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Lola Montès

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Infos tournage

Scandale à sa sortie

 

Les premières projections en décembre 1955 de Lola Montès sont un échec. Le film déplait aux admirateurs de Martine Carol, la critique méprise le film. La sortie du film en janvier 1956 est un échec commercial. Celui-ci sort donc une nouvelle fois en février 1957 avec un nouveau montage et la structure en flashbacks est supprimée. Peu après la sortie de Lola Montès, dans un entretien à François Truffaut et Jacques Rivette, le metteur en scène Max Ophüls déclarait amèrement, face à la version tronquée qu'il venait de voir: « la maison de production de Lola n'a jamais voulu ce film ». Très vite, les Cahiers du Cinéma et la jeune critique se mobilise pour défendre le film. « Faudra-t-il combattre, nous combattrons! Faudra-t-il polémiquer, nous polémiquerons! » écrivait Truffaut dans Arts. Des cinéastes de la renommée de Rossellini, Cocteau, Becker ou Tati signèrent même un manifeste en faveur du film. En vain. Mais, derrière Truffaut en chef de file, ce sont les premiers bienfaiteurs de Lola Montès, film maudit qui devait être le dernier opus d'Ophüls.

 

Le parcours d'un film

 

En 1966, le producteur français Pierre Braunberger, principal bailleur de fonds de la Nouvelle Vague (on lui doit L'Eau à la bouche, Tirez sur le pianiste, Vivre sa vie ainsi que les courts-métrages de Resnais), acquiert les droits du film dont il est un grand admirateur à la société Gamma qui fait faillite. Il entreprend alors de reconstituer le montage initial, rétablissant la structure en flashbacks supprimée par les producteurs. C'est cette version de 1968, approximativement conforme aux souhaits de Max Ophüls, qui est aujourd'hui la plus souvent disponible. A la mort de son père, Laurence Braunberger, la fille du producteur, est devenue la détentrice des droits du film via les compagnies Les Films de la Pléiade et Les Films du Jeudi. Elle décide d'achever l'œuvre accomplie par Pierre Braunberger et d'établir une version originale à 100% du film.

 

Un grand merci

 

La restauration de Lola Montès a été possible grâce à la collaboration d'un grand nombre de bienfaiteurs car Laurence Braunberger ne pouvait seule donner réalité à son initiative. Il a tout d'abord fallu que Marcel Ophüls, le fils de Max, lui-même cinéaste reconnu ( Le Chagrin et la Pitié), donne son accord au projet. La somme nécessaire au film a été apporté par la fondation Thomson et le fonds culturel franco-américain. Agnès B. et L'Oréal ont également contribué au financement. La Cinémathèque française s'est chargée de la coordination entre les divers organismes.

 

La volonté de Max Ophüls respectée

 

Dans le cadre de la programmation Cannes Classics du festival de Cannes 2008 est présenté une version restaurée de Lola Montès en mai 2008. Une ressortie en salles a lieu en décembre 2008. Grâce à l'expertise du Laboratoire Technicolor, Lola Montès est désormais visible dans son montage initial, en lui restituant ses couleurs, le son et le format d’origine, offrant ainsi à ce film culte la possibilité d’émerveiller les jeunes spectateurs et de séduire à nouveau celles et ceux que le film avait déjà conquis. Cinq minutes de scènes inédites ont aussi été rajoutées. Cette nouvelle version de Lola Montès est la plus proche possible de ce que Max Ophüls avait livré aux premiers spectateurs en décembre 1955.