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Algérie, histoires à ne pas dire...

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Infos tournage

3 Films

Histoires à ne pas dire est le troisième volet d'une trilogie de documentaires consacrée à ce que le guerre d'Algérie a refoulé, caché et enfouit, et tente de retracer une histoire « taboue en Algérie et muette en France » selon les mots de Jean-Pierre Lledo. Le premier volet, Un Rêve Algérien, montrait le retour d'Henri Alleg, journaliste d'Alger Republicain ayant le premier dénoncé la torture pendant la guerre d'Algérie, et ses retrouvailles, 40 ans après, avec ses anciens compagnons qui défendaient une Algérie libre. Algérie, mes fantômes partait d'une réflexion personnelle sur l'exil pour déboucher sur des entretiens avec des combattants pieds-noirs et des Harkis. Pour ce troisième volet, le réalisateur retourne en Algérie pour faire témoigner des habitants d'origines musulmanes sur leurs relations avec leurs voisins juifs, chrétiens ou européens entre 1955 et 1962.

 

4 Villes

C'est ainsi le portrait de quatre personnes que dresse le cinéaste en partant à la recherche de cette histoire peu évoquée. Entre Oran, Skikda, Alger et Constantine, Lledo confronte les témoins et protagonistes de cette période, en les emmenant sur les lieux des événements. Le film revient sur les drames qui ont bouleversés la vie de ces gens, comme sur le destin d'Aziz de Skikda, agronome élevé dans une ferme de colons par une famille de pied-noirs, et rescapé de l’exécution massive des hommes de sa famille par l’armée française.

 

Ne reste dans l'Oued que ses galets

Au centre du film, ce sont donc les relations entre musulmans et les autres communautés pendant la guerre d'Algérie qui sont interrogés. Cela permet de rouvrir des pages de l'histoire enterrées, comme l’assassinat du chanteur juif constantinois Cheik Raymond, ou la rumeur jamais élucidée d’un charnier de pied-noirs dans un étang d’Oran. Le titre initial du film, « Ne reste dans l'Oued que ses galets » traduisait par une métaphore ce sentiment de disparition.

 

Algérie, film à ne pas voir

Alors que le gouvernement algérien a participé à la production du film, les autorités se sont rapidement opposées à sa diffusion dans les salles de cinéma sur son territoire. Le film de 3 heures a d'abord été réduit à un moyen métrage de 50 minutes, avant de se voir plus radicalement encore refuser sa demande de visa d'exploitation, interdisant ainsi toute diffusion cinématographie. Christine Delorme de L'ACID, qui soutient le film, évoque ainsi cette censure : « Si l’on en juge le degré de violence que le film suscite en Algérie, il faudra encore du temps pour que la chape de silence du passé de toutes ces mémoires enfouies puisse se faire entendre. Et libérer les émotions comme ces chants espagnols entonnés à la fin du film en hommage au chanteur de boogie-woogie Tchichi qui permettent de retisser les liens entre les communautés. »

 

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