The Dead Girl |
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Deauville
C'est à Deauville que The Dead Girl s 'est d'abord fait remarqué, en remportant le grand prix lors de l'édition 2007 du festival. Il faut donc maintenant compter avec la réalisatrice Karen Moncrieff, dont le premier film Blue Car, avait déjà été présenté à Deauville en 2002, dans le paysage du cinéma indépendant américain.
Autopsie d'un meurtre
L'argument à l'origine du film vient d'une expérience de la réalisatrice, alors qu'elle s'est retrouvée jurée sur un homicide. Elle s'explique : « La victime était une prostituée, et j'ai vite réalisé que j'avais certains préjugés sur qui elle était et ce que devait être son mode de vie. A côté de cette perception négative, l'image opposée de la victime innocente et presque sainte faisait peu à peu son apparition. Ces deux caractérisations mentales me semblait être un moyen d'éviter de voir cette femme comme une personne réelle. Mais le témoignage des divers témoins – des gens qui étaient là pour corroborer l'histoire du tueur, la femme qui s'occupait de ses enfants, d'autres prostituées, la femmes qui avait été son amante – m'ont forcé à me confronter à la complexité et à la totalité de sa vie. Elle était faite d'une série de contradiction : une mère passionnée et aimante pour ses jeunes filles, une junkie, une bipolaire imprévisible, et une mythomane. Elle était un être humain trouble, dont la vie compliquée a soudainement pris fin, sans signification apparente pour le reste du monde ». C'est pour refléter cette complexité et cette totalité que le film adopte cette forme fragmentée, divisé en 5 parties (« la mère », « la soeur », « l'étrangère », « l'épouse » et « la fille morte ») qui analyse chacune les conséquences de la découverte du cadavre d'une jeune fille sur sept personnages, liés à sa vie ou à sa mort. C'est ainsi le destin de la jeune fille morte qui est reconstitué dans sa globalité.
Une expérience personnelle
A travers ce destin soudainement brisé, c'est la question de la violence dont sont victimes les femmes dans notre société que veut poser Keren Moncrieff : « Je me suis battu pendant des années pour trouver une raison à la violence constante vécue par les femmes et les filles dans nos sociétés, et ses conséquences désastreuses. Les infos sont plein de compte rendus de viols, de tortures, de mutilations et de meurtres, et dans la plupart des cas, c'est tout juste si les victimes féminines sont mentionnées. » The Dead Girl, en retraçant l'histoire d'une de ces victimes et en analysant ses conséquences sur ses proches, essaye de replacer ces tragédies dans leurs contexte humain et émotionnel.
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