Bienvenue à Bataville |
|
L'histoire d'une utopie
Bataville est une belle utopie économique désirée par son fondateur, Thomas Bata. En partant de l'idée d'une bulle harmonieuse, Thomas Bata a disposé autour de son usine les différents modules de son projet (logements, centres d’apprentissage, équipements sportifs, lieux de divertissement et convivialité, etc). En intégrant tous ces services destinés à accompagner le Batavillois de sa naissance jusqu’à sa mort, Thomas Bata a organisé un système à la fois attractif et terriblement contraignant. Bien que visant au bonheur de tous, la finalité ultime du site restait la fabrication de la chaussure Bata à meilleur prix.
Le réalisateur explique sa vision des choses : « L'utopie doit être prise au sens de l'idée d'une communauté coupée de tout. Le concept était totalement innovant en ce temps là (1932). Il a fait son temps. Un jour, tout s'est écroulé ». En 2001, oubliées les années de bonheur des Trente Glorieuses. L'usine Bata délocalise, les ouvriers se retrouvent au chômage.
Une équipe qui gagne
Pour son premier long métrage destiné au cinéma, François Caillat n'a pas hésité à travailler avec des collaborateurs de longue date. On retrouve ainsi Jacques Besse à l'image, Jean-Jacques Faure au son et Sophie Brunet au montage.
Bataville, une fable pas si moralisatrice
« Ce n'est pas une fiction, les personnages existent, ce sont de vrais gens qui ont travaillé à Bata. C'est plutôt la fable sur une aventure industrielle et culturelle. J'ai essayé de revisiter le système paternaliste, pour le meilleur et pour le pire » explique le réalisateur.
Voilà bien le paradoxe que ce film veut découvrir et mettre en scène : la soumission plus ou moins consentie, la « servitude volontaire » dont parlait autrefois Étienne de La Boétie, l’aliénation où se conjuguent le bonheur et l’exploitation.
Témoignages à l'appui
Avec 80 habitants figurants dans le documentaire, plusieurs témoignages et images d'archives, le film nous fait découvrir cette époque joyeuse, où chacun contribuait avec ardeur au bonheur de l’entreprise. Ce n'est pas sans étonnement que l'on écoute cette ouvrière, raconter sourire aux lèvres quel fut son plaisir à fabriquer onze millions de chaussures en quelques années sur sa machine bruyante.... On entend également le chef du personnel rappeler avec fierté comment « ses » employés venaient le trouver pour régler leurs problèmes domestiques, illustrant cette maxime fondatrice de l’entreprise : « Le personnel, ce qu’il veut, c’est être dirigé ». On découvre ainsi les témoignages et souvenirs de tous ceux-là qui ne regrettent rien… A ces images dites du réel, le réalisateur mélange les genres en y intégrant quelques aspects fictionnels.
Un système totalitaire
Ce documentaire peut mettre mal à l'aise à cause de son dispositif. Le réalisateur fabrique un système névrotique dans lequel le spectateur est obligé de rentrer. « Ce dispositif est totalitaire à l'image de ce qu'il énonce » explique François Caillat « L'analogie entre l'aventure Bataville et le dispositif du film m'a semblé le meilleur moyen d'exprimer une réalité aliénante ».
Ambiance rétro et esthétique à la Tati
Nicolas Philibert, célèbre documentariste interpelle les spectateurs : « Vous aimez Jacques Tati ? Vous aimerez Bataville ! Venez voir le merveilleux film de François Caillat, venez voir le monde à travers les yeux de Bata. » La création d'un monde factice comme chez Tati renforce l'aspect autarcique que revêt toute forme d'utopie. Le réalisateur explique d'ailleurs que le système paternaliste de Bata est lui même factice et ne constitue qu'une représentation altérée de la réalité, un monde imaginaire. Outre à travers les décors, l'influence de Tati est également perceptible dans l'aliénation des personnages et leur attachement à la grande famille d'ouvriers.
Le film ovationné
Même si le film a suscité quelques réticences à cause du sujet plutôt sensible, son accueil par les batavillois est sans appel. En effet, l'initiative a été jugée risquée vis à vis de ceux qui ont subi conséquences de la fermeture. Pourtant, lors des projections du film en avant première en mai 2008 en Alsace Lorraine, le public a été comblé. Émotions et souvenirs ont refait surface, pour ne garder que le meilleur. Avant tout, c'est une histoire affective que les ouvriers entretiennent et continuent d’entretenir avec leur entreprise et leur cité.
Nouveau départ pour Unlimited
Bienvenue à Bataville est le premier film distribué par Unlimited. Cette société produit de nombreux films depuis 2002 ( 4 mois, 3 semaines et 2 jours, de Cristian Mungiu, En avant, jeunesse, de Pedro Costa, La terre abandonnée, de Vimukthi Jayasundara, etc). Avec le film de François Caillat, Unlimited ajoute ainsi nouvelle facette à ses activités.
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| petites critiques humoristiques | HyperLourd |
| dix 45 tours Star Wars | Desproges |
| La série que vous attendez le plus ? | cotcot1138 |
| mission impossible : éloge de Cinéman | HyperLourd |
| les émissions télé sur le cinéma | HyperLourd |
| marre des cinés mal fréquentés | Nico_TLC |
| Arthur et la Vengeance de Maltazard | Oxjo |
| LE BEL AGE DE LAURENT PERREAU | spooch |
| CITY ISLAND BIENTOT EN FRANCE | spooch |