Espion(s) |
Très bon début !
Certains critiques ayant vu le 1er long métrage de Nicolas Saada en avant première déclarent que sa première incursion dans l'exercice, s'avère être une réussite aussi remarquable qu'absolument maîtrisée. Répondant aux espoirs, bien au delà des attentes qui lui ont été fixées. Ce dernier signe en effet un film qui dans la continuité de son moyen métrage, Les Parallèles, installe une véritable histoire de cinéma dans la trame codifiée du film de genre. Et cela tout en s'offrant un casting international au centre duquel Guillaume Canet propose une très belle interprétation...
Un récit efficace
En racontant la trajectoire de Vincent, trentenaire brillant que ses erreurs vont conduire bien loin de son aéroport francilien, Nicolas Saada nous entraîne entre France et Angleterre, au cœur d'un réseau terroriste syrien que DST et MI-5 veulent démanteler à tous prix. Au point de transformer en « source », le jeune homme et de l'infiltrer à dessein, pour qu'ils les aident à découvrir puis empêcher l'impensable. Dès lors, plusieurs questions vont surgir... Sera-t-il capable de se rapprocher de ceux qui ont échafaudé de si sinistres projets ? Parviendra-t-il à gagner la confiance de la femme de l'affairiste que l‘on suspecte, la fragile Claire Burton ? Aidera-t-il à le confondre sans tout risquer ? Autant d'interrogations qu' Espion(s) pose avec profit en plus d'explorer le fonctionnement sardonique des services secrets et de creuser la veine du film dramatique où amour et raison s'opposent...
En plein dans le film du genre
Le premier long-métrage de Nicolas Saada inscrit la trame de son récit dans le genre codifié et extrêmement référentiel du film d'espionnage (à l'heure où celui-ci revient à la mode), tout en le doublant d'une histoire amoureuse où prédomineront seuls, le résultat, la sécurité nationale et l'absence de scrupules. Ainsi, dans un prolongement de son moyen métrage réalisé il y a deux ans, le cinéaste signe un film de genre abouti qui réussit par son intelligence formelle et narrative à dépasser pourtant le carcan souvent restrictif de ce type exclusif de film. Et ceci afin de mettre en scène en surplus, une véritable relation amoureuse que les événements vont construire, détruire et finalement rendre impossible. En effet, Espion(s) s'il respecte toutes les règles du genre dominant en termes de péripéties, d'enjeux et de nœuds dramatiques, dépasse par la seule ambition de son écriture, son propos premier : la survie de Vincent et une rédemption à conquérir... référence au cinéma Hitchcock?
Réalisme et fiction documentée
Le réalisateur choisit de faire un film réaliste dans sa mise en images et crédible dans son déroulement, notamment dans l'exposé des méthodes des services de renseignements qu'ils soient français ou britannique. Un critique confirme que : « Espion(s) s'impose en effet d'emblée comme une oeuvre pensée, documentée et construite de la manière la plus vraisemblable possible. Ainsi, les moyens employés par Vincent, les procédures de recrutement des « sources » ou encore le sujet même du film. Le risque terroriste en provenance de Syrie, matérialisé par des explosifs liquides, reflètent une recherche manifeste et l'envie d'être le plus crédible qui soit. Et cette envie ne reste pas qu'une louable intention puisque chaque plan du film réussit ce difficile engagement, au point d'imposer au métrage une forme qui le serve à plein dans ce sens. Ainsi, sans excès dans le filmage, dépourvu d'artifices de mise en scène, d'effets narratifs exagérés ou de gadgets insensés, Espion(s) par sa sobriété narrative, historique et formelle, fonctionne à merveille.»
Personnages
Nicolas Saada dresse des personnages sans le fard des grosses productions, au sens littéral et symbolique du terme. Guillaume Canet présente un visage qui parait creusé, heurté, plus que dans Les Liens du sang ou Ne le dis à personne. Son allure semble naturelle et Géraldine Pailhas, toute à la fragilité de son personnage, incarne une personne aux traits tous aussi marqués, au point que pour tous les deux, la chair n'a pas le lissé habituel de la majeure partie des productions d'envergure où l'on efface et modifie jusqu'à l'artifice le plus complet. Cette nouvelle collaboration entre Pailhas et Saada, ajouté à Canet va sans doute faire des étincelles !
Tournage
Le tournage du film a pris 40 jours avec cinq semaines à Paris, et trois à Londres
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Musique
Le film est bercé par les compositions musicales du groupe Air
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