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Des trous dans la tête

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Infos tournage

Aux origines du film

Le film s'inspire de faits autobiographiques relatifs au réalisateur, comme il le confirme dans une interview : «Le cœur de mon enfance, son essence mystique, impétueuse et fougueuse, a été marqué par une lutte sans merci qui opposait ma mère à ma grande soeur, une adolescente fraîchement épanouie Guy Maddin s'est donc largement inspiré de son vécu pour son dernier film : «J'ai eu l'idée de faire de mes parents les propriétaires» (de l'orphelinat). «Après tout, les enfants peuvent-ils réellement comprendre ce que leurs parents ont dans la tête?» Bref, le cinéaste de Winnipeg revisite son passé «Dès que la structure a semblé assez solide et sincère, j'ai pu parsemer le tout d'un million de détails sortis de ma tendre enfance. C'est littéralement une histoire vraie, mais en beaucoup mieux !»

 

Winnepeg not forever!

Il s'agit du premier film du réalisateur qui n'a pas été tourné dans sa ville natale, Winnepeg, au Canada mais à Seattle aux Etats-Unis. Ne jamais dire jamais!

 

Jamais deux sans trois!

Des trous dans la tête marque la troisième collaboration du réalisateur Guy Maddin avec l'actrice Isabella Rossellini, après The Saddest Music in the World en 2003 et le court-métrage My Dad Is 100 Years Old en 2005. On ne change pas une équipe qui gagne!

 

Le mélange des genres

Qualifié par la presse de mélange de genres mixant l'horreur expressionniste, le polar et le théâtre du Grand Guignol, Des trous dans la tête est peut-être tout ça à la fois. «J'ai lu une série de pièces de théâtre du Grand Guignol et j'ai décidé sur-le-champ que j'en monterai une un jour.» Et de un.

«Le polar jeunesse servait mes intérêts, car pour moi, c'est une littérature très sexuelle, pour tout ce qui est dit et ce qui ne l'est pas». Et de deux!

 

La vie en noir et blanc?

Le choix de tourner en noir et blanc est totalement revendiqué par le réalisateur : «Le véritable expressionnisme DOIT être filmé en noir et blanc.» martèle-t-il. «Les ombres ont tellement plus d'impact en noir et blanc qu'en couleur ! Elles représentent l'absence de lumière, l'absence de connaissance». C'est compris?

 

Un casting expressif et...expéditif!

Encore une fois, le réalisateur justifie ses choix d'acteurs comme une évidence. «Puisqu'il s'agit d'un film muet, je savais que la chose la plus intéressante qu'un acteur pouvait m'offrir était un gros-plan expressif.»

«J'ai aimé Sullivan Brown, non pas parce qu'il me ressemblait, jeune, même s'il y avait quelque chose – en plus mignon – mais parce qu'il me rappelait Jean-Pierre Leaud jeune, à l'époque des 400 coups.» Même son de cloche pour l'interprète de Neddie : « Kellan Larson, je l'ai choisi en deux secondes – son apparence et son jeu étaient tels que je les avais imaginés

 

Film muet en musique

«Voilà longtemps que je désirais faire un film muet avec de la musique live, pour redonner aux gens ce qui était courant dans les années vingt, comme au temps du Grauman’s Chinese Theater!» Le choix du compositeur n'a pas été trop complexe dans la mesure ou « Jason Staczeck est le compositeur attitré de la société de production de The Film Company. Et il se trouve être EXCELLENT.» C'est dit!

 

Un peu de technique...

Les tics formels sont hérités du cinéma muet (noir et blanc, grain, musique omniprésente, intertitres, effets d'iris). Le choix de la lumière, des décors et des cadrages évoquent «l'expressionnisme allemand et convoquent les ombres de Lang, Murnau et Wiene» comme nous l'explique le réalisateur. La différence avec les œuvres d'antan, c'est le montage post-moderne qui provoque «la dynamique et dépoussière ce qui pourrait passer pour du fétichisme malotru en accélérant la cadence. Il ne faut pas y voir de la gratuité ni même de l'esbroufe tapageuse.» «L'alchimie de ces éléments, aussi hétéroclites soient-ils, traduit littéralement la superposition des époques, entre les restes du passé et les brumes du présent.» Bref un film qui voyage à travers le temps!

 

Des trous dans la tête sur scène?

Et oui, il existe bel et bien une version scénique de Des Trous dans la tête !

Le film a en effet été présenté sur scène accompagné par un orchestre, un trio de bruiteurs, un chanteur castra et un narrateur. Ce spectacle a été récemment présenté à l’Opéra de Berlin, avec Isabella Rossellini comme narratrice, dans le cadre du Festival International de Film de Berlin. Notons qu'une représentation de ce spectacle aura lieu à Paris lors de la sortie du film.

 

Un dernier mot?

«J'espère que ce film est le couronnement de mon œuvre, du moins jusqu'ici ! Ce n'est pas un pastiche.»

Son opinion est sans appel : «J'en suis ravi, je crois que chaque spectateur peut ingurgiter la plupart des images comme un grand verre d'eau fraîche – et j'adore la musique. C'est la plus grande qualité du film muet – il atteint les gens aussi instantanément et avec autant de force que la musique. C'est l'effet que j'espère obtenir avec Des Trous dans la tête !» Le message est passé!

 

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