Capitaine Achab |
Un film qui écume les festivals
Capitaine Achab a triomphé au festival de Locarno, en remportant lors de la soixantième édition le prix de la mise en scène et le prix de la critique international.
Capitaine au long court
A l'origine de ce long, il y a un court, qui témoigne de la fascination de longue date de Philippe Ramos pour le destin du personnage de Melville. Capitaine Achab développait en une vingtaine de minutes la prime jeunesse du personnage, reprise dans la première partie du film. On y voyait un enfant subir la discipline rigouriste de la tante qui l'élève, avant que son père ne vienne le chercher et ne l'abandonne à nouveau. Le court s'arrêtait lorsque le garçon se découvrait une passion pour la mer. Le film développe cette partie, et ajoute à ce récit les aventures d'un Achab vieillissant et ayant déjà perdu sa jambe, interprété par Denis Lavant. Tous ses jours de gloire de chasseur de baleine sont par contre passé sous silence par ce film éliptique.
Many Moby Dick
On ne peut tout de même s'empêcher de penser au film de John Huston lorsqu'on entend le nom du Capitaine Achab, qui était interprété dans la version de 1956 par Gregory Peck. Le roman de Melville fut mainte fois adapté au cinéma. Dès la période du muet, John Barrymore joue Achab dans The Sea Beast de Millard Webb, qui adapte librement le livre, avant réendosser son costume de Capitaine en 1930, dans le parlant Moby Dick de Lloyd Bacon. Optimiste, ces premières versions voient Achab triompher de Moby Dick et rejoindre tranquillement sa femme à la fin de sa quête. On peut encore évoquer le Moby Dick de 1998, téléfilm britannique de trois heures ou Les dents de la mer de Steven Spielberg, qui s'inspire aussi librement du roman en remplaçant la baleine par un requin. A toutes ces adaptations, Philippe Ramos oppose à l'action en haute mer un regard intimiste sur le personnage, à la chasse à la baleine un travail sur la langue, qui essaye de coller à celle de Melville, et aux scènes spectaculaires une mythologie atmosphérique.
Capitaine Achab : les origines
« Appelez-moi Ismaël. Il y quelques années de cela — peu importe le nombre exact — ayant peu ou prou d'argent en poche, et rien ne me retenant à terre, je décidai de naviguer un peu pour voir l'étendue océanique du globe. » C'est ainsi que commence le roman de Herman Melville, mais Philippe Ramos, contrairement à Ismael, considère que le nombre d'année exact est important, et revoit la chronologie du capitaine du Pequod en remplissant les zones que le romancier à laissé en blanc dans son livre. On ne verra rien dans le film de la chasse de la baleine, et presque rien de la mer non plus, mais on saura tout sur l'enfance du mystérieux personnage et on découvrira comment un enfant renfermé et timide est devenu le monomanique et mythologique Capitaine Achab.
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