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L'Homme de Londres

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Infos tournage

Jamais deux sans trois

Le roman policier du célèbre Georges Simenon, L'Homme de Londres n'en est pas à sa première adaptation cinématographique. Henri Decoin, en 1943 est le premier à porter le livre à l'écran avec son Homme de Londres. Trois ans plus tard, c'est au tour de l'anglais Lance Comfort de réaliser Le Port de la Tentation, nouvelle adaptation du roman de Simenon. Celle que signe en 2008 Béla Tarr se distingue grâce à son esthétique particulière et sa recherche formelle.

 

Travail de longue haleine

Le film est en préparation depuis 2003. Le réalisateur et son équipe ont effectué un travail minutieux et ont dû faire face à plusieurs obstacles lors de la production et du tournage. Le film a ainsi vu le jour au bout de quatre ans d'un travail acharné et passionné.

 

Le tapis rouge et les sifflets

Présenté à Cannes en 2007, L'Homme de Londres sort dans les salles obscures un an et demi plus tard. Mais il faut dire que l'accueil n'a pas été des plus chaleureux. Les sifflets seraient-ils les conséquences d'un style trop particulier ? En effet, le film se caractérise par son noir et blanc esthétisant, ses dialogues minimalistes et son rythme lancinant. Si certains ont trouvé cette beauté plastique merveilleuse, d'autres se sont ennuyés et l'ont fait savoir...

 

Un peu de philo

Le réalisateur confie avoir choisi cette histoire parce qu'elle « traite à la fois de l'aspect universel et quotidien de la vie. Cette œuvre est à la fois cosmique et réaliste, divine et humaine ; pour moi elle englobe la totalité de l'homme et de la nature, tout comme leur banalité. Je me suis pris d'affection pour Maloin. » Le personnage est alors confronté à cette question existentielle : « quel est le sens et la valeur de la vie sur terre ? » Pour traiter ce problème, Tarr confère un ton très personnel au film, « chacune de ses images sera imprégnée de ma vision du monde », explique t-il.

 

Une structure atypique

Tout le film est construit autour du protagoniste. La caméra est toujours auprès de Maloin, le spectateur le suit et voit le monde à travers ses yeux, la plupart du temps en plan séquence. La frontière entre le personnage et le spectateur est de plus en plus fine et finalement le spectateur se rend compte que Maloin pourrait être lui. Cette impression est renforcée par le cadrage, souvent serré sur l'acteur dont on remarque un jeu très sobre, quasi Bressonnien.

 

Recherche esthétique

Alliés à une mise en image très soignée, les fameux plans séquences de Tarr font penser à ceux de son compatriote, Miklós Jancsó. Bien que la caméra soit en perpétuel mouvement, ils sont longs et lents, créant une ambiance tendue. Elle est d'ailleurs soulignée par le minimalisme des dialogues et de la musique. Seuls des bruits et des thèmes musicaux reviennent de façon obsessionnelle. L'exercice de style ne s'arrête pas là, le réalisateur filme en noir et blanc, ce qui lui permet d’intéressantes variations sur les ombres et la lumière.

 

Le fils est content

John Simenon, fils de l'écrivain, est conquis par le travail du réalisateur. Filmer un suspens vécu dans la tête du héros peut paraître insurmontable mais « c'est pourtant ce que Béla Trarr a tenté, et, malgré des difficultés inouïes rencontrées pendant le tournage, il a réussi dans un exercice de style brillant, âpre et difficile, qui m’a profondément touché ». Il ajoute : « je l'en remercie de tout cœur ».

 

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