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Elle s'appelle Sabine

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Infos tournage

Passage à Cannes

Le film fut présenté au festival de Cannes 2007 dans la section La Quinzaine des réalisateurs.

 

De la télé au cinéma

Avant de connaître les honneurs d'une sortie en salle, le film fut diffusé à la télévision, le 14 septembre 2007 sur France 3, suivit d'un entretien avec la réalisatrice.

 

Une longue gestation

La volonté de Sandrine Bonnaire à faire ce film, remontent à la première année d'internement de sa soeur dans les années 90. Là, l'état de Sabine se dégrade constamment, provocant la colère de l'actrice et de sa famille. Cependant, elle repousse l'idée pendant plusieurs années par peur des critiques : « je remettais toujours ce projet à plus tard par crainte que l'on puisse trouver impudique, ou alors un peu « people » qu'une comédienne réalise un film sur sa soeur ». En 2001, elle devient la marraine des Journées de l'Autisme, fonction qui la pousse à franchir le pas. Après plusieurs démarches afin de financer le projet, elle commence le tournage en juin 2006.

 

Filmer pour faire bouger les choses

A travers le portrait intime de sa soeur, l'objectif de Sandrine Bonnaire n'était pas de faire un film sur l'autisme mais plus de montrer les difficultés pour les familles à gérer cette maladie afin de sensibiliser le gouvernement pour qu'il puisse leur apporter une aide: « Mon but premier avec ce film est de convaincre, ou en tout cas de sensibiliser les pouvoirs publics sur la prise en charge de l'autisme, et de témoigner au nom des familles en détresse... j'ai pu voir combien de famille vivaient ce drame dans l'ombre. Il fallait en parler». Ce qui fait de Elle s'appelle Sabine, une oeuvre hautement politique.

 

Tout montrer

L'une des lignes directrices de la réalisatrice, était de ne jamais édulcorer son propos en occultant des détails crus ou autres scènes gênantes... comme la violence dont fait preuve parfois Sabine envers les autres et envers elle-même: « Je voulais la filmer telle qu'elle est, belle et moins belle, tendre et violente, vulgaire avec ses injures et virtuose quand elle interprète un prélude de Bach ». Une démarche qui loin de tomber dans le voyeurisme ou le sentimentalisme facile offre une nouvelle approche de l'autisme, maladie trop souvent caricaturée: « Je cherchais à montrer d'autres comportements de l'autisme, hors de ces représentations habituelles... je voulais donner à voir ce qui se passe quand on reste un moment en leur compagnie ».

 

Avant et après

Pour donner encore plus de force à son sujet la réalisatrice nous montre des films de famille tournés en super 8, lorsque Sabine était adolescente et notamment lors d'un voyage aux États-Unis. Une manière de témoigner des capacités de la jeune fille et de sa déchéance suite à ces cinq années d'enfermement: « Le trop de temps qu'elle a passée à l'hôpital l'a tuée... certaines images d'archives qui ont pâli avec le temps me permet de souligner le retour vers les souvenirs... On se les prend dans la figure, et comme ça on se heurte sur l'avant et l'après. On reste sur le beau visage de la Sabine de maintenant et, tout à coup, on revient à la réalité du présent, ébranlé par la vision de sa transformation. Comme après un joli rêve, brusquement on revient dans une réalité beaucoup moins belle ».

 

Se faire oublier

Pour ne pas déranger le quotidien du foyer d'accueil où vit Sabine et ne pas perturber ses pensionnaires, Sandrine Bonnaire a travaillé avec une équipe réduite. Elle a tenu la caméra elle-même et a obtenu les services de gens qu'elle connaissait bien: la photographe Catherine Cabrol qui tenait la deuxième caméra et les deux ingénieurs du son Jean-Bernard Thomasson et Philippe Richard (rencontré sur les films de Claude Chabrol) qui se sont reliés au cours du tournage.

 

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