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Enfances

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Infos tournage

Le secret derrière le film

Enfances est un recueil de 6 courts métrages d'une dizaine de minutes, relatant chacun un épisode de la jeunesse d'un grand cinéaste. Le film n'est ni un hommage stylistique, « à la manière » du cinéaste du patrimoine choisi, ni une suite d'anecdotes sur sa vie, mais une série de visions de réalisateurs contemporains, sur ce qu'ils imaginent un moment clefs dans la formation d'un artiste. La productrice explique que « les cinéastes que nous avons sollicités pour participer à ce projet ont été choisi à la fois pour leur approche singulière du cinéma et pour une certaine proximité avec le cinéaste mis en avant ». C'est le scénariste Yann Le Gal qui est à l'origine du projet et qui coordonne le tout. Il ouvre naturellement l'anthologie avec Un secret derrière la porte, qui met en scène un Fritz Lang de 10 ans découvrant en Autriche en 1900 que sa mère est juive.

 

Le Regard de Welles

Le second segment est signé par Isild Le Besco, jeune actrice déjà passée derrière la caméra à l'occasion de Demi Tarif et Charly, qui s'intéressaient déjà au monde de l'enfance. Elle parle ainsi dans son récit d'un Orson Welles de 5 ans refusant de perdre sa mère. « Un enfant déjà adulte, l'enfant qui hante l'adulte quand il se souvient. Un conte étrange et mélancolique comme une première neige au réveil », explique la réalisatrice.

 

Tati, Renoir

A propos du grand Jacques Tati et de la grande illusion de Jean Renoir

C'est un cinéaste bien français qu'a choisit de mettre en scène le couple d'artiste libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, en présentant un Jacques Tati de 12 ans, dont les 1 mètre 80 vont poser problème pour l'annuel photo de classe. Le marocain Ismaël Ferroukhi s'est aussi penché sur un cinéaste français, en s'intéressant à la rencontre entre Jean Renoir, en vacance dans sa maison de campagne, et un jeune braconnier. Le réalisateur s'explique : « Le thème de la rencontre est au centre de l'œuvre de Renoir. Humaniste, il est convaincu que les strates sociales méritent d'être dépassé ».

 

Tourments hitchcocko-Bergmaniens

« C'est l'histoire de cet enfant dont la vie est dominée par la peur : peur de la mère trop sévère, de la religion et de la punition, de l'obscurité. C'est la peur qui va nourrir son imaginaire ». Cet enfant, c'est bien sûr Alfred Hitchcock , que la jeune Corinne Garfin met en scène dans un noir et blanc aussi élaboré qu'angoissant. Selon Safy Nebbou, la jeunesse du plus grand cinéaste suédois n'était pas non plus très joyeuse : « La Culpabilité, l'obsession de la mort, l'absence d'amour sont certains des thèmes majeurs de l'oeuvre de Bergman que nous retrouvons traités ici dans un moment charnière de l'enfance du maître ».