Toute l'histoire de mes échecs sexuels |
Chris Waitt n’est plus comme il était. Sa voix embrumée par une déprime sous-jacente, ses cheveux collés à une figure tailladée dans un mal-être, font place désormais à une bonne santé manifeste. Cet Anglais, maintes fois plaqué, a fait un film sur sa vie amoureuse. Plus jeune, il détournait Harry Potter en chevauchant son balai de réalisateur en herbe, enchaîne les courts métrages, la dérision l’habite, la BBC le remarque. Toute l’histoire de mes échecs sexuels est son premier long, présenté au festival de Sundance il y fut applaudit. Rencontre avec un futur marié.
Je crois. En montant quelque 400 heures, il faut prendre certaines décisions. Nous avons essayé de garder des passages qui nous faisaient rire, pleurer, sans jamais chercher à exagérer, déformer la réalité. Nous avons simplement essayé de rendre les problèmes plus comiques et ce processus fut une forme de thérapie.
Oui, absolument. Comme beaucoup de personnes, je n’aime pas le son de ma voix et encore moins me voir. Je me suis juste habitué en essayant de me voir avant tout comme un personnage à part entière ayant sa raison d‘être. Si tel n’avait pas été le cas, je serais devenu fou. J’ai essayé de prendre de la distance.
Le film a effectivement résolu nombre d’entre elles. Ayant rencontré des gens qui avaient écrit des autobiographies, ils me racontaient avoir eu peur au début. Une fois publiées, c’était comme si ils avaient tout mis sur un bateau et largué les amarres. Traitant de votre passé, de votre vie, le procédé est effectivement assez bizarre. Certains vous disent qu’il ne faut pas creuser le passé, encore moins ouvrir les placards. A chaque fois que je téléphonais à une ex, j’avais l’impression que nombre d’ennuis allaient resurgir de mon passé. Lors de la première projection en Angleterre, toutes mes ex étaient là, ma mère aussi, ce fut assez étrange. Après nous sommes tous sortis, avons bu, dansé et j’avais l’impression que tous mes problèmes dansaient avec moi tout en s’évaporant. Cela étant, je ne suis pas certain de recommander ce genre de processus pour gérer ses problèmes, même si ce fut bénéfique en ce qui me concerne.
C’est ce que mon père m’a dit. Si tel n’avait pas été le cas, je n’aurais pas eu assez de matière.
J’aimerais le penser. C’est plus compliqué. Ce film va me hanter jusqu’à la fin de mes jours.
C’est sans doute vrai. Le film m’a permis de rire à mes dépens, de voir mes défauts, de regarder les gens qui ont croisé ma vie à un moment donné, de découvrir leurs sentiments à mon égard. Cela s’apparente à l’expérience d’un alcoolique. Ivre pendant des années il désaoule subitement, revisite tous les endroits où il a bu...
A la vision du film vous découvrez mon histoire avec Vicky. J’ai ainsi redécouvert le pourquoi de mon attirance pour l’une ou l’autre des jeunes femmes et tout ce que cela a pu engendrer. Retrouver Vicky fut déstabilisant, remuant, m’a permis de terminer cette histoire sur une note mélancolique. Je suis allé filmer son mariage, ce qui fut assez bizarre.
Vous pouvez mettre cette formule en exergue. J’aimerais le penser. Mais curieusement, je suis plus propre même extérieurement.
Lors du premier montage, j’ai essayé de gommer tous mes aspects négatifs. Je les trouvais trop durs, pensais ne plus pouvoir travailler, que plus personne ne me parlerait. Et puis je me suis dit que cela maquillerait la réalité. Il fallait que je m’y fasse. Honnêtement, je pense avoir un coin caché de mon caractère qui me pousse vers l’humiliation. Je n’ai jamais été fouillé dans les tréfonds du pourquoi du comment, ne me suis jamais vraiment demandé si le film était en fait une bonne idée, mais je pensais que cela serait plus simple. Mon côté naïf. Je n’imaginais pas que cela soit aussi douloureux, humiliant pour ne pas dire plus, même si aujourd’hui je suis très content car le public semble y prendre du plaisir.
Ce n’était pas intentionnel au début. A deux ou trois reprises j’ai voulu tout arrêter. J’ai appelé le producteur en lui disant que je n’arrivais pas à creuser mon passé, que la douleur était trop forte. Et puis je repartais à la bataille. Les producteurs ont également essayé deux fois d’arrêter. En voyant le premier montage de 3h30, je croyais que cela serait un désastre. Lors de la première projection, le public était tellement déprimé, furieux, que je n’avais qu’une envie, tout arrêter. Ce fut terriblement dur pour le rendre plus comique, plus léger, pour juste donner un aperçu de la réalité sans la tronquer.
Et cela ne s’arrange pas.
C’est une parfaite description de la femme moderne. Ses attentes envers l’homme sont très élevées, elle voudrait qu’il soit charmant, intelligent, poli, masculin, mais pas trop, coquin, complexe, sensible… Beaucoup d’hommes essaient d’être à la hauteur mais échouent.
En faisant ce film, j’ai découvert à quel point toutes ces femmes sont intelligentes, sensibles, deux ou trois sont en colère après mon échec. Mais elles savent ce qui n’allait pas en moi, ce que j’ai fait de mal. J’aime à penser qu’elles y ont aussi trouver leur compte, ont été payées en retour des mes erreurs. J’ai cherché à ne surtout pas modifier leurs propos : elles sont plus fortes que moi. Elles n'ont toutes signé qu’après le dernier montage. Elles m’ont demandé de retirer, de couper…
Oui, pour être franc. Les négociations furent terribles, longues. C’était parfois insensé. Mon frère a comparé cela à dix divorces en même temps.
Oui, en pleine forme. J’ai trois projets en développement avec trois studios, mais ayant essoré mon passé, il me faut aller vers d’autres sujets. On va se marier avec Alex.
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| Dossier Simpson | KygO |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |
| Je vais te dire un secret | HyperLourd |
| Star Wars - l'Attaque des Clones - ... | Spock |
| petites critiques humoristiques | HyperLourd |