Esther |
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La Mauvaise graine en ligne de mire
Le scénariste David Leslie Johnson connaît ses classiques, en particulier La Mauvaise Graine, référence en matière de films aux enfants diaboliques. Conscient de ce que le public attend, il a cherché à écrire un récit sortant des clichés inerrants au genre en trouvant « un nouvel angle au sujet ». Nouvel angle se concrétisant avec le twist final, dont on ne révèlera rien pour garder la surprise. Cette position a bien évidemment mis l'eau à la bouche des deux producteurs, Joel Silver, un habitué avec sa firme Dark Castle, et Leonardo DiCaprio, inattendu dans ce registre horrifique. Le premier « veut que l'audience soit choquée, qu'elle se retrouve face à quelque chose d'inédit, un moment de jamais vu ». Quant à DiCaprio, s'écarter du genre était essentiel, envisageant Esther d'avantage comme un drame psychologique très complexe qu'un simple film d'horreur.
La peur qui ne fait pas peur
Découvert dans nos contrées en ouverture du festival de Strasbourg au mois de septembre dernier, Esther possède déjà une carrière bien rempli depuis sa sortie américaine en juillet. Malgré sa classification « R » (interdit aux moins de 16 ans non accompagnés) et une distribution assez limitée, le film a déjà engrangé plus de 40 millions de dollars de recettes depuis sa sortie.
Le point de vue du réalisateur
Jaume Collet-Serra explique que son intérêt principal dans le scénario d'Esther est le personnage de la mère, incarnée par Vera Farmiga (photo). En effet, « le film est de son point de vue: comment elle ressent que sa famille part en morceau à cause de cette petite fille ». Le dilemme moral qu'il en ressort est alors plus fort : « comment pouvez-vous accuser une petite fille d'être responsable de l'échec de sa propre famille? »
Automne-Hiver
Peu avant le début du tournage, l'équipe est allé filmer quelques plans dans Toronto pour capturer l'ambiance de la ville à l'approche d'Halloween (une scène devant s'y dérouler), pour avoir des plans de coupes. Seulement, une semaine plus tard, s'il y a bien un événement qu'on n'avait pas vu depuis presque trente ans au Canada, c'est la terrible tempête de neige qui tomba durant le tournage. Cela aurait pu être une tuile pour le réalisateur, mais ce dernier a pris cela pour une chance : « quand j'ai lu le scénario pour la première fois, c'était clairement un film automnale ». Autant dire qu'il a été gâté...
Le petit plus qui rend les tournages excitants
... mais pas autant que Don Carmody, le producteur exécutif. Il raconte que travailler sous près d'un mètre de neige, à moins vingt degrés, n'a pas été une partie de plaisir, en particulier lors des scènes se déroulant dans une cabane dans les arbres : « on ne pouvait ni mettre les éclairages sur plate-formes ni utiliser des grues pour monter le matériel. L'équipe a littéralement dû le transporter à la main dans les arbres. Et comme nous tournions dans une zone protégée, impossible de planter des clous pour les faire tenir, juste rassembler les arbres et tout monter au sommet, tout en veillant à ce que les 115 techniciens gardent la neige immaculée en se déplaçant (les joies du raccord) ».
Esther : tout dans le mouvement
Afin de saisir l'atmosphère malsaine et glauque de l'histoire d'Esther, Jaume Collet-Serra a opté pour une mise en scène faite de mouvements d'appareils bien spécifiques qui traverseraient en continu la maison, se déplaçant de pièce en pièce, d'étage en étage. Pour se faire, le décor de la maison a été conçu sur un bloc de trois étages, au lieu d'être construit sur différents plateaux, comme s'est généralement le cas.
Esther : tout en tension
On l'aura compris : Esther veut faire monter la tension. Ainsi, Collet-Serra (photo) a pris l'option de créer une atmosphère claustrophobique. Qu'il s'agisse de la décoration et de la lumière, les principaux éléments artistiques ont été mis a contribution pour rendre crédible cet effet. La plupart des décors de cinéma sont fabriqués à une échelle plus grande que la normale pour l'équipe puisse circuler. A l'inverse, la maison principale possède une taille presque réelle, mais avec différents angles et murs construis dans des buts psychologiques spécifiques. L'idée était qu'elle « soit ouverte pour avoir l'impression qu'Esther puisse toujours apparaître dans un coin, toujours être présente ». Certaines séquences cruciales ont été préalablement storyboardé pour que le chef décorateur Tom Meyer construise des pans de décors sur mesure en fonction des plans souhaitées.
Une lumière morose
Le chef opérateur Jeff Cutter a mis en place des tâches de lumière et d'ombres afin qu'Esther puisse apparaître là où les autres personnages ne l'attendent pas, tout en restant dans des tons très naturels. Ce détail est essentiel dans la mise en scène de Collet-Serra qui ne « voulait pas faire un film d'horreur classique, éclairé par l'arrière, mais plutôt un film réaliste, faire ressentir la morosité du lieu ».
Les habitués du genre
Si on découvre Isabelle Fuhrman dans le rôle d'Esther, la jeune actrice n'en a pas fini avec le film d'épouvante. En effet, dernièrement, elle a prêté sa voix à Children of the Corn, un téléfilm adapté des Démons du Maïs de Stephen King. Quant à Jimmy Bennett (photo), on a déjà pu le voir en 2005 dans le remake d' Amityville. Bien que partenaire du producteur Leonardo DiCaprio dans Les Infiltrés, Vera Farmiga a déjà été la mère d'un odieux bambin dans Joshua.
L'écurie Dark Castle
Jaume Collet-Serra suit de près Joel Silver. En effet, Esther est sa deuxième réalisation pour la société du producteur, bien connu des amateurs de films d'action pour être autant responsable de la saga Die Hard que de Demolition Man, avant Matrix. Le réalisateur barcelonais avait déjà signé La Maison de Cire, remake de L'homme au masque de cire de Cire d' André De Toth. Cette société fondée en 1999 est exclusivement destiner à
produire des films d'horreur, inaugurée avec les remake des film de William Castle, La Maison de l'horreur, puis 13 Fantômes. D'où Dark « Castle »... Avec Le Vaisseau de l'angoisse, Silver ressort la figure du bateau fantôme, tandis qu'il met le pied de Mathieu Kassovitz à l'étrier hollywoodien avec Gothika, avant qu' Hilary Swank n'affronte le retour des dix plaies d'Égypte en Louisiane dans Les Châtiments. Petit écart au genre « maison », Rock'n'rolla voit le nabab miser sur Guy Ritchie pour reprendre les recettes de son Snatch. Dernièrement, on a vu sortir en France le thriller polaire Whiteout avec Kate Beckinsale.
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