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Eden à l'Ouest

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Infos tournage

Engagement

 

Costa-gavras persiste et signe dans le cinéma engagé avec son 17e film Eden à l'ouest, dont la carrière est très marquée par ses films politiques et dérangeants comme L’Aveu, Z ou plus récemment Amen. L'administrateur de la cinémathèque française, choisi pour présider La Berlinale en février 2009, propose un scénario, cosigné avec Jean-claude Grumberg, qui retrace le périple d’un immigré clandestin, Elias ( Riccardo Scamarcio), tentant de rejoindre Paris.

 

 

Sa vision du cinéma

 

Selon sa propre définition, le cinéma doit poser des questions, justes de préférence, mais ne donne pas de réponses. « N'attendez pas d'un film qu'il vous dise pour qui voter » dit Costa-Gavras. Au mieux, il vous apporte un début de réflexion et vous renseigne sur vos relations avec les autres et la société.

 

 

Personnage

 

Incarné par un envoûtant Riccardo Scamarcio, l’homme qui immigre nous emmène au plus proche de son voyage et ce sont avec ses yeux et ses silences que nous assisterons à la fragilité des systèmes et des âmes démocratiques : l’étrange étranger ne semble plus être celui qu’on croit. Le film propose un regard inédit sur le monde, et distille une certaine langueur : deux qualités qui font le cinéma.

 

Fuyant sur la frégate un pays dont le nom et la langue resteront inconnus, Elias tente, avec quelques mots de français, une percée vers un avenir plus prometteur. Échoué clandestinement sur la plage d’un luxueux club de vacances, le jeune homme doit bien vite redoubler de vigilance pour ne pas être renvoyé d’où il vient, et cette vigilance, c’est se méfier ou faire confiance. Le bel immigré s’adapte comme un caméléon, mais il est condamné à poursuivre son errance qui, de tableau en tableau, le mène vers Paris, symbole magique de son aboutissement. Son odyssée moderne est une longue route, qu’il trace avec pour seuls moyens son courage débrouillard et sa tendre beauté. Au gré de ses rencontres, complexes parce qu’imprévisibles, au gré de la violence de certaines situations, Elias est infatigable à tisser son destin. Et apprend qu’entre humiliation et gain de liberté, la roue tourne inlassablement

 

 

Réalisme

 

L’Eden comme l’âge d’or grec est une fiction fondamentale pour la conscience humaine, elle y inscrit le souvenir d’un temps meilleur pour donner l’espoir d’un monde meilleur. Or, ce rêve peut être commun, et la simple survie peut constituer un Eden. C’est ce que rappelle Costa-Gavras qui, tel un funambule, réussit dans son film (co-écrit avec Jean-Claude Grumberg, pour le rappeller) à garder l’équilibre entre la poésie du monde et le pragmatisme de la plus élémentaire expérience humaine, l’envie de vivre. Si le soleil disparaît dès le premier plan, c’est pour mieux devenir idéal.

 

 

Berlinale 2009

 

Président du Jury au festival international du film de Berlin l'année dernière, Costa-Gavras présente hors-compétition Eden à l'ouest cette année.