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Tokyo !

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Infos tournage

Plus d'infos sur les segments

Le segment réalisé par Bong Joon-ho se penche sur un jeune homme resté enfermé chez lui durant onze années, mais qui un beau jour tombe amoureux d'une livreuse de pizza. Lorsqu'il trouve le courage de sortir de chez lui, il découvre que la majorité des Tokyoïtes restent cloîtrés chez eux... Dans ce segment intitulé Shaking Tokyo, on retrouve aux côtés de Teruyuki Kagawa (vu dans Sukiyaki Western Django) et Yu Aoi (aperçue dans le controversé Harmful Insect de Akihiko Shiota.

 

Intitulé Hiroko & Akira in Tokyo, le segment de Michel Gondry suit d'après ses dires «une jeune femme qui tente d'emménager à Tokyo avec son petit ami, mais qui n'arrive pas à trouver ni d'appartement, ni de job. Elle finira dans un fauteuil roulant.» A première vue, le sujet semble assez éloigné de ce qu'a fait Gondry jusqu'ici, penchant a priori davantage vers le drame. Le rôle principal est tenu par la fille de l'homme au catogan Steven Seagal, Ayako Fujitani, que certain ont du découvrir dans le revival 90's sous forme de trilogie du mythique Gamera, mais surtout en tête d'affiche de Ritual, comédie romantique existentialiste réalisée par Hideaki Anno, créateur de la série Evangelion, d'après un roman que la demoiselle à elle-même écrit !

 

Terminons par le segment de Leos Carax, intitulé Merde. Il suit un étrange homme apparaissant inopinément par les égouts à différents endroits... Le cinéaste retrouve pour l'occasion Denis Lavant, qu'il avait révélé en 1984 dans Boy Meets Girl.

 

Tapis Rouge

Le film a été sélectionné à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard en 2008.

 

A la mode

Tokyo ! s'inscrit dans la lignée des films collectifs. Rappelons nous de Paris, Je t'aime (déjà projeté dans la catégorie Un Certain Regard en 2006) et de Chacun son cinéma. Ce film confirme ainsi cette nouvelle tendance. Le prochain sera New York, I love you, prévu en 2009.

 

Origine du projet

Les producteurs Michiko Yoshitake et Masa Sawada ont eu l'idée d'un triptyque sur la capitale japonaise. Après avoir contacté Bong Joon-ho et Leos Carax, ils ont pensé à Michel Gondry, complétant ainsi ce trio éclectique. Chacun a reçu la consigne suivante : tourner à Tokyo et parler de la capitale en trente minutes. Les trois metteurs en scène sont donc livrés à eux-mêmes, confrontés à leurs obsessions et leur vision de la capitale japonaise.

 

Le mot des producteurs

Le mot grec «rhapsodie» désigne une « œuvre composée de plusieurs morceaux présentés les uns après les autres ». Les producteurs expliquent que leur « projet est une fantaisie en trois mouvements, trois réalisateurs autour d'un seul et même motif : Tokyo. Peu importe si chaque pièce semble dissonante par rapport aux autres, puisque c'est l'assemblage des trois qui formera l'œuvre unique. Les villes évoluent. Mais si Paris ou New York ont réussi à conserver un équilibre entre tradition et évolution, Tokyo est une ville condamnée à se développer sans cesse. Cette métropole gigantesque est un décor de film en soi. Ce n'est ni une ville calme ni une ville posée, elle déborde d'une énergie vertigineuse ». C'est pourquoi il a semblé plus approprié de faire un film composite plutôt qu'une longue histoire. Le format dépend ainsi directement de la nature de la ville et de ses habitants. « Le paysage urbain qui apparaît et disparaît brusquement et de manière inattendue, le comportement singulier des gens qu'aucune mode n'étonne plus vraiment. Il y a quelque chose d'absurde dans Tokyo ! »

 

Chacun de son côté

Les trois réalisateurs, dotés chacun d'une sensibilité riche, fertile, et différente ont tourné indépendamment les uns des autres. Ils ne connaissaient pas le projet de leur compère et n'ont vu le film dans son intégralité que lors de la projection officielle !

 

Le Tokyo de Michel Gondry

Le réalisateur explique avoir été conquis d'emblée : « J'aime Tokyo et le format court de trente minutes. C'est un format qui permet de s'investir et de développer en détail une histoire, sans pour autant s'engager dans un long métrage ». Il a ainsi adapté une bande dessinée, Cecil and Jordan in New York écrite par son amie Gabrielle Bell. Gondry a toujours eu envie d'adapter cette histoire « mais en long métrage, ce n'était pas le bon format. Trente minutes, c'était parfait » explique t-il. Il ajoute être attiré par les immeubles, « chacun d'entre eux à une personnalité très forte. Il y a ces petits espaces entre les bâtiments, destinés à faire passer les câbles, qui m'ont toujours fasciné. Si on se met bien dans l'alignement, on peut voir de l'autre côté de la rue. C'est pour en parler que j'ai inventé cette histoire de fantômes plats qui se glissent entre les buildings. »

 

Tokyo vu par Bong Joon-ho

Le réalisateur coréen est « à chaque fois surpris par les gens qui travaillent de manière très précise, très nette. Malgré la forte densité de population de la ville, on ressent la solitude de tous ces gens, encore plus que dans d'autres métropoles. Les Tokyoïtes ne recherchent pas le contact avec les autres. Ce côté antagoniste me semblait très ironique, c'est là-dessus que j'ai beaucoup réfléchi. Et c'est pour ça que j'ai choisi de parler des hikikomori. » (pathologie psychosociale et familiale touchant principalement les adolescents qui vivent cloîtrés chez leurs parents, en refusant toute communication.)

 

Le retour de Leos Carax

Tokyo ! marque le retour du réalisateur français Leos Carax après 10 ans de silence cinématographique. Il était présent à Cannes en 1999 à l'occasion de la sélection en compétition officielle de Pola X, son dernier film. Mais Tokyo ! est aussi l'occasion pour le metteur en scène de renouer avec le comédien Denis Lavant, heureux de cette nouvelle collaboration : « On s’était quitté il y a quinze ans sur un film extrêmement dur, Les Amants du Pont-Neuf. Le tournage avait duré trois ans. J’en étais sorti lessivé, courbé vers le sol. Avec Tokyo !, ce fut tout le contraire : tournage de quinze jours soit un bain de jouvence. Ce film m’a permis de me redresser vers le ciel dans une jubilation terrestre. »

 

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