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Miracle at St. Anna

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Infos tournage

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Naomi Campbell, initialement prévue au casting, a du se retirer pour des problèmes d'emploi du temps.

 

Production italo-américaine

Le projet de Spike Lee a plu à Luigi Musini et Roberto Ciccuto, qui s'associeront à ses partenaires américains pour le produire.

 

D'après une histoire vraie ?

Miracle à Santa-Anna est une adaptation du roman d'un vétéran noir de la seconde guerre mondiale, James McBride. Celui-ci s'est inspiré du massacre du village de Santa'Anna di Stazzema, perpétré en août 1944 au nord de l'Italie par les nazis qui firent 560 victimes, dont une centaine d'enfants. Mais le film fait polémique dans ce pays, car il laisse entendre que cet événement est un acte de représailles contre des faits de résistance, alors que les historiens ont démontré depuis que l'attaque nazie était complètement gratuite et préméditée.

Un politicien de Santa Anna déclare qu'il « est incroyable que l’on puisse encore aujourd’hui soutenir que la présence de résistants est la cause du massacre de 560 civils » et même que « ce genre de fiction devrait être interdit, sinon le dommage causé à la mémoire et à la vérité historique serait très sérieux ». Le maire du village tente néanmoins de calmer le jeu, rappelant que la polémique ne vient que d'une brève scène où un nazi demande au curé où se trouve un partisan et si d’autres résistants sont réfugiés dans la campagne, et que le film ne viole pas la mémoire du village.

 

Spike Lee et Rachid Bouchareb, même combat !

Miracle à Santa-Anna est un film revendicatif et engagé, réalisé d'après Spike Lee pour « restaurer la voix des soldats noirs qui ont combattu pendant la guerre. Les soldats noirs ont toujours combattu avec un grand courage et se sont sacrifiés pour la démocratie, ils se sont toujours distingués par leur héroïsme et leur humanité, mais de retour chez eux ils étaient encore considérés comme des citoyens de seconde zone ». L'argument du film, et le fait qu'il raconte l'histoire d'une escouade de soldats noirs américains encerclés dans un village pendant la seconde guerre mondiale, ne sont pas sans rappeler Indigènes, le long métrage de Rachid Bouchareb sorti en 2006.

 

La question noire

C'est la première fois que Spike Lee s'attaque à un film de guerre. En revanche, Miracle à Santa-Anna se caractérise, comme la plupart de ses films, par une réflexion sur la «question noire» aux Etats-Unis et la place que les Afro-Américains occupent dans la société. Elle prend diverses formes dans sa filmographie : le biopic avec Malcolm X, interprété par Denzel Washington, la satire avec The Very Black Show, ou encore le documentaire avec Katrina, qui parle des conséquences de l'ouragan Katrina à La Nouvelle Orléans, et du peu d'empressement des autorités à venir secourir la population, majoritairement noire.

 

Spike Lee vs Clint Eastwood

Alors que Clint Eastwood présente son film L'échange au festival de Cannes, Spike Lee n'hésite pas à s'en prendre à cette icône d'Hollywood lors d'une interview, en lui reprochant ouvertement l'absence de soldats noirs dans Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima : « Dans sa vision d'Iwo Jima, les soldats noirs n'existaient pas. Moi j'ai une autre version ». Dès lors, les deux réalisateurs se renvoient la balle par médias interposés. Eastwood déclare au Guardian qu' un « mec comme lui devrait fermer sa gueule », se justifiant en disant qu'il n'y avait pas de soldat noir plantant le drapeau américain sur la célèbre photo d'Iwo Jima, et qu'il a fait un film à 90% noir avec Bird, sur Charlie Parker. Et Spike Lee de répliquer « Je n'ai jamais dit qu'un des mecs portant le drapeau devait être noir. J'ai dit que les afro-américains avaient joué un rôle important à Iwo Jima ».

 

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