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Chop Shop

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Infos tournage

A propos du titre

« Chop shop » est une expression d’argot qui désigne le fait de démonter des voitures volées pour les vendre en pièces détachées.

 

Prix à l'international

Le film a été présenté à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, il a été en sélection officielle du festival de Toronto, et de Berlin. Il a également été sélectionné aux Independant Spirit Awards en 2008.

 

Genèse

Le projet de Chop Shop est né en 2004 alors que Ramin Bahrani montait Man Push Cart. Le directeur de la photo, Michael Simmonds, lui parle d’un quartier du Queens appelé Willet’s Point, «le Triangle de Fer». Curieux, Ramin s'y rend une nuit en compagnie de Michael. Tapi à l’ombre du Shea Baseball Stadium, le Triangle de Fer c’est 3.000 hectares de routes non goudronnées bordées d’échoppes de pièces détachées, de garages, de terrains vagues et de décharges sauvages. On n’arrive pas à croire que l’on est à New York. Le Triangle de Fer n'est pas uniquement une décharge, grâce à la communauté de travailleurs qui y débarque tous les jours - principalement clandestins et sans-papiers. « J’ai été impressionné par ce que j’ai découvert la première fois à 1h du matin et encore plus les jours suivants. J’ai immédiatement décidé que mon prochain film se tournerait là. Je me suis dit que si Buñuel avait dû tourner Pitié pour eux aujourd’hui aux États-Unis, il l’aurait fait ici. » s'enthousiasme Ramin Bahrani.

 

L’histoire

Ramin Bahrani s’est régulièrement rendu dans le Triangle de Fer à la recherche d’une histoire directement inspirée du lieu. Il voulait transmettre, non seulement, la dure réalité de l’endroit, mais aussi l’esprit de communauté, la force de caractère et l’humour des travailleurs. « Les gens sont très compétitifs pour alpaguer les clients, faire de l’argent et il y a souvent des bagarres, mais, en même temps, ils mangent et boivent, rient et font de la musique ensemble. » témoigne t-il. Malgré quelques tensions créées par la multiplicité des nationalités, l’isolement de ce quartier, fait que les choses finissent toujours par se régler d’elles-mêmes. C'est en y passant de plus en plus de temps, que Ramin remarque de jeunes adolescents, en âge d’être scolarisés, qui sont embauchés pour alpaguer les clients. « J’ai commencé à me passionner pour la vie de ces mômes qui vivent et travaillent parmi les adultes, dans cet endroit très dur. J’ai voulu savoir qui ils étaient, quels étaient leurs rêves et comment ils s’en sortaient dans un univers où même les adultes étaient perdus. » C’est ainsi qu’est née l’histoire d’Alejandro.

 

Lieu de tournage

Willet’s Point, dans le Queens, c’est un quartier de terrains vagues, de décharges et d’échoppes de pièces détachées collées les unes aux autres. Il y a plus de 75 ans, F. Scott Fitzgerald, dans Gatsby le Magnifique, décrit cet endroit comme «La Vallée des Cendres». Plus récemment, le maire de New York l’a surnommé «Le coin le plus désespéré de la Grosse Pomme». Surplombant les terrains vagues, le Shea Baseball Stadium, un énorme stade où s’affichent sur des panneaux géants des slogans tels que «Faire que les rêves deviennent réalité». « Pendant l’année que j’ai passée sur les lieux, j’ai été de plus en plus happé par la vie que mènent les mômes latinos qui vivent et travaillent là-bas » raconte le réalisateur.

 

Tournage et réalité

Le tournage du film a duré 30 jours en août 2006. « A la fin du tournage, on faisait partie intégrante du quartier. Les habitants et les travailleurs ont vraiment regretté qu’on parte, on était devenu une vraie distraction pendant leurs dures journées et des amitiés s’étaient vraiment forgées. » raconte le réalisateur.

 

Casting et préparation

En quête des acteurs, Ramin Bahrani sait que ce sont eux qui vont porter le film. Il visite alors une centaine d’écoles et de centres de loisirs à la recherche des enfants. Finalement, il rencontre Alejandro Polanco dans le Lower East Side de Manhattan : « Alejandro a été merveilleux dès le premier jour. Il était parfait en improvisation et son visage pouvait exprimer toutes les émotions : l’amour, la colère, la jalousie, la sincérité... Parfois, quand je lui parlais, il réagissait comme un gamin de 12 ans. Parfois, j’étais étonné par sa maturité, conséquence des épreuves qu’il a dû traverser. Nous avons eu des moments durs, mais Alejandro est un super gamin, sincère, ça se voit sur son visage. C’est lui qui fait le film, je ne voulais pas qu’on perde l’empathie que l’on peut avoir pour ce môme. »

 

Répétition acharnées

Les répétitions avec les acteurs ont duré plusieurs mois, non seulement pour s’assurer qu’ils pouvaient jouer les scènes d’émotion les uns avec les autres, mais aussi pour ajouter à la réalité de l’histoire. Les acteurs ont ainsi apporté leur touche personnelle au scénario.

 

Immersion totale

Pour ses premiers pas d'acteur, Alejandro Polanco a du travailler dur ! Afin d'être au plus près de la réalité, Ramin a envoyé Alejandro dans le Triangle de Fer pendant 6 mois avant le tournage pour qu’il apprenne à travailler comme son personnage : « j’ai été vraiment payé pour attirer les clients chez Rob. Chaque jour, je gagnais 30$. J’ai appris à nettoyer les voitures, à les peindre et à arranger les bosses sur la carrosserie. J’ai même appris à conduire ! C’était dur, mais je me suis bien marré. » Le réalisateur ajoute : « Après 6 mois dans le quartier, les gens croyaient qu’on faisait un documentaire sur Alejandro, un môme qui travaillait là, ça faisait tellement longtemps qu’ils le voyaient. La seule personne du film qui en savait plus que moi sur les travailleurs du coin, c’était lui ! S’il avait été d’accord, il aurait pu rester chez Rob qui l’aurait embauché ! »