La Route |
Rêves d'Oscar(s)
La Route a vu sa sortie repoussée d'un an. Initialement prévu pour novembre 2008, il est annoncé pour octobre 2009 avant que, un mois avant le jour J, les distributeurs, les frères Weinstein, ne le re-repoussent au 25 novembre aux États-Unis, et en décembre chez nous. Pourquoi? Officiellement pour passer plus de temps en post-production, mais aussi pour bénéficier d'un calendrier bien plus propice à une sélection pour les futurs Oscars.
Les fidèles
Pour sa première réalisation hollywoodienne, l'australien John Hillcoat n'est pas venu les mains vides, en gardant à ses côtés quelques habitués. Tout d'abord, on retrouve Nick Cave, le plus fidèle d'entre tous, présent dès son premier film en 1988, Ghosts... of the Civil Dead. Le musicien signe la bande-son des quatre longs métrages d'Hillcoat, mais aussi écrit The Proposition (photo), un western crépusculaire qui a révélé le réalisateur. De ce dernier film à La Route, on retrouve aussi Guy Pearce, le monteur Jon Gregory et la chef costumière Margot Wilson.
De si jolies adaptations
Auteur de neufs romans qui lui ont permis d'être considéré comme l'un des écrivains américains contemporains les plus importants en activité, Cormac McCarthy a dû attendre presque trente ans avant de voir ses écrits portés à l'écran. La première adaptation intervient en 2000 avec celle du premier tome de sa « trilogie du confin », De si jolis chevaux (photo), datant de 1992, par Billy Bob Thornton, avec Matt Damon et Henry Thomas, en cow-boys se disputant les faveurs de Penélope Cruz. Ensuite, il faut attendre 2007 pour que les frères Coen s'intéressent à No Country For Old Men, ouvrage paru en 2005, avec le succès que l'on a pu voir par la suite (Oscar, etc...). Son dernier ouvrage en date, La Route (2006), lauréat du prix Pullitzer 2007, en est la troisième.
Les gens sont fous
Le film de fin du monde est un genre à part entière au cinéma. Si on a pu voir la fin du monde « écologique » ( Le Jour d'Après), la fin du monde « tout court » ( Prédictions), ou encore la fin du monde « rigolote » ( H2G2), La Route s'inscrit dans la fin du monde « civile ». L'être humain est tellement au bout du rouleau qu'il en perd toute civilité, tout ordre. C'est la fin de l'humanité, le retour à l'état sauvage. Plusieurs œuvres d'anticipation ont traité le sujet, à des degrés différents. Le Monde, la Chair et le Diable (1959) montre trois survivants à un holocauste nucléaire s'affronter sur fond de tensions sexuelles et raciales (photo). Panique année zéro (1962) propose aussi de belles scènes de folie collective avec ses familles fuyant la ville pour se réfugier à la campagne, avec la politique du « chacun pour sa peau », sans oublier les scènes de vol, de viol, même si tout finit bien. Terre Brûlée (1970)
suit une famille traversée une Angleterre ravagée par un virus, et croise motards, soldats fous et autres voyageurs prêts à tout pour manger. N'oublions pas les trois adaptations de Je suis une légende de Richard Matheson : la récente éponyme (2007), The Last Man on Earth (1964) avec Vincent Price et Le Survivant (1971) avec Charlton Heston. Il n'y a plus d'humanité, plus d'ordre, et un seul homme survit par les moyens du bord. Plus récemment, Les Fils de l'Homme et ses scènes de guérillas renouvellent le genre, autant que Les Derniers Jours du monde des frères Larrieu est un prétexte à une partouze mondiale.
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