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L'Etrange Histoire de Benjamin Button

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Infos tournage

Un projet mythique

 

L'Etrange Histoire de Benjamin Button, de David Fincher, avec Brad Pitt et Cate Blanchett, est tiré d' une nouvelle (The Curious Case of Benjamin Button) de Francis Scott Fitzgerald. Les attentes autour de ce projet s'expliquent notamment par les hommes qui l'ont mené à bien : David Fincher, réalisateur de Seven et de Zodiac, a une réputation de surdoué difficile à contrôler ; Fitzgerald est considéré comme inadaptable, le scénario est signé Eric Roth, l'auteur de Forrest Gump, la vedette du film s'appelle Brad Pitt, star planétaire (troisième collaboration de l'acteur avec le cinéaste, après Seven et Fight Club). Pour les femmes, nous avons les oscarisées Cate Blanchett et Tilda Swinton qui s'ajoutent au casting. Cela fait plus de quinze ans que Hollywood parle de ce film, dont la faisabilité n'a cessé d'être remise en question. De nombreux réalisateurs, Steven Spielberg, Ron Howard ou Spike Jonze, ont approché cette aventure avant d'abandonner un projet devenu mythique. Il faut dire que l'histoire elle-même est étonnante : un homme naît très vieux et vit toute sa vie à l'envers, pour mourir bébé, traversant ainsi le monde de la fin des années 1910 à l'aube du 21e siècle.

 

 

350 000$ par jour

 

Pour incarner Benjamin Button, Brad Pitt n'a pas eu de maquillage, mais des effets spéciaux. Si le film a mis si longtemps à se faire, s'il a coûté si cher (plus de 150 millions de dollars), s'il est devenu un énorme enjeu, autant économique que politique, pour les deux studios concernés, Paramount et Warner Bros, c'est que Fincher a trouvé la technique pour rendre crédible la transformation de son héros, sans utiliser perruques ridicules et rides en latex. « Le studio a mis des années à comprendre pourquoi le projet coûtait cher. A cause des effets spéciaux et de la longueur du tournage, cent cinquante jours. Il a parfois fallu travailler gratuitement et accepter de baisser nos salaires. Il est toujours difficile de travailler avec Hollywood. Tout y est affaire de compromis. Surtout quand on dépense quotidiennement 350 000 dollars. » explique le cinéaste. La bande-annonce de L'Etrange Histoire de Benjamin Button, présentée au début de l'été, visible sur Internet, le prouve. C'est elle qui a fait exploser la rumeur à Hollywood, sur la Toile et dans la presse, jusqu'aux prestigieux Los Angeles Times et New York Times, qui en ont loué les qualités.

 

 

Un futur Titanic?

 

La Paramount, principal producteur aux commandes, a un seul espoir : que L'Etrange Histoire de Benjamin Button soit, à l'image de Titanic, l'adéquation idéale entre le film d'auteur et le film commercial, et qu'il cartonne autant au box-office qu'aux Oscars. Ce pari doit d'ailleurs autant au cinéma qu'aux moeurs hollywoodiennes, où se mêlent ego, ambition et billets verts. Le film est, en effet, celui avec lequel Brad Grey, patron du studio depuis 2005, espère enfin gagner une reconnaissance qui, jusque-là, lui échappe. Détesté par beaucoup, Grey a souffert de la séparation entre son studio et Dreamworks, la société de Steven Spielberg. Il s'investit tellement sur ce Benjamin Button pour redorer son blason qu'il le soutient aux dépens d'autres films, repoussant, par exemple, de plusieurs mois la sortie d'un autre oscarisable, The Soloist, de Joe Wright, avec Jamie Foxx et Robert Downey Jr.

 

 

L'enjeu de la crédibilité

 

Si Fincher a attendu sept ans pour réaliser Benjamin Button,c'est qu'il voulait que la technique, les effets spéciaux en l'occurrence, lui permette de donner à l'histoire l'ampleur qu'il souhaitait. Cet entêtement, dont l'avenir dira s'il fut payant, a fait exploser le budget. Et grincer les dents. Brad Grey a toujours été derrière lui, mais son fauteuil est sans doute en jeu. Fincher joue également son avenir, après l'échec de Zodiac. Il est homme à ne pas aimer céder aux pressions commerciales, mais s'avoue très soulagé quand le grand public le suit. Le tout habillé d'un brin d'ironie.

« Cela fait seulement neuf mois que ce que je voulais (le visage de Brad Pitt à tous les âges) est possible. J'avais dit aux studios qu'on y arriverait, mais je m'étais avancé sans certitude. Le véritable sujet du film, c'est l'impact du temps sur notre comportement et sur nos relations avec les autres. Je voulais que cette conception intellectuelle se traduise par une réponse émotionnelle. J'espère y être arrivé. Certains ont suggéré de prendre Brad Pitt et Robert Redford pour le même personnage : ils n'ont rien compris. D'autres se sont demandé pourquoi je dépensais 35 000 dollars pour un effet visuel sur une scène où l'on voit Benjamin Button flou, alors que j'aurais pu utiliser un maquillage. C'est une question de crédibilité : le spectateur doit croire au personnage. Les financiers avaient du mal à le comprendre » déclare Fincher.

 

 

Le montage

 

Par contrat, Fincher reste seul maître à bord tant que le film ne dépasse pas les 2 h 30. Au-delà, il perd le final cut, la maîtrise du montage final.

 

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