Quantum of Solace |
Un titre venu de Ian Fleming himself
Le titre du film de Marc Forster est celui d'une nouvelle méconnue de Ian Fleming publiée en 1959 dans une version initiale dans la revue Cosmopolitan et placée en 1960 dans le recueil «Rien que pour vos yeux». Celle-ci est tout à fait unique. Elle met certes en scène Bond mais pas en tant que héros et il ne s'agit pas d'une histoire d'espionnage. En effet, «Quantum of Solace» est un récit à tiroirs: Bond, invité à un cocktail rasant à Nassau, se voit raconter une anecdote par le maitre des lieux. Le film ne gardera rien d'autre du texte de Ian Fleming que le titre, que l'on pourrait traduire en français par « la part de réconfort ».
Un sujet d'actualité
Une fois le titre trouvé, restait à écrire un scénario. Le producteur Michael G. Wilson a voulu que Quantum of Solace parle d'un sujet contemporain. Il explique : « Quels sont les sujets qui nous concernent? Ce que nous voyons dans le futur, c'est une lutte à propos des ressources naturelles et ceux qui les contrôleront seront plus importants que les gouvernements. Notre méchant est quelqu'un qui contrôle l'accès à l'eau dans bien des pays et si vous vous souvenez de Chinatown, si vous contrôlez l'eau, vous contrôlez tout le développement du pays. Greene a trouvé une façon de s'approprier le système de distribution d'eau sans que personne le sache. »
Dans la lignée de Casino Royale
Du point de vue de la continuité, Quantum of Solace retrouve James Bond là où Casino Royale l'avait laissé, après la mort de Vesper Lynn, et le film (qui raconte la vengeance de 007) se veut exactement dans la même veine réaliste que le film de Martin Campbell. James Bond sera toujours un jeune loup tête brûlée. Il n'y aura ni Q, ni Moneypenny. Les gadgets seront limités au minimum et les scènes d'action seront violentes et réalistes. En guise de garantie, les producteurs ont engagé Dan Bradley comme directeur de seconde équipe, en comptant sur lui pour conserver le même style cru qu'il avait su trouver dans les deux derniers volets de la trilogie Bourne de Paul Greengrass.
On prend les mêmes et on recommence
Trois scénaristes de Casino Royale ont rempilé pour ce nouvel épisode: le tandem Neal Purvis- Robert Wade dont c'est le quatrième Bond consécutif (ils ont également écrit les deux derniers Pierce Brosnan et Johnny English, une parodie avec Rowan Atkinson) et Paul Haggis (réalisateur de Collision et auteur, pour Clint Eastwood, de Million Dollar Baby et du diptyque sur Iwo Jima). A ces trois larrons s'ajoute Joshua Zetuner, qui, après la réécriture de Paul Haggis, a retouché le scénario.
Au service de 007
Lorsque la question s'est posée de savoir qui réaliserait le film, les producteurs se sont tournés vers l'anglais Roger Michell ( Coup de foudre à Notting Hill). Les négociations échouent et c'est Daniel Craig qui suggère le nom de Marc Forster dont il est un grand fan, admirant tout particulièrement Les Cerf-volants de Kaboul. Selon les propres mots de Craig: « Quand on regarde l'œuvre de Marc Forster, il y a un tel regard sur le monde que je me suis que c'était ça que je voulais. Marc est très costaud. Il sait ce qu'il veut et c'est très important ». Sur le conseil de 007 lui-même, c'est donc Marc Forster qui est finalement choisi.
Un metteur en scène atypique
Marc Forster est un metteur en scène atypique dans la filmographie de James Bond. Tout d'abord, il s'agit du premier réalisateur qui ne soit pas issu d'un pays du Commonwealth. En effet, tous les autres réalisateurs étaient britanniques, à l'exception des néo-zéalandais Martin Campbell ( Goldeneye et Casino Royale) et Lee Tamahori ( Meurs un autre jour) et du canadien Roger Spottiswood ( Demain ne meurt jamais), tandis que Marc Forster est suisse. Comme la mère de Bond selon Ian Fleming.
Un admirateur modéré de Bond
En réalisant Quantum of Solace, Marc Forster ne concrétise pas un de ses rêves d'enfance. Il a avoué que, adolescent, il n'était pas un grand fan de James Bond. Il a même reconnu qu'il n'aurait jamais accepté de tourner Quantum of Solace s'il n'y avait pas eu Casino Royale, épisode sombre et réaliste qui l'a séduit. Il déclare: « j'ai toujours été attiré par toutes sortes d'histoires. C'est très excitant de relever ce défi. La direction nouvelle prise par la franchise Bond offre au réalisateur de très nombreuses possibilités. L'endroit le plus intéressant où mener James Bond, c'est vers l'intérieur, plus profondément en lui-même ».
Un méchant « frenchie »
L'Allemand Bruno Ganz, le Hitler de La Chute, devait initialement jouer le rôle du méchant, Dominic Greene, réfugié derrière la couverture d'un organisme de protection environnemental. Le français Mathieu Amalric a finalement hérité du rôle. Il admet qu'il « est impossible de dire à ses enfants «j'aurais pu faire un James Bond mais j'ai refusé» ». Amalric accepte donc la proposition et commence à réfléchir au rôle.
Un peu de Tony Blair, un peu de Sarkozy
Mathieu Amalric compte d'abord faire de Greene un « vilain » grimaçant mais finit par comprendre, sous la direction de Marc Forster, que le personnage sera plus marquant s'il est débarrassé des attributs grotesques des méchants de cinéma et a l'air de n'importe quel patron d'entreprise ou quel chef d'État. Amalric ne cache pas ses sources d'inspirations: « j'ai pris ici ou là des détails, le sourire de Tony Blair, la folie de Sarkozy » qui, selon lui, reste « le pire des méchants que nous ayons jamais eu ».
Le monde ne suffit pas
Casino Royale ayant été le plus lucratif des James Bond avec près de 600 millions de dollars de recettes, les producteurs n'ont pas lésiné question budget. Quantum of Solace a coûté la jolie somme de 230 millions de dollars, un record pour une aventure de 007! Le tournage a commencé avec la seconde équipe en août 2007 lors de la célèbre et dangereuse course de chevaux du Palio à Sienne. Il a eu lieu aux studios de Pinewood (Grande-Bretagne) mais aussi en Europe (Italie, Espagne et Autriche) ainsi qu'en Amérique du Sud (Mexique, Panama et Chili).
Casino Royale n'était qu'une promenade de santé
Daniel Craig a prévenu: Quantum of Solace est encore plus musclé que Casino Royale et le film de Martin Campbell a des airs de promenades de santé comparé à celui de Marc Forster. Craig, qui a passé trois mois sans entraînement entre les deux tournages, a dû retrouvé toute sa discipline nécessaire. Il n'empêche qu'il a été blessé à deux reprises, une fois au visage, une autre au doigt. Les cascadeurs n'ont pas été épargné non plus: durant le tournage en Italie, près du lac de Garde, deux cascadeurs ont dû être hospitalisés et une voiture a fini dans l'eau...
Le look de Bond
Quantum of Solace marque l'arrivée d'un nouveau venu dans la série. Dennis Gassner va désormais assurer la direction artistique des films et remplacer Peter Lamont qui avait travaillé à 18 des 21 Bond précédents. L'objectif de Gassner est de revenir à l'esthétique moderniste des premiers films, conçue par Ken Adam (7 Bond entre 62 et 1979), à qui l'on doit les repaires déments de Docteur No ou de On ne vit que deux fois. Adam avait par ailleurs collaboré avec Stanley Kubrick sur Docteur Folamour et Barry Lyndon.
Une autre façon de mourir
Après Matt Monro, Tom Jones, Louis Armstrong, Shirley Bassey, Nancy Sinatra, Paul McCartney, Rita Coolidge, Duran-Duran, Tina Turner ou Madonna, qui allait interpréter la chanson du film? Amy Winehouse et Mark Ronson ont enregistré un essai de chanson mais c'est finalement la chanteuse de R&B Alicia Keys et Jack White des White Stripes qui figurent au générique de Quantum of Solace avec « Another way to die ».
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