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L'Emmerdeur

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Infos tournage

La boucle est bouclée

A l'origine de l'Emmerdeur, il y a la pièce de théâtre «Le contrat», écrite et dirigée par Francis Veber en 1971. Deux ans plus tard, la pièce est adaptée au cinéma par Edouard Molinaro avec le duo désormais célèbre, Lino Ventura et Jacques Brel. Le film est rebaptisé pour l'occasion L'Emmerdeur. En 2005 la pièce est de nouveaux jouée, mais cette fois ci avec un nouveau duo de comédien : Richard Berry et Patrick Timsit. Fort du succès de la pièce, Francis Veber décide donc de l'adapter pour le grand écran mais cette fois ci à sa manière, et en gardant les même comédiens qu'au théâtre. Ainsi Richard Berry reprend le rôle du nettoyeur Ralph Milan et Patrick Timsit celui de François Pignon.

 

L'évolution de l'histoire

«Le Contrat était ma première pièce, lorsque je l'ai adaptée pour Molinaro, je me suis aperçu que l'unité de lieu, la chambre, nuisait à l'intrigue. Dans un hôtel, les scandales et les rencontres se font à la réception. J'ai donc aéré la pièce en ajoutant des scènes dans différents cadres. En 2005, lorsque Michel Sardou m'a demandé L'Emmerdeur pour le produire dans son Théâtre de la Porte-Saint-Martin, j'ai réactualisé le propos, dynamisé les dialogues et les situations. Le succès de ce spectacle m'a ensuite prouvé que mes personnages tenaient la route et amusaient toujours autant le public, surtout lorsqu'ils étaient joués par des acteurs venus d'univers différents: un Auguste et un clown blanc.»

 

Un remake pour un échec

Les américains, toujours à l'affût d'une réussite étrangère à refaire à leur sauce, avait acheté les droits de L'Emmerdeur. Il en résulte Buddy Buddy avec Jack Lemmon et Walter Matthau. Même si le film a été réalisé par Billy Wilder, il fût un échec cuisant au box office. Cependant, en toute modestie, Francis Veber nous donne la raison de ce flop : «J'étais très impres­sionné que Wilder, un maître du genre, accepte de réaliser le film, ajoute-t-il. La cause de ce ratage? Les acteurs. Aussi bons qu'ils aient été, ils ne correspondaient pas aux personnages»

 

Veber le chef d'orchestre

Francis Veber à sa propre méthode travail. Perfectionniste et minutieux, chaque détail, geste, parole ou regard est analysé avec soin. Il tourne et retourne les scènes jusqu'à ce qu'il obtienne exactement ce qu'il souhaite. Selon Patrick Timsit, «Francis nous dirige pour que l'on soit toujours le plus vrai possible, le plus proche de l'essence du personnage. [...] Francis est une espèce de chef d'orchestre. On ne parle pas de texte, mais de notes, de rythmes, et bien sûr de composition.» Et Richard Berry confie avoir l'impression de travailler dans un laboratoire :«On teste, on cherche ensemble pour optimiser une ­scène, son effet. En fait, rien n'est laissé à l'improvisation. Cela n'empêche pas de travailler dans un plaisir partagé. Avec la rigueur et l'envie de se dépasser. Car ­Francis écoute nos suggestions et nous permet d'essayer toutes les combinaisons.«

 

»L'emmerdeur emmerdé«

Le tournage du film a eu lieu entre Paris, Marseille et Nice. Francis Veber, qui aime mettre en scène les problèmes dans ses films, a lui même était victime d'imprévus lors du tournage dans la ville de Nice. Pour commencer, le tournage avait dû être avancé de Juin à Avril en raison de la vie judiciaire locale. Lorsque commence le tournage devant le Palais de Justice, il était convenu que l'équipe pourrait démonter les rampes d'accès. Seulement à la dernière minute, et malgré l'autorisation du Maire, le Président du Tribunal de Grande Instance de Nice décide au dernier instant qu'elles ne seront pas démontées. Francis Veber est donc obligé de faire avec. Ensuite, alors que la ville avait accordé à l'équipe une autorisation de tourner de 15 jours, elle a finalement été revue à la baisse pour tomber à 5 jours. C'est la raison pour laquelle Francis Veber a du tourner le reste de ses scènes à Marseille, et perdant ainsi une partie de l'aide financière de Nice. Il faut ajouter à cela les mauvaises relations avec les commerçants du Vieux-Nice, peu motivés à coopérer. Cependant, le Maire a quand même essayé d'aider au maximum Francis Veber et son équipe.

 

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