Se connecter | Créer un compte



Moi, Van Gogh

Ajouter à mes films favoris
 

Jacques Gamblin, la voix du peintre

  • Moi, Van GoghDans Moi, Van Gogh, un documentaire inédit tourné en images Imax et projeté à la Géode à partir du 25 mars, Jacques Gamblin se glisse dans la peau du célèbre peintre et nous révèle tout sur son travail d'acteur. Interview.

     

     

Par Laure Croiset (20/03/2009 à 19h29)
Qu'est-ce qui vous a décidé à participer à ce projet ?

Déjà, j'adore les voix. J'ai fait un certain nombre de livres audio ou pour des documentaires. Je trouve que c'est un des privilèges de ce métier de faire à la fois du théâtre et du cinéma, mais aussi des voix pour des documentaires. Et là, le projet était très enthousiasmant. C'est complètement unique et nouveau de montrer la vie d'un grand peintre comme Van Gogh sur des images immenses qui vont être montrées dans plusieurs grandes salles à travers le monde. C'est un projet unique et j'avais envie d'y participer. En plus, ce n'était pas seulement une voix off qui commente les images qu'on voit, mais c'était l'idée d'incarner Van Gogh regardant sa peinture, faisant des commentaires sur ce qu'il voit, les lieux où il a créé ou résidé, et de se mettre à sa place. Donc c'était ludique et en même temps audacieux.

 

Est-ce que vous avez eu le sentiment d'avoir appris quelque chose sur Van Gogh ?

Oui, je suis plutôt assez inculte. Du coup, je suis comme beaucoup de gens qui verront ce film. On verra sa vie, où il a peint, comment il faisait, les lumières qu'il recherchait, ses rapports avec les gens, sa solitude, etc. Bien sûr qu'on apprend des choses...

 

Est-ce que vous avez puisé quelque chose en particulier dans son travail pour travailler sa voix ?

Je ne peux pas vous répondre. Ce que je connais de sa peinture m'a toujours assez fasciné. Je ne saurais pas dire ça avec des mots. Même à l'école, j'avais la chance d'avoir un professeur d'arts plastiques qui nous a montré des œuvres de Van Gogh. Et ça m'était resté. Parce que je pense que quand il s'agit d'un grand un peintre, quand on imprime les images de son tableau, ça reste toujours. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Voilà, c'est un génie. Ce sont ses couleurs, sa luminosité, ses formes. Je ne dis que des banalités... Mais quand je pense à sa peinture, je pense à quelque chose de très lumineux.

 

Il y a beaucoup d'extraits de lettres dans le film. Est-ce que ça a nécessité quelque chose de particulier sur votre voix ?

Le travail sur la voix demande à la fois de l'incarnation et d'être en même temps extrêmement humble par rapport à ça. On se met derrière l'écriture. Il s'agit de faire entendre l'écriture sans pour autant que ce soit froid, gelé et déshumanisé. C'est un mélange assez subtil afin de suggérer le personnage. Souvent, les voix se font assez rapidement. D'abord, on a souvent peu de temps pour enregistrer. Puis on est placé dans une atmosphère de déchiffrage et je me fie beaucoup à l'instant, au premier moment où on lit les choses. On joue sur l'instinct, l'immédiat, ce qu'on ressent tout de suite en voyant les images et en lisant les textes. Ce n'est pas toujours en «surtravaillant» que l'on arrive aux meilleurs résultats sur ces histoires de voix.

 

C'est un film français en Imax... Donc vous avez également interprété la version anglaise. Comment s'est passé ce travail d'une langue à l'autre ?

Je ne suis pas anglais, j'ai dû beaucoup travailler avec un coach. Ils souhaitaient que ce soit la même voix. Ils tenaient à ce qu'il ait un accent, pour ne pas croire qu'il parle totalement en anglais. C'est amusant à faire, même si ça a demandé beaucoup de travail. Mais j'aime bien ça. Ce sont des challenges, ce qui fait partie de notre métier.

 

Comment arrive-t-on à se détacher de l'image que l'on a tous de Van Gogh ?

On règle toujours cette question avec l'évidence. Parce qu'à un moment donné, vous ne pouvez pas dire que vous êtes Van Gogh. Quand c'est des personnages connus, c'est toujours compliqué. Mais on les résout toujours en se disant que c'est moi qui ai été choisi, c'est moi qui fais le boulot. Je me souviens que dans Au coeur du mensonge de Chabrol, je jouais un peintre et que je me suis retrouvé devant un motif avec un professeur des beaux-arts qui me disait « vas-y ». Donc au début, on n'ose pas. Puis à un moment donné, on résout le problème en se disant qu'à un moment donné, Van Gogh, c'est un peu moi. Avec ma façon de parler, c'est moi. Sinon, on se dit toujours qu'on n'est jamais à la hauteur. Et du coup, ça rend impuissant. On est juste nous, avec nos petits bras et nos petites jambes, on donne notre sensibilité du moment, mais on ne se prend pas pour. Je ne me suis pas pris pour Van Gogh. Voilà. (rires)

Envoyer à un ami Ajouter un commentaire

 
 

Les commentaires des lecteurs

 

Zoom Avant

Zoom Avant

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook