit sur l’importance du point de vue et la primauté du regard.» Et il dresse une critique de la situation actuelle du cinéma : «Aujourd’hui, le cinéaste inscrit d’emblée son regard dans le champ d’une réalité nouvelle : le sujet qui filme a disparu, les images sont soumises à des dispositif automatiques, la notion même de mise en scène s’est déplacée. Je ne suis plus certain, à cet égard, que le terme cinéma recouvre encore le même territoire qu’auparavant

 

Le regard, point de vue du cinéma?

«Beaucoup de cinéastes réfléchissent à ces questions dans leurs films. Je pense à David Lynch ou Naomi Kawase, pour citer des expériences et des économies dissemblables. Ou au film de Lars von Trier, Dancer in the Dark, qui présente à cet égard la clarté d’un théorème. Le point de vue est totalement disséminé : certaines scènes sont filmées par cent caméras, les jump-cuts sont innombrables, on ne cesse de passer d’un registre à l’autre (de la comédie musicale au mélodrame). Or, que nous raconte ce film ? Une histoire de cécité et d’opérations nécessaires pour retrouver la vue.»

 

Cinéaste de prof!

Entre deux tournages, Bullot enseigne à l’École nationale supérieure d’art de Bourges. Il confronte par moments ses élèves à des situations assez contraignantes, comme il le justifie : «Le cinéma est une discipline assez contraignante, et je crois beaucoup à une certaine vertu de la retenue. Je crois en revanche assez peu à l’immédiateté

 

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