Planète terreur - Un film Grindhouse |
Genèse
Greg Nicotero, ami et collaborateur de Rodriguez, livre son point de vue sur la longue gestation du projet : « Robert souhaitait tourner un film de zombies. Sans avoir une idée très précise, il envisageait un couple de médecins à l'hôpital et, d'autre part, une fille sur une route encerclée par des zombies. » Rodriguez remet à Nicoreto les trente premières pages de son scénario qui n'ira pas plus loin à l'époque, en 1998.
Renaissance du genre
C'est alors que les films de zombies commencent à envahir les écrans comme 28 Jours plus tard ou Shaun of the Dead, ranimant ainsi l'intérêt des spectateurs pour les morts-vivants, ce qui pousse Rodriguez à peaufiner son scénario. Fan de films d'horreur, le metteur en scène visionnaire voulait un scénario qui se distingue des films du genre en mêlant rythme trépidant et psychologie des personnages qui font toute l'originalité du film.
Des cinéastes inspirés
Si Rodriguez veut raconter une histoire inédite, il s'inspire tout de même de chefs-d'oeuvre du septième art, en reproduisant le climat des films noirs, notamment dans les dialogues entre Wray et Cherry. De même, Rodriguez installe une atmosphère paranoïaque proche de L'Invasion des profanateurs de sépultures ou En Quatrième Vitesse.
Tournage en famille
Pour Planète Terreur, Rodriguez a fait appel a ses proches. Si Freddy Rodriguez, un des interprètes principaux du film, n'a aucun lien de sang avec le réalisateur, en revanche Rebel Rodriguez est le fils de Rodriguez. « Quand j'écrivais le scénaio, j'ai eu un petit garçon et je me suis beaucoup inspiré de lui parce que sa coupe au bol me faisait penser au gamin de Shining. » Le réalisateur a également écrit les rôles des babysitters Twins pour ses nièces, Electra et Elise Avellan. Il leur avait demandé, un jour, quels petits boulots elles exercaient après l'école et leur avait dit en plaisantant que leur expérience lui inspirerait sûrement des personnages de film.
Une chanteuse sur le plateau
Stacy Ferguson, alias Fergie, de son nom d'artiste au sein du groupe Black Eyed Peas, se voit proposer un rôle secondaire dans le film, alors même qu'elle était en tournée mondiale et qu'elle enregistrait un album. Elle résume sa carrière d'actrice avec humour : « J'ai tourné un film d'horreur quand j'étais petite dans lequel je meurs. Je meurs également dans mon deuxième film, Poseidon et je meurs encore dans celui-ci. C'est un signe du destin... »
Jeux de rôle
Tom Savini, concepteur maquillage des zombies dans L'Armée des morts, incarne le shérif adjoint Tolo et se révèle finalement être un acteur de talent selon Rodriguez : « Les gens vont être supris par l'étendue de son registre. » Felix Sabates n'est pas non plus acteur professionnel puisqu'il est ophtalmologue à Kansas City, médecin aux urgences de Houston et supervise des opérations chirurgicales. Il colle donc parfaitement à son rôle de docteur Félix dans le film.
Caméo de luxe
Bruce Willis, qui a déjà travaillé avec Tarantino pour Pulp Fiction et sur Sin City avec Rodriguez, accepte de faire une apparition dans le film et également sur Boulevard de la mort. De même Quentin Tarantino s'est senti flatté de jouer le rôle du violeur. L'actrice McGowan confirme que cela n'était pas prévu : « Il est venu à la scéance de lecture et s'est révélé si convaincant, si inquiétant et si drôle à la fois, qu'il a décroché le rôle immédiatement. »
Zombies rafraîchis
Nicotero et Savini maquilleurs, estiment que « zombie » est un terme erroné pour Planète Terreur, où il ne correspont pas à la réalité des personnages. « Ces derniers ne meurent pas pour ressusciter ensuite et ne se nourissent pas tous de chair humaine. Certains mangent de la cervelle, vident leurs victimes de leurs viscères et ne sont pas des morts. Ils sont simplement contaminés et deviennent des tueurs écervelés. ». D'où leur nom spécifique (« sickos », malades).
Zombie : mode d'emploi
Pour être un bon zombie, il faut passer par plusieurs étapes (au maquillage !). Nicotero et Rodriguez ont opté pour un style qui s'éloigne des représentations traditionnelles, comme le teint pâle, la peau desséchée, le visage émacié ou les dents pourries. En s'appuyant sur des manuels de médecines, ils ont recensé plusieurs maladies de peau à différents stades.
Phase n°1 : furoncles remplis de pus, pustules et horribles problèmes de peau.
Phase n°2 : pustules plus grosses ressemblant à des plaies ouvertes.
Phase n°3 : déformation des visages, corps disloqués et chair qui tombe en lambeaux.
Un vrai travail d'orfèvre. « Greg et son équipe se sont vraiment décarcassés », déclare Savini qui connaît Nicotero depuis ses 14 ans. « Greg s'active à préparer une douzaine de zombies avant de s'occuper de l'hémoglobine. »
Bon appétit bien sûr !
Comédiens et techniciens ont dû prendre l'habitude de déjeuner à côté d'un ou plusieurs zombies. Elise Avellan raconte : « Pourquoi déjeuner à côté d'un zombie ? Ils sont là dégoulinants de sang et c'est vraiment à hurler de rire ! »
L'histoire de la jambe de bois
L'équipe d'effets visuels a dû relever un nouveau défi : créer une jambe de bois-mitraillette. Lorsque McGowan demande à Rodriguez d'où lui vient une idée si géniale, il répond : « Eh bien, j'étais coincé dans les embouteillages et... c'est tout ! » Troublemaker Digital a donc conçu un appareillage fixé à la jambe de McGowan qui devait elle aussi faire preuve de patience et d'imagination. « Je portais une botte à talon haut à un pied et une jambe sur fond vert à l'autre. Il a fallu que je fasse pas mal d'exercices pour être capable de lever la jambe pendant un long moment. »
Comédiens cascadeurs
Les acteurs réalisent eux-mêmes la majorité de leurs cascades. Freddy Rodriguez, danseur de formation raconte : « Les scènes d'action m'ont rappelé la danse. C'est proche de la chorégraphie : on se lance et on suit le mouvement. J'avais presque l'impression de revenir sur les bancs de l'école. » Idem pour Rose McGowan qui semble avoir apprécié un saut de 100 mètres au-dessus d'un mur : « J'ai adoré me retrouver propulsée. On m'a enduite de gel de la tête aux pieds pour que je ne m'embrase pas à cause des flammèches de l'explosion. »
La germaphobie
Dans le film, Rose McGowan joue une gogo danseuse. Mais pour effectuer son numéro, l'actrice a exigé qu'on aseptise les barres de striptease jusqu'à ce qu'aucune bactérie ne survivent. Question d'hygiène !
Les joies du numérique
Le tournage en numérique a permis aux comédiens de se sentir plus libres et ne pas avoir à subir les contraintes habituelles de la pellicule qui manque rapidement ou se raye facilement. Du coup, note l'acteur Michael Biehn : « L'atmosphère est très détendue, on n'a jamais le sentiment qu'il faut absolument être bon dès la première prise parce qu'on va manquer de pellicule. »
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