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Deux jours à tuer avec un livre et un film
Le film de Jean Becker est l'adaptation du roman éponyme de François d'Epenoux paru chez Anne Carrière en 2001. Le livre a tout de suite plu au réalisateur comme il l'explique : « à l’époque, j’étais en Ecosse...Je l’ai commencé et je ne l’ai plus quitté. J’ai tout de suite été intrigué, déstabilisé même, par le comportement de cet homme qui le temps d’un week-end envoie tout promener. » Le romancier a d'ailleurs participé à l'écriture de la deuxième partie du scénario, Eric Assous s'étant chargé du début de l'adaptation.
Au naturel
Jean Becker aime tourner au grand air dans des paysages bucoliques et chatoyants. Après la Provence et le Vaucluse de L'Eté meurtrier, ou les bords de Loire des Enfants du marais, le réalisateur a cette fois décidé de quitter la France, pour l'Irlande et la verdoyante région du Connémara : « je connaissais l’endroit pour y avoir passé quelques jours de vacances en famille, dans l’hôtel où le Général de Gaulle avait séjourné. J’avais très envie de filmer ces paysages, leur lumière. Je me sens bien en plein air, dans ces grands espaces, tout y est plus facile pour moi. »
Une histoire de famille
Dans le rôle du père d'Antoine (Albert Dupontel), on retrouve Pierre Vaneck qui connaît bien Jean Becker, mais pas uniquement pour des raisons professionnelles et artistiques, comme l'explique le metteur en scène : « c’est mon beau-frère ! Pierre est un homme adorable, très gentil dans la vie, mais qui peut, également, avoir ce côté un peu bourru qui convient parfaitement au personnage du père d’Antoine. »
A l'écran comme à la scène
Une scène du film a nécessité une recherche toute particulière de la part de Jean Becker : il s'agit du dîner entre amis. Chacun des personnages présents est à dessein incarné par un acteur de théâtre (Cristiana Reali, François Marthouret ou Samuel Labarthe). Marie-Josée Croze a d'ailleurs été très « heureuse de partager certaines scènes avec de très grands comédiens de théâtre. »
Un tournage glacial
Abonné aux rôles étranges et marginaux (voir ses prestations dans Bernie ou Irréversible), Albert Dupontel n'hésite pas, pour les besoins d'un film, à se mouiller, au propre comme au figuré. A l'occasion d'une scène de Deux jours à tuer, le comédien s'est en effet baigné dans une eau à 10 degrés. 3 prises ont même été nécessaires, pour qu'au final Jean becker décide de les couper au montage. Un vrai souvenir de cinéma!
Le sens de la vie selon Albert Dupontel
Avec un humour aussi noir que cynique, on se s'étonne guère que l'acteur ait une vision pessimiste de l'existence : «la vie n’a aucun sens et il appartient à chacun de lui en donner un, mais encore faut-il que les gens sachent qui ils sont. Or, on n’est bien souvent que le fruit de notre éducation, de notre environnement et du conditionnement de notre temps. En un mot, on ne se connaît pas et on subit sa vie plus qu’on ne la dirige... Sans doute est-ce pour cela qu'Albert Dupontel a choisi le métier de comédien : « je me fuis beaucoup en faisant l’acteur et moins je me retrouve mieux je me porte. »