Dernier maquis |
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Une trilogie placée sous le signe de la dualité
Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, Dernier maquis est le troisième volet d'une trilogie consacrée à l'immigration maghrébine en France et qui comptait déjà Wesh Wesh qu'est-ce qui se passe? et Bled Number One. Comme dans ces deux précédents films, le metteur en scène Rabah Ameur-Zaimeche mélange évasion poétique et réalisme documentaire, signant un film double, à la fois film véritablement engagé et fable fantaisiste et ravissante.
La vie en rouge
Le film est placé sous le signe du rouge, couleur des milliers de palettes écarlates à la sortie du garage. Pour Rabah Ameur-Zaimeche, « elles sont le coeur du film. La palette est la preuve éclatante du côté archaïque de tout système de production. C'est un objet central dans le transport des marchandises et en même temps un objet élémentaire, un assemblage ingénieux de morceaux de bois qui n'a de valeur que fonctionnelle. »
Une narration lâche
Le film est parsemé de respirations, d'épisodes inattendus. Rabah Ameur-Zaimeche affectionne ce caractère lâche, ouvert de la narration et ces décrochages, « qui sont toujours un peu dérisoires, un peu joyeux. On ne quitte pas le film pour autant mais on change pendant un instant de modes de perception ».
Un lieu naturel, vrai décor de cinéma
Le film a presque entièrement été tourné en un seul endroit, le siège de l'entreprise et de l'usine de Mao. Le lieu a inspiré le metteur en scène. « Je connais cet endroit depuis longtemps. C'est dans une zone industrielle semblant abandonnée. J'ai vu ce lieu à l'aube et j'ai immédiatement senti que c'était un vrai décor de cinéma, qu'il fallait y faire un film, ou plutôt, qu'il y avait un film qui m'attendait, de toute évidence. »
Des acteurs inexpérimentés
Si les acteurs ne sont pas des amateurs ou des non-professionnels, seuls le metteur en scène (qui tient le rôle de Mao), Christian Milia-Darmezin et les interprètes des trois mécaniciens avaient déjà joué avant. Mais constate Rabah Ameur-Zaimeche, « les autres sont devenus acteurs pendant le tournage. Ils se sont imposés d'eux-mêmes. C'est comme cela qu'on a trouvé nos personnages, en découvrant nos acteurs ».
Des exclus pour héros
Le film prend pour personnages principaux des individus en marge de la société, des travailleurs étrangers, exerçant les professions de manœuvre ou de mécaniciens. Pour le metteur en scène, ils « constituent une composante importante du prolétariat d'aujourd'hui; mais sont souvent méconnus et exclus du processus démocratique. »
Religion et travail
Le film met en évidence les liens entre sphère religieuse et monde du travail. C'est là que, selon le réalisateur, se trouve le nœud du film. « Ce qui m'intéresse, c'est de montrer cette controverse aujourd’hui en France, dans une zone industrielle de la région parisienne, avec des ouvriers et un patron au caractère prosélyte. Il y a un mur entre eux, mais celui-ci est percé de trous. Ca pourrait être ça, le dernier maquis ».
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