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Star Wars miniature
Dans la série des Star Wars auxquels on a échappé, il y a un Star Wars avec des nains ! Fasciné par Le Seigneur des Anneaux dont il reprend la structure dans ce premier épisode, George Lucas envisage en premier lieu un Luke Skywalker interprété par un nain, en référence aux hobbits de Tolkien. Si l'idée est vite abandonnée, Lucas se rattrapera en produisant Willow, quelques années plus tard, exprimant sa passion pour l'heroic-fantasy peuplé de gens de petites tailles.
American graphique
Devant ce jeune réalisateur qui demande un énorme budget pour tourner un improbable film de space opera auquel personne ne comprend rien et peu croit, les grands studios restent longtemps réticents. C'est finalement la Fox, impressionnée par l'économie de moyens dont avait fait preuve Lucas pour American Graffiti, qui va avancer 8 000 000 de dollars et alléger le projet. Si Lucas n'avait à l'origine qu'un synopsis d'une quinzaine de pages, ce sont aussi les dessins de Rick McCallum, détaillant l'univers complexe que Lucas voulait mettre en place, qui ont débloqué la production du film.
Harrison Ford tente sa chance en Solo
Le personnage de Han Solo devait être interprété par un acteur plus charismatique que celui de Skywalker, image un peu neutre auquel le spectateur est censé s'identifier. De fortes personnalités se sont donc succédées pour le casting : Kurt Russell, Nick Nolte, Christopher Walken et même Al Pacino. Mais c'est finalement Harrison Ford que choisit Lucas. L'acteur avait déjà tourné pour le réalisateur dans American Graffiti mais c'est uniquement quand il auditionna pour un autre rôle du film que Lucas se rendit compte que la personnalité de l'acteur correspondait parfaitement à celle du personnage.
Une saga en trois trilogies ou en six films ?
Il est difficile de déterminer la véritable genèse du projet tant Lucas semble réinterpréter l'architecture de sa saga a posteriori. Une chose est cependant certaine : l'idée de faire une saga en plusieurs trilogies est inhérente au film. La première version de La Guerre des étoiles ne porte pas le sous-titre Épisode IV mais ce uniquement pour que le film puisse être vu comme un tout si sa suite n'avait pas été produite. Devant le succès du film, il est rebaptisé Star Wars : Episode IV : A New Hope dès 1979, une fois la production de L'Empire contre-attaque lancée. La première trilogie, qui raconte la formation de l'Empire et la transformation d'Anakin Skywalker en Dark Vador est alors apparemment prévue par Lucas dès le début. Le doute est par contre plus grand concernant la troisième trilogie. Lucas évoque la possibilité d'épisodes VII, VIII et IX sur la restauration de la République avant d'affirmer qu'ils ne se feront pas, puisqu'il n'en a jamais été question. La saga comporte dès l'idée originelle six films qui suivent l'évolution du personnage d'Anakin/Dark Vador.
Master Guinness du côté obscur
Alec Guinness utilisait avant sa mort, en 2000, tout son pouvoir de persuasion jedi pour convaincre le monde que son expérience de tournage lui fut très pénible et que l'idée de tuer son personnage lui est venue afin de « ne plus avoir à débiter ces dialogues crétins ». Bien entendu, George Lucas conteste les propos de son acteur et affirme que la mort d'Obi-Wan est entièrement son idée et que sir Guinness semblait prendre un certain plaisir à tourner L'Episode IV, au point qu'il était plus que mécontent du sacrifice de son personnage. Les propos de Lucas sont confirmés par le journal de Guinness de 1977, qui qualifiait à l'époque Star Wars « d'expérience vivifiante ».
Luke Skywalquoi ?
Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine... Luke Skylwalker s'appelait Luc Courleciel et Chewbacca, Chictaba ou Chico pour les intimes qui l'appellent Chewi en VO. Mais ce n'était pas il y a si longtemps puisque ce sont les noms que portent les personnages dans la première version française du film. Au rayon des modifications incompréhensibles, on a aussi C3PO qui devient Z6PO, Darth Vader : Dark Vador ou Han Solo francisé (?) en Yan Solo. Que ne ferait-on pour que les sonorités collent à la bouche des acteurs dans la version française ? En Italie aussi, des modifications ont été faites, Darth Vader est devenu Dart Fender, Vader étant phonétiquement trop proche du mot italien qui désigne les WC.
Spoileurs pour Néerlandais
Féru de symbolique, de psychanalyse et de mythes, George Lucas a particulièrement travaillé le nom de ses personnages sur le plan de leurs significations. Le plus évident étant celui de Darth Vader, qui signifie père en néerlandais. Mais ce sont parfois des influences plus improbables que cite Lucas comme références. C'est par exemple son chien qui a influencé George Lucas pour la création de Chewbacca.
L'Empire du Soleil Levant
Une autre influence majeure de Lucas vient du Japon en la personne de Kurosawa. Le mot jedi vient tout d'abord du mot japonais « jedai », qui veut dire « âge » mais fait surtout référence au genre du « jedaigeki », qui est un film en costume dont l'intrigue se déroule dans le Japon féodal, et notamment à l'époque Edo. L'idée de Kurosawa de narrer un film à travers le point de vue de deux serviteurs dans La Forteresse cachée a inspiré à Lucas la structure du début de l'épisode, vécu du point de vue des deux droïdes R2D2 et C3PO. L'histoire du film de Kurosawa, qui raconte comment un jeune samouraï protège une princesse héritière, est également une grande source d'inspiration pour le réalisateur. Reconnaissant, Lucas s'associera avec Coppola en 1980 pour produire une grande oeuvre du maître japonais, Kagemusha, alors qu'il avait du mal à trouver des financements dans son pays.
Copain là
Parmi les proches de George Lucas, c'est Francis Ford Coppola qui fut le plus enthousiasmé par la première vision d'une version loin d'être définitive du film, puisqu'il y manquait encore les effets spéciaux. Si Spielberg fut aussi sous le charme, les autres personnes présentes (dont Brian de Palma, qui a pourtant co-écrit le texte d'ouverture) ne se montrèrent que très peu intéressées par un film qui semblait aussi puéril que compliqué. Coppola, de cinq ans son aîné, avait déjà soutenu Lucas en se positionnant comme producteur exécutif de ses premiers films THX 1138 et American Graffiti.
Merchandising Lucas
Le coup de génie bien connu de Lucas pour ce film est d'abandonner sa part sur les recettes du film qu'il laisse à la Fox, mais de toucher l'intégralité des recettes sur les produits dérivés et le merchandising. C'est en partie grâce à ce deal visionnaire que Lucas a pu fonder son Empire.