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The Visitor

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Infos tournage

Genèse du film

Comme l'explique le réalisateur et scénariste du film, Thomas McCarthy, « c'est toujours difficile de savoir précisément quel est le point de départ d'un film ». The Visitor est né dans son esprit d'une accumulation d'idées et de réflexions significatives. Après le succès critique de son premier film, The Station Agent, le ministère des affaires étrangères américain lui propose de montrer son film au Moyen Orient dans le cadre d'un programme culturel de rapprochement entre les peuples. Lors de ce voyage, Thomas McCarthy se met à réfléchir au gigantesque fossé qui sépare les Etats-Unis du reste du monde, alors qu'il découvre la culture de pays comme Oman ou le Liban, fasciné par les artistes qu'il y rencontre et leur passion : « Je voulais que l'on sente ça dans le film, c'est de là que m'est venue l'idée du personnage de Tarek », déclare-t-il. Au même moment, le réalisateur développe le personnage d'un professeur d'université vieillissant qui a perdu son goût pour son métier, et se débrouille que ces deux personnages très différents se rencontrent dans son histoire.

 

Un sujet délicat

Le film aborde un thème très sensible : celui de l'immigration. De retour de son voyage au Moyen-Orient, le metteur en scène fait des recherches sur la question, et entend parler d'un jeune homme incarcéré dans un centre de rétention pour immigrés clandestins, où il décide de se rendre. Là-bas, le cinéaste se rend compte que pour la plupart d'entre eux, les détenus n'ont pas d'avocat. Sans nécessairement prendre partie, Thomas McCarthy veut « plutôt aborder cette situation avec empathie et compréhension ». « On parle de gens, pas seulement d'une cause politique » ajoute-t-il.

 

On ne change pas une équipe qui gagne

Thomas McCarthy est du genre fidèle. En tout cas en ce qui concerne ses films, puisqu'après avoir connu un joli succès d'estime grâce à son premier film en tant que metteur en scène, l'acteur fait de nouveau appel à plusieurs de ses collaborateur de The Station Agent pour sa deuxième réalisation. On retrouve ainsi au générique de The Visitor sa productrice Mary Jane Skalski, son chef opérateur Oliver Bokelberg, son monteur Tom McArdle, ainsi que son décorateur John Paino. Et il ne le regrette pas, car comme il le confie : « c'est formidable de travailler avec ces [gens] là très en amont du projet car nous partageons la même conception des films que nous réalisons. On a même mis au point une sorte de jargon qui nous aide quand nous travaillons ensemble. »

 

Un film à la dimension humaine

Plutôt que de réaliser un film politiquement très engagé, ce à quoi le thème de The Visitor aurait pu se prêter, le metteur en scène du film privilégie la dimension humaine liée au problème social majeur posé par l'immigration. Bien conscient que son long métrage ne changera pas la face du monde, Thomas McCarthy tente au moins de rappeler au public l'aspect humain dans les conséquences de ce sujet très polémique. Une manière de tendre un miroir à la société d'aujourd'hui pour lui montrer ce qu'il s'y passe et de susciter un débat en soulevant des questions. C'est que le réalisateur essaie de faire, sans oublier l'aspect narratif de son récit : « au fond, il s'agit d'une histoire d'amour et d'une histoire d'amitié » résume-t-il. « Il y a des moments drôles,des moments tragiques et même des moments anodins. Je crois que ce film est représentatif de la manière dont la vie se déroule ».

 

Un premier rôle pour Richard Jenkins

Jusqu'ici plutôt habitué aux seconds rôles, Richard Jenkins se voit enfin confier dans ce film un personnage principal, celui de Walter Vale, un professeur d'université désemparé qui accepte d'héberger un couple de clandestins dans son appartement new-yorkais. C'est Thomas McCarthy qui a eu l'idée d'offrir ce rôle au comédien, surtout connu du grand public pour avoir incarné le fantôme de Nathaniel Fisher, propriétaire de l'entreprise de pompes funèbres familiale dans la série Six Feet Under. « Je voulais vraiment travailler avec Richard Jenkins. Il a un côté Monsieur Tout le Monde que j'adore », révèle le réalisateur. De son côté, le comédien se montre ravi et reconnaissant : « j'ai attendu toute ma vie qu'on me donne un rôle pareil », rapporte-t-il. A la lecture du scénario, l'acteur est séduit par ce personnage solitaire, qui se retrouve embarqué dans une situation nouvelle pour laquelle il n'est pas préparé du point de vue émotionnel.

 

Des comédiens bien préparés

Pour créer une alchimie entre les acteurs de son film, Thomas McCarthy organise un mois de répétitions. Une méthode qui semble porter ses fruits puisque les interprètes du jeune couple d'immigrés clandestins, Haaz Sleiman et Danai Gurira, se sont très bien entendus et leur complicité en ressort à l'écran. Au départ sceptique vis-à-vis des répétitions, Richard Jenkins reconnaît lui aussi que le temps qui y a été consacré a été précieux pour la suite et a donné de la crédibilité au parcours de ces personnages dans le film.

 

Un tournage à New York

Quelle ville pouvait mieux que la Grosse Pomme être le cadre de ce film qui parle d'immigration ? Aucune autre, d'après le réalisateur et la productrice. C'est donc à New York, un lieu qui a accueilli tant de migrants depuis la fin du XIXème siècle, que Thomas McCarthy plante ses caméras. Mais si cet endroit est fabuleux pour tourner le film, un tel cadre ne va pas sans poser de difficultés. « Tourner à New York, c'est comme vivre à New York. Il y a des jours où on a le sentiment d'être l'homme le plus chanceux du monde, et d'autres où on a envie de quitter la ville en hurlant », affirme le réalisateur, pour qui tourner dans l'effervescence de la célèbre ville n'a pas été tous les jours une sinécure.

 

La musique au cœur du film

La musique est un élément fondamental du film. C'est grâce à elle que les personnages de Walter, le professeur, et de Tarek, le clandestin, vont se lier d'amitié. Touché par la gentillesse de celui qui accepte de l'héberger, Tarek décide en effet de lui apprendre à jouer du djembe. Les deux personnages utilisent alors, plus que les mots, la musique comme un moyen de communication et une manière de se rapprocher. C'est aussi grâce à la musique que le personnage de Walter évolue. « Le film montre comment la musique transcende les frontières et les barrières culturelles », conclut le réalisateur.