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John Rambo

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Infos tournage

Revenir au mythe

Vingt-cinq ans après le premier film, Sylvester Stallone a renfilé son bandeau et a aiguisé son couteau pour une quatrième aventure du soldat John Rambo, véritable icône populaire des années 80. Comme pour la saga Rocky qu'il a brillamment conclue l'année dernière, Stallone reprend ici les rênes de la réalisation et de l'écriture. Il confie lui-même qu'il lui aura fallu vingt ans pour prendre du recul et acquérir l'expérience nécessaire à cette histoire. Pour la conclusion, le réalisateur-scénariste-acteur désirait un film directement dans la lignée de l'original : « Comme pour Rocky, je voulais revisiter Rambo et en terminer avec ce personnage. Le dernier film était plein de bonnes intentions mais son message n'a pas été entendu. Nous étions en 1988 et nous voulions montrer ce qui se passait en Afghanistan... Mais à l'époque, le film n'a pas réussi à attirer l'attention sur la situation de ce pays. Je voulais donc terminer la série sur une meilleure note et revenir à une version du personnage plus proche du premier film. »

 

Le temps de la réflexion

La volonté de Stallone à faire revivre le personnage ne date pas du succès récent de Rocky Balboa mais de bien plus longtemps. Déjà à l'époque de Rambo III, les producteurs satisfaits des rentrées d'argent engendrées par le film pensaient mettre en chantier un nouvel opus. Après les événements du 11 septembre 2001, des rumeurs d'un retour du vétéran en Afghanistan se font persistantes. Lorsque la société Millennium Films ayant racheté les droits du personnage, contacte l'acteur pour reprendre du service, celui-ci décide pourtant de ne pas plonger tête baissée et de prendre son temps pour réfléchir afin de comprendre où en est le guerrier : « Je me suis dit que si cela devait être le dernier Rambo, il devait y avoir un message fort. Cela ne devait pas être juste de l'action. Je voulais un sujet sérieux qui parle de la condition humaine et du monde réel. »

 

Choisir sa guerre

Beaucoup d'idées et de scénarios ont été proposés depuis le dernier film. Plusieurs histoires se déroulaient au coeur des conflits en Irak, en Afghanistan, au Soudan, en Colombie et même au Darfour. Mais Sylvester Stallone voulait une toile de fond moins connue et une intrigue se déroulant dans un des conflits les moins médiatisés du monde. Après avoir fait plusieurs recherches, contacté des personnes du magazine Soldier of Fortune (une revue destinée aux mercenaires et aux soldats professionnels) et des Nations unies, il s'est avéré que la Birmanie remplissait toutes les conditions selon Sylvester : « Ce conflit était parfait pour le film parce qu'il permettait d'introduire quelque chose qui ne parle pas uniquement de Rambo, quelque chose de vrai et de complètement d'actualité... Plus je faisais des recherches et plus j'en apprenais sur ce pays, plus je me disais que je pouvais faire quelque chose de grand si je parvenais à attirer l'attention des gens sur la guerre civile en Birmanie tout en faisant un bon film d'aventure. »

 

La Birmanie

Durant la Seconde Guerre mondiale, les tribus karens ont lutté avec les Alliés contre les Japonais et l'armée birmane. Quand la guerre s'est terminée, les Karens voulaient un Etat indépendant et autonome, tout comme les autres tribus et minorités du pays. Après avoir colonisé le pays pendant des années, la Grande-Bretagne rappela ses troupes et un nouveau nationalisme birman émergea. L'effondrement du colonialisme et des institutions royales, en plus des nombreuses années de guerre et de conflits ethniques, laissa l'armée birmane aux commandes des infrastructures du pays. En 1947, quand les négociations pour l'obtention d'un Etat échouèrent, les Karens formèrent la Karen National Union (KNU), un comité politique luttant pour son indépendance. Depuis soixante ans, les Karens luttent contre le gouvernement birman qui exerce à leur encontre un nettoyage ethnique brutal et systématique.

 

A propos de la violence

Comparé aux trois précédents opus de la série, John Rambo en ajoute une sacrée couche dans l'hémoglobine, les morts et la violence. Un caractère dur complètement justifié pour son producteur Kevin King, nécessaire afin de rendre compte de la réalité des exactions du gouvernement birman : « Nous ne pourrions même pas montrer un dixième des atrocités et du génocide systématique qui se déroulent tous les jours sur la frontière. Nous avons fait des recherches et tous ce que nous montrons est réel. Nous ne voulions pas montrer de violence gratuite, tout est factuel et documenté. Depuis soixante ans, les Karens ont été systématiquement annihilés, et personne ne le sait. Personne ne connaît l'horrible vérité. »

 

Une participation non sans conséquences

La production a fait appel à des techniciens et des acteurs locaux afin d'augmenter le réalisme du film. Parmi ces gens beaucoup ont participé ou ont été victimes de la guerre et risquent des représailles pour avoir travaillé ou joué dans le film. Par exemple, l'acteur Maung Maung Khin, un ancien leader de la KNU réfugié en Thaïlande qui interprète le major birman Tint, raconte : « J'ai accepté ce rôle parce que je déteste les Birmans. C'était un risque, mais j'étais prêt à le prendre pour montrer au monde ce que les Birmans font aux Karens. Après la sortie de ce film, je vais devoir me faire discret parce que les services de renseignements birmans sont partout, même en Thaïlande et les représailles pourraient être terribles. »

 

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