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Les Trois Singes

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Infos tournage

Un habitué de la Croisette

Le réalisateur Nuri Bilge Ceylan fait parti des réalisateurs habitués au Festival de Cannes. En effet, il est déjà venu présenter son court-métrage Koza en 1995, ainsi que ses deux long-métrages Uzak en 2003 et Les Climats en 2006. Il revient en 2008 avec son dernier film Les Trois Singes, un drame autour d'une famille disloquée qui tente de rester unie en refusant d'affronter la vérité en face, comme dans la fable des Trois Singes («Je ne vois rien, j'entends rien et je ne dis rien») à laquelle le titre fait référence. Et cette fois-ci, le réalisateur a remporté le prix de la mise en scène. Sous l'émotion lors de la remise des prix, il a déclaré: «Je suis ravi de cette récompense. C’est un des Prix auxquels je tenais le plus, car il souligne en général la créativité. D’un point de vue psychologique, mon pays avait besoin d’une telle récompense.»

 

La genèse du film

Comme nous l'explique le réalisateur, l'idée du film lui est venue au cours de ses réflexions sur la vie, en essayant de répondre à des questions à la fois philosophiques psychologiques et métaphysiques. «De plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été intrigué, fasciné et en même temps effrayé par les manifestations du spectre incroyablement large de la psyché humaine. J’ai toujours été étonné d’observer la coexistence, au sein de l’âme humaine, du goût du pouvoir et de la capacité à pardonner, de l’intérêt pour les choses les plus sacrées comme pour les choses les plus banales, de l’amour comme de la haine. Et ce qui me pousse à faire des films, c’est cette volonté de comprendre notre monde intérieur qui ne peut être formulé rationnellement.»

 

Les intentions du réalisateur

Le cinéaste turc nous parle des thèmes qu'il a abordé dans ce film, et nous explique comment il les a mis en scène: «Le film aborde ce type de situation émotionnelle et psychologique, en mettant en scène une intrigue chargée des relations complexes et violentes qui se développent entre les quatre personnages principaux. J’ai tenté de dramatiser les pensées abstraites, les croyances et les conflits conceptuels que nous vivons au plus profond de nous-mêmes, en les personnifiant à travers les protagonistes de ce récit.»

 

La philosophie des Trois Singes

Après avoir hésité entre plusieurs titres dont Daydreams et Rêveries du jour, c'est finalement Les Trois Singes que le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan a choisi. «Trois Singes était celui qui convenait le mieux, parce qu’il y a beaucoup de situations dans le film où les personnages jouent comme les »trois singes«. Ils font semblant pour se protéger. Le fils fait semblant de ne pas voir sa mère, le père fait semblant de ne pas entendre la voix du patron. C’est quelque chose qu’on fait également dans la vie. On fait les trois singes, on fait semblant de ne pas entendre, de ne pas voir». Le distributeur Eric Lagesse ne trouvait pas ce titre très vendeur mais le réalisateur a réussit à le convaincre.

 

La séquence invisible

Au tout début du tournage, le réalisateur a tourné une séquence nous dévoilant un terrible accident de voiture. La conception de cette séquence a demandé beaucoup de temps de préparation et beaucoup d'argent. Seulement, une fois arrivé en salle de montage, le réalisateur s'est rendu compte que le film gagnerait en puissance émotionnelle si on ne montrait pas cette séquence. «J’ai pensé qu’il était préférable que le spectateur recrée l’accident dans sa propre imagination. C’est comme lorsqu’on lit un roman.»

 

Un réalisateur caméléon

Nuri Bilge se défini lui même comme étant un réalisateur caméléon, c'est pourquoi les conditions climatiques changeantes lors du tournage ne lui ont proposé aucun soucis: «En fait, je suis comme un caméléon quand je tourne, je m’adapte aux conditions climatiques. Ce n’est pas très facile de faire un tournage en se fiant au temps. Dès que le temps change, je change le scénario. Je fais en sorte d’adapter les deux.»

 

Une méthode de travail spéciale

«Je prévois tout, puis je change les choses, parce qu’on n’arrête jamais de penser.» C'est autour de cette idée que Nuri Bilge construit sa méthode de travail. Même si il pense toujours la veille à ce qu'il va tourner le lendemain, il se rend souvent compte que ce qu'il avait prévu ne fonctionne pas, il doit alors changer ses plans. De plus, on est jamais certain du résultat au montage. C'est la raison pour laquelle il commence par filmer tout ce qui est prévu dans le plan de travail, puis il tourne des alternatives au cas où. Si les acteurs le permettent, il essaye même de jouer la carte de l'improvisation. «Parfois, ça marche beaucoup mieux que ce que vous aviez imaginé au départ.»

 

Un artiste aux multiples facettes

Le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan est aussi un photographe de talent. Ses photographies sont visibles sur son site personnel ici.

 

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