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Mister Lonely

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Infos tournage

Un certain Myster Lonely

Le film de Harmony Korine a été présenté au dernier Festival de Cannes lors de la sélection Un Certain regard.

 

Une idée improbable

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur a une imagination débordante. Il suffit de l'écouter parler de la genèse du film pour s'en rendre compte : « J’ai commencé à penser en termes d’images qui n’avaient vraiment aucun lien avec rien, se souvient Harmony Korine. De simples images, rien de plus. Je me suis mis à rêver à des religieuses qui volaient, des religieuses qui tombaient d’avion, priant tout au long de leur chute et indemnes à l’arrivée. Puis j’ai commencé à être obsédé par d’autres images et d’autres personnages bien particuliers. Parmi eux, l’idée d’un sosie de Michael Jackson arpentant les rues de Paris. J’avais donc ces diverses images en tête et elles n’avaient vraiment aucun rapport entre elles. Mais je savais qu’il y avait dans tout ça quelque chose que j’essayais de faire surgir, une idée cohérente, même si je ne savais pas trop comment l’expliquer. »

 

Lieux de tournages

Les prises de vue de Mister Lonely ont eu lieu en Écosse, en France et au Panama. Pour ce denier pays, le réalisateur avait déjà eu l'occasion de tâter le terrain étant donné qu'il est originaire de là-bas. De plus, il a pu bénéficier de l'aide précieuse de sa famille y vivant toujours. Quant à l'île où vit la communauté dépeinte dans le film, elle devait initialement se situer en Islande mais après s'être rendu sur place Harmony Korine a trouvé le paysage trop plat à son goût. Au final, il s'est déporté en Ecosse.

 

De la réalisation à l'interprétation

Devant la caméra, on trouve deux réalisateurs: l'allemand Werner Herzog ( Aguirre, la colère de Dieu) et le français Léos Carax ( Les amants du Pont-Neuf). Le premier n'en est pas à sa première participation à un film de Korine, puisque le cinéaste jouait l'acteur sur son précédent film Julien Donkey Boy (1999). Le réalisateur nous parle de cette collaboration: « Les réalisateurs font parfois de grands acteurs. Herzog est un vieil ami... C’est un de mes cinéastes préférés et un de mes hommes préférés. J’ai travaillé avec lui sur mon dernier film et j’avais tout simplement envie de retravailler avec lui ». Quant à Léos Carax il n'est pas non plus un inconnu : « Cela fait de longues années que je connais Leos Carax... Il y a en lui quelque chose de très intéressant. J’aimais l’idée de lui faire jouer un personnage tellement éloigné de ce qu’il est dans la vie ».

 

Improvisations

Bien qu'il ait rédigé entièrement le scénario de son film, Harmony Korine a laissé une place à l'improvisation lors du tournage: « J’ai toujours pensé que le scénario était plus ou moins comme une maquette, une panoplie d’idées. Donc parfois j’essaie de ménager de la place pour ce que j’appellerais la poésie de la vie qui se déroule hors champ. Si je vois qu’il se passe quelque chose d’intéressant... si ça a du sens ou si j’aime, tout simplement, l’effet que ça crée - il peut très bien nous arriver de délirer à partir de ça ou de simplement improviser des scènes». Il lui est arrivé même de transformer, de développer des scènes, des personnages peu définis à la base: « J’ai beaucoup fait ça avec Denis Lavant, parce qu’il était toujours dans les parages, toujours en train de faire des choses, vu qu’il vivait sur place... Il nous est arrivé bien des fois de mettre la caméra en marche et de nous amuser, comme ça ».

 

Une collaboration fraternelle

Harmony Korine a écrit le scénario avec son frère Avi Korine. Mais ce dernier étant un grand fan de boxe, il est toujours en vadrouille sur les routes pour aller assister à des matchs. Harmony avait donc peur de ne pas réussir à le convaincre de venir l'aider. Mais comme il le dit, il a finalement trouvé une solution :«j’ai rusé pour le persuader de me rejoindre : je l’ai invité à venir suivre un combat de boxe à la télévision. Avi a donc pris l’avion pour Nashville et a dormi sur mon futon. Nous avons «fermé la porte» et n’avions rien d’autre à faire que d’écrire. On ne s’arrêtait que pour jouer au basket et manger du poulet frit. Il ne se passait pas grand-chose d’autre à l’époque. En somme, on traînait à la maison et on écrivait.»

 

Un titre symbolique

Le titre du film fait référence à la chanson éponyme de Bobby Winton. «J’adore cette chanson de Bobby Vinton, «Mister Lonely ». Elle a certes quelque chose d’excessif et de mélodramatique, mais j’aime bien l’histoire et le registre émotionnel de la voix de Bobby Vinton dans cette chanson. J’ai donc intégré cette chanson au film. Le choix de ce titre s’est imposé car le personnage est seul et isolé au début comme à la fin de l’histoire.»

 

Un retour apprécié

Harmony Korine n'avait pas réalisé de films depuis Julien Donkey-Boy en 2000. Pour lui, c'était comme une renaissance, redécouvrir les joies du tournage et de la création artistique, il avait le sentiment de réaliser son premier film. Si bien qu'il prenait du plaisir pour n'importe quel aspect du tournage : «J’étais heureux, tout simplement, de filmer un oiseau sur une branche, un arbre sous le vent ou des vaguelettes sur un rivage [...] J’adore le temps du montage parce que c’est là que les choses commencent à prendre forme...» D'ailleurs il estime n'être bon qu'à faire des films : «Je ne suis pas bon à grand-chose d’autre. Je suis incapable de réparer une voiture, un ordinateur ou un poste de télévision. Je ne suis pas doué pour le sport ni rien de ce genre. Faire des films est à peu près la seule chose dont je me sente capable.»

 

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