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Doute

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Infos tournage

Pièce

Le réalisateur John Patrick Shanley transpose ici sa pièce «Doute», qui a été jouée 525 fois à Broadway et pour laquelle il a reçu le Prix Pulitzer en 2005. Cette pièce est née de l'envie du dramaturge d'écrire sur le doute. Il s'est ensuite appuyé sur son expérience personnelle, puisqu'il situe sa pièce dans le Bronx, là où il a grandi et suivi sa scolarité dans des écoles religieuses.

 

Refus

Natalie Portman a été contactée pour interpréter Soeur James, mais elle a finalement décliné l'offre et le rôle est allé à Amy Adams.

 

Dix-huit ans

Shanley n'avait pas réalisé de film depuis Joe contre le volcan, avec Tom Hanks en 1990.

 

Adaptation

L'auteur-réalisateur raconte : « Adapter «Doute» a été le plus de tous mes projets. Il fallait complètement réexaminer la pièce pour lui permettre de renaître sur un support différent. L'histoire est devenue plus viscérale, plus dynamique, plus ouverte sur l'extérieur, sur la vive d'un quartier ouvrier du New York des années 60. » Il poursuit : « Cette histoire a commencé par mes souvenirs d'enfance dans le Bronx; ces souvenirs sont devenus une pièce et j'ai alors utilisé la scène et tout ce que pouvait m'offrir le théâtre pour la raconter dans ce cadre. A présent, en tant que film, l'histoire est devenue une autre création, avec un caractère résolument différent. La spécificité de ce média, de tout ce qui est vrai autour de vous quand vous tournez, apporte une vérité à l'histoire. Les comédiens utilisent l'authenticité qui les entoure pour atteindre un niveau de jeu différent. Le théâtre est très organisé alors que la vie est désordre. Une partie du processus a donc consisté à disloquer l'histoire, à la ramener à l'état d'éléments de base pour la rapprocher davantage des souvenirs dont elle est née. »

 

Acteurs

Continuant sa logique de recréation, et plutôt que de choisir des comédiens qui avaient déjà joué la pièce, John Patrick Shanley a préféré des acteurs capables d'apporter un regard neuf et inattendu, une perspective différente sur les personnages. « il était hors de question pour moi de juste donner un petit coup de neuf au formidable travail du metteur en scène de la pièce, Doug Hughes, et de dire que c'était mon film. Je voulais faire quelque chose de complètement différent, une oeuvre nouvelle, et rassembler une distribution d'acteurs de cinéma créatifs et intelligents. »

Très tôt dans le développement, il a pensé à Meryl Streep. Shanley raconte: « Avec Meryl Streep, j'étais certain d'obtenir une interprétation toute en finesse et en nuances qui faisait honneur à tout ce qui fait de soeur Aloysius un être passionnant et complexe, jusque dans sa rigidité et son inébranlable conviction. » Le réalisateur poursuit: « Je ne m'étais pas rendu compte à quel point ce serait passionnant de travailler avec elle. Son coeur, son âme et son imagination sont grands ouverts. Elle offre des possibilités infinies pour un metteur en scène. Quand elle joue, c'est comme un jeu de lumière qu'il faut capter: chaque prise est complètement différente de la précédente, et pourtant chacune est juste et ancrée dans la vérité du personnage. »

Pour interpréter le père Flynn, Shanley explique son choix : « En fait, Philip Seymour Hoffman était le seul que je pensais capable de lui [Meryl Streep] tenir tête et de rivaliser en intensité de jeu. Quand ils ont eu leur grande scène ensemble, c'était la bataille d'un roi et d'une reine, l'affrontement de deux gladiateurs dans l'arène, le choc des titans. C'était époustouflant à voir. Cela a été l'un des moments les plus marquants de ma vie. »

L'actrice Amy Adams (soeur James) explique avoir été quelque peu angoissée à l'idée de jouer face à Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman. « J'avais un peu l'impression d'être dans la peau de soeur James face au père Flynn et à la soeur Aloysius. Je me trouvais entre deux immenses acteurs, d'une puissance impressionnante, et j'étais très intimidée. J'ai utilisé ce sentiment pour nourrir le personnage de soeur James. Elle veut les satisfaire tous les deux et elle espère apprendre d'eux. J'ai fait comme elle. »

 

Préparation

Pour ce rôle, Meryl Streep a travaillé étroitement avec les religieuses du Collège de Mount St Vincent. La comédienne raconte : « C'était un réel plaisir. La discipline, la pureté, l'intelligence et la clairvoyance de ces femmes m'ont fascinée. Leur aide m'a été précieuse. »

Philip Seymour Hoffman a, quant à lui, passé du temps dans une église catholique afin d'apprendre les devoirs d'un curé. Il explique: « Je voulais tout savoir sur la dimension physique de la charge, les mouvements logistiques d'un curé, et aussi connaître l'histoire de l'Eglise et de la transformation qu'elle a vécue au moment où se déroule l'histoire – même si le coeur de l'histoire ne concerne pas l'Eglise, mais les êtres humains en général. »

 

Mise en scène

John Patrick Shanley a voulu une vision stylistique bien précise, à la fois minimaliste et visuellement attractive. « Je voulais que l'environnement autour des personnages soit austère, et pourtant vivant, afin que dans le cadre, leur humanité apparaisse soulignée. L'environnement du film est devenu un moyen de renforcer le drame, la tension, les émotions. La sonnerie d'un téléphone qu'on ne décroche pas devient comme le naufrage du Titanic pour soeur James, et le père Flynn ajustant les tores vénitiens dans le bureau de soeur Aloysius devient un moyen de parer l'attaque de la religieuse. Le moindre mouvement de caméra devait être justifié, il devait contribue à la narration ou à édifier le portrait des personnages. Tout, dans l'esthétique de ce film, existe comme un reflet de ce que disent, pensent et ressentent les personnages. »

 

Lumière

Le chef opérateur Roger Deakins a cherché avant tout à concentrer l'intérêt de spectateur sur le visage des acteurs. « Je trouvais que la lumière devait être neutraliste pour que le public ne soit pas distrait par un artifice quelconque. Filmer les visages dans ce genre d'environnement est important pour que les spectateurs puissent absorber toute la force des interprétations. Il fallait parvenir à ce qu'ils gardent les yeux rivés sur les visage. »