Se connecter | Créer un compte



Les Toits de Paris

Ajouter à mes films favoris
 

Infos tournage

Piccoli léopard « évident »

Son interprétation pour Hiner Saleem a valu à Michel Piccoli le Léopard de la meilleure interprétation masculine au Festival de Locarno, partagé avec Michele Venitucci, qui incarne un boxeur dans Fuori dalle Corde de Fulvio Bernasconi. Irene Jacob, présidente du jury de ce 60e festival, considère l'acteur comme « un choix évident ». Selon Hiner Saleem, Piccoli était « le seul à pouvoir jouer un personnage plongé dans la misère tout en gardant une grande dignité et une certaine classe. »

 

Un certain regard

Cinquième long métrage de Hiner Saleem, Les Toits de Paris est le premier de sa filmographie à ne pas évoquer directement le Kurdistan et son rapport à l'exil. Le réalisateur affiche néanmoins la volonté de porter un regard oriental sur la société occidentale et lie volontiers ce regard à celui qu'il portait sur le Kurdistan, en qualifiant son dernier film de « sorte de Vodka Lemon sur la France. »

 

Misère et réalisme

Si le film traite autant de la solitude, qui touche tout le monde dans les grandes villes, que de la vieillesse, c'est une expérience personnelle qui a donné à Hiner Saleem l'idée du film. Lorsqu'il vivait au dernier étage d'un immeuble parisien, il avait comme voisins de palier deux vieux monsieurs partageant une chambre de bonne de huit mètres carré. Après le départ d'un des deux hommes, l'état de l'autre devenait de plus en plus misérable. « Sa santé se dégradait de jour en jour, témoigne le cinéaste. Une nuit, je l'ai vu à quatre pattes dans le couloir, traînant son corps vers les toilettes. Ce sont ces moments qui m'ont marqué et dont je me suis inspiré. »

 

Joyeuse tristesse

Le film joue énormément avec les corps des acteurs, qui s'expriment souvent avec le visage, les soupirs, les gémissements, plus que par le dialogue. La référence au burlesque muet est donc appuyée, notamment quand le cinéaste décide de souligner par le rire l'absurdité de certaines situations révoltantes. On voit ainsi Piccoli beaucoup sourire dans le film, mais d'un rictus chaplinien, triste et pudique.