La Forêt de Mogari |
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Genèse du projet
La réalisatrice Naomi Kawase s'inspire de sa propre histoire : élevée par sa grand-mère elle a vécu les instants où celle-ci est devenue sénile. Un spécialiste en gériatrie lui propose alors un accompagnement de santé, et Naomi Kawase se rend compte que dans ce cadre, sa grand-mère, malgré sa faiblesse mentale réapprend à prendre soin de sa petite fille. C'est le moment où la relation s'inverse qui a intéressé la cinéaste, qui a tout de suite imaginé une relation patient-aide soignante pour son récit.
La maison de retraite
La question de la vieillesse se pose avec acuité au Japon, où la courbe de longévité s'allonge et la population vieillit. La maison de retraite en plein coeur de la forêt qui sert de lieu à l'action représente un système, à taille humaine avec très peu de pensionnaires, encore marginal dans le pays, où les maisons de retraite sont installées dans d'immense bâtiments. Naomi Kawase choisit de présenter un modèle de communauté réduite où les personnes âgées souffrantes mèneraient une existence presque normale.
Les rites de la région de Tawara
Alors que partout au Japon, on soumet les corps à crémation avant d'accomplir la cérémonie funéraire, dans la région de Tawara, ils sont enterrés sans être incinérés. De plus, ce sont les voisins du défunt qui s'occupent de l'enterrement sans passer par une entreprise de pompes funèbres.
Le 33e anniversaire
La scène où Shigeki s'allonge près du tombeau de sa femme a lieu lors du 33e anniversaire de la mort de celle-ci. Dans le bouddhisme japonais, il s'agit de l'année où le défunt rejoint le royaume de Bouddha et ne peut plus revenir dans le monde des vivants.
L'acteur Uda Shigeki
Uda Shigeki est un comédien non professionnel. Pour le rôle, il a pris pension pendant trois mois dans une maison de retraite à petite structure ressemblant à celle du film. Vivant avec les pensionnaires sans interruption, il y a appris leurs gestes, leurs mots et leurs regards.
Réalisme
Naomi Kawase revendique le réalisme, et a ainsi intégré au film tous les imprévus climatiques survenus pendant les scènes tournées dans la forêt, comme un orage ayant entraîné des chutes d'arbres. La part de « fiction » a été réintroduite après la postproduction, au montage, confie la réalisatrice.
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