Largo Winch |
Largo Winch, héros de BD, télé et ciné
Philippe Francq et Jean Van Hamme ont créé ce personnage de séducteur milliardaire et aventurier en 1990, avec le premier album de la série L'Héritier, où Largo découvre l'identité de son père, sa fortune. Plus de dix ans après le premier album, M6 diffuse la saison 1 de Largo Winch, version télé, qui s'arrêtera au bout de 39 épisodes. Un demi-succès qui n'empêche pas Jérôme Salle de tenter l'aventure cinématographique en 2007...
Un personnage disparaît
Si la trame de l'histoire est respectée dans le scénario du film, le personnage de Simon, meilleur ami de Largo et illustre dragueur, est sucré à l'écran. Pas d'amitié virile en perspective...
Un tournage international
L'équipe du film a démarré le tournage en août 2008, à Malte, avant de partir en Sicile. Le film a aussi été tourné en partie en Bosnie-Herzégovine et à Hong Kong. Il faut dire que largo Winch est un véritable globe trotter !
Naissance de Largo
Jean Van Hamme, créateur et scénariste des bandes dessinées Largo Winch, se souvient : « Dans les années 70, je n’avais pas encore démissionné de mon job « sérieux » chez Philips, mais je faisais déjà de la bande dessinée, comme un hobby pendant les week-ends. Michel Greg, alors rédacteur en chef du journal Tintin, était un fou d’Amérique tant sur le plan de ses goûts personnels que sur celui du marché potentiel. Mais la bande dessinée franco-belge – ou belgo-française ! – n’était pas dans le goût des américains, très habitués aux comics. Il eut l’idée de demander à des dessinateurs américains de faire une bande dessinée dans Tintin qui pourrait ensuite être placée en Amérique grâce à leur renommée. Mais il fallait des scénaristes parlant anglais et à part lui, j’étais le seul ! Il m’a donc demandé de faire un saut à New York pour rencontrer des dessinateurs et leur proposer un début de série. C’est ainsi que j’ai débarqué à New York sans avoir la moindre idée du personnage que j’allais proposer ! J’ai rencontré John Prentice, celui qui avait repris Rip Kirby après la mort de son créateur, Alex Raymond. Dans l’optique d’une publication dans un journal, il fallait des héros récurrents, ayant chacun une fonction bien précise –journaliste, aventurier, détective, pilote d’avion, cow-boy…- qui pourrait l’amener à vivre des aventures. Le second soir, je dîne avec Greg, au cours de la conversation, l’un de nous sort une formule du style « l’argent ne fait pas le bonheur ». A cette même période, un riche fabricant de tapis belge avait été enlevé par une bande de gangsters qui exigeait une rançon. J’ai donc eu l’idée de choisir un type riche qui a des soucis parce qu’on peut l’enlever, enlever ses enfants ou le racketter. Il était plus intéressant d’en faire l’homme le plus riche du monde. Mais pour en arriver là, il aurait sûrement dû accomplir beaucoup de choses peu avouables ! Mieux valait choisir son fils, adopté pour devenir son successeur. C’est ainsi que j’ai construit la trame du personnage de Largo Winch, une nuit de novembre 1973 à New York. Un peu plus tard, j’ai été contacté par un dessinateur, Philippe Francq, qui cherchait un scénariste. J’avais trouvé dans son travail un dessin prometteur, réaliste sans être photographique, un excellent sens du mouvement et du cadrage. J’avais déjà écrit plusieurs histoires pour mon personnage de roman qui tenaient la route et que les gens aimaient bien. J’ai donc pensé à le reprendre pour une bande dessinée. Cela dure depuis dix-huit ans ! »
Naissance du projet
Nathalie Gastaldo, productrice du film, raconte :« Ce projet est né de l’envie de travailler avec Jérôme Salle. A l’époque où il préparait Anthony Zimmer, nous étions déjà en contact et nous cherchions la bonne opportunité. Avant même de savoir que les droits de Largo Winch étaient libres, nous avions évoqué la possibilité de faire un film de cette ampleur et de ce registre. L’une des forces du projet était d’allier un côté grand spectacle à quelque chose de beaucoup plus personnel. Nous étions à la fois spectateurs des aventures et touchés par le parcours humain de ce jeune homme. On associait des thèmes universels à un contexte très particulier et complètement inédit. »
Van Hamme convaincu
Le créateur de Largo Winch déclare: « Il y a plus de vingt ans, un des plus grands producteurs indépendants, Serge Silberman, avait déjà acheté les droits d’adaptation de Largo Winch mais il est décédé avant d’avoir pu en faire le concurrent de la série des James Bond dont il rêvait. Depuis la sortie des premiers albums, il y a bien eu d’autres propositions mais elles étaient plus ou moins sérieuses. Il y a également eu la série télévisée. La proposition de Nathalie Gastaldo me paraissait beaucoup plus positive. Elle connaissait la bande dessinée et avec Jérôme, ils avaient une vraie ambition tant au niveau des moyens que de l’esprit. »
Winch=Tomer Sisley
Pour choisir l'interprète d'un tel héros, Jerôme Salle porte son choix sur Tomer Sisley , il raconte: « La directrice de casting a certainement vu tous les acteurs francophones de vingt à trente-cinq ans, en poussant jusqu’au Canada, aux Etats-Unis et au Maroc ! Il me fallait un acteur charismatique, sportif, capable de parler parfaitement français, anglais et serbo-croate. Rattacher le film à ses racines européennes était très important à mes yeux. C’est pour cela que, contrairement à la B.D., Nerio est né en ex-Yougoslavie, le pays où il retourne adopter un enfant. Dans le même ordre d’idées, je souhaitais que le film comporte plusieurs langues, le serbo-croate, le français et l’anglais, afin de mieux faire sentir le brassage des cultures qui imprègne le héros. J’ai pensé à Tomer Sisley pour le rôle. Je l’avais remarqué pour la première fois, il y a quelques années lorsqu’il avait assuré la première partie du spectacle de Jamel à l’Olympia. Je m’étais dit que ce type avait quelque chose, une voix, une présence. Pour incarner Largo, il fallait bien sûr un acteur avec une belle gueule mais dont on voit, dès sa première entrée dans la salle du conseil, qu’il n’appartient pas et qu’il n’appartiendra jamais au même monde que tous ces hommes d’affaires. Je me suis ensuite aperçu qu’il parlait quatre langues et surtout, après l’avoir rencontré, qu’il avait une véritable passion pour le travail d’acteur, ce qui était très important pour moi. Tomer fait ce métier pour de bonnes raisons. Il aborde donc son travail avec sincérité. Il a aussi l’avantage d’être un vrai sportif, habitué aux sports extrêmes comme la chute libre, et capable de piloter une voiture, une moto, un bateau et même... un hélicoptère. »
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