Un roman policier |
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Deux courts pour un long
Un roman policier est le premier long métrage Stéphanie Duvivier, d'un budget de moins d'un million d'euros. Auparavant elle avait déjà réalisé deux courts métrages Le Mariage en papier et hymne à la gazelle.
Genèse
L'histoire du film prend place dans le milieu de la police, un sujet qu'avait envie d'explorer la scénariste et réalisatrice: « J’avais travaillé avec Marie- Laure Descoureaux et Abdelhafid Métalsi, les deux comédiens du film sur L’hymne à la gazelle, mon deuxième court-métrage... qui se passait déjà la nuit, traitait du désir. Or, j’avais envie de rebosser avec ces acteurs sur le même thème en les plongeant dans un contexte particulier: celui de la police. Les policiers possèdent une arme, ce qui peut leur inoculer un sentiment de toute-puissance. Mais ils ne savent jamais à quel danger ils vont devoir faire face. S’ils peuvent donner la mort, ils peuvent aussi la recevoir. C’est ce rapport presque instinctif à la mort qui m’intéressait d’abord. »
Rencontre autour d'un dîner
C'est lors du dîner des nommés au Césars de 2005, que Stéphanie Duvivier et Olivier Marchal se sont rencontrés. De cette soirée est né leur collaboration comme nous l'explique le metteur en scène de MR 73: « Elle y était pour son court-métrage, j’y venais pour 36, quai des Orfèvres. Je l’ai trouvée touchante au milieu de ces étoiles filantes et de cette débauche de luxe auxquelles ni elle ni moi ne sommes habitués. Elle m’a dit avoir écrit un scénario sur les flics. Et m’a demandé de le lire. Son script m’a tout de suite emballé. Je trouvais extraordinaire que quelqu’un d’étranger au milieu dépeigne avec autant de justesse les arrières-salles des commissariats, l’univers de ces types, leurs mentalités,leurs comportements ».
Oeil de Viper
Pour filmer Un roman policier, se déroulant majoritairement de nuit, la production s'est équipée de la meilleure caméra HD du moment, la célèbre Viper, dont a pu déjà apprécier la qualité de rendu d'image dans des films tel que Collatéral et Miami Vice de Michael Mann et dernièrement dans Zodiac de David Fincher. La réalisatrice souhaitait « charger » au maximum l'atmosphère, d'pù le choix de l'action nocturne.
Une longue prospection
Etrangère au milieu de la police, Stéphanie Duvivier a enquêté de manière officieuse dans de nombreux commissariats, dont celui de son quartier, pour s'imprégner de l'ambiance qui y règne. Toutes ses demandes officielles se sont heurtés à une fin de non-recevoir. Des gardiens de la paix et des brigadiers ont fini par se confier à elle. Ils ont évoqué leurs peurs, leur manque de formation à accueillir la violence et les victimes, les « Starsky », ces « cow-boy qui se croient dans les films ».
Un film « mixte »
Stéphanie Duvivier est née au Maroc et y a vécu durant dix-huit ans. Parlant arabe, elle se considère être une femme « mixte ». Elle n'envisage pas de réaliser un long métrage qui ne le serait pas également, tout en français. Tous ses acteurs sont d'ailleurs des professionnels, sauf une grand-mère arabe rencontrée sur un marché de Marseille et l'adolescent qui joue son petit-fils Said. Le rôle de la grand-mère était originellement écrit pour l'actrice qui jouant dans Mariage en papier. Mais elle est décédée trois mois avant le début du tournage.
En avant les histoires
Par manque de moyens, la cinéaste a tout story-boardé, prédessiné et prédécoupé elle-même. En compagnie de Denis Rouden, elle a utilisé des playmobils afin de travailler le placement des protagonistes lors de chaque scène. De plus, toutes les bagarres sont réalisées sans régleur.
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