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Un si beau voyage

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Farid Chopel : voyage au bout de la vie

  • Un si beau voyageUn si beau voyage - Farid ChopelLe 20 avril 2008, un cancer foudroyant emportait Farid Chopel. Il avait 55 ans et tout juste eu le temps de terminer le tournage de Un si beau voyage, dans lequel il campe un ouvrier à la retraite qui rentre en Tunisie, son pays natal. Retour sur le parcours chaotique de cet artiste qui fut une des figures marquantes des années quatre-vingt.

     

    Farid Chopel a connu la vie d'artiste, avec ses hauts, ses bas, ses courts instants de grâce et ses longs moments de solitude. Le 4 décembre 1952, il naît à Paris et grandit dans une petite chambre d'hôtel quelque part dans le 18ème. Enfant de l'immigration, sa mère et sa grand-mère tiennent à ce qu'il reçoive une bonne éducation. Direction donc l'école des curés. Chez les frères, il apprend le catéchisme et surclasse tous ses petits camarades. Farid Chopel se rêve un temps médecin mais découvre bientôt le théâtre expérimental, années 1970 obligent. Ses talents comiques, son allure dégingandée ou gracile font merveille. Après le temps de la troupe vient celui du one-man-show : en 1978, il monte seul sur les planches et présente Chopelia, un spectacle dont le titre sonne comme une utopie. Il y danse, il y chante, il y triomphe aussi. Anglais, Allemands ou Italiens seront pareillement conquis par cet artiste atypique.

     

    En 1980, il s'associe avec Ged Marlon et présente Les Aviateurs. Sa carrière prend encore de la hauteur et le cinéma lui fait les yeux doux. Farid Chopel joue les durs à cuire dans le drame carcéral L'Addition de Denis Amar, puis tourne avec son pote Coluche dans La Vengeance du serpent à plumes. La comédie lui va bien et Josiane Balasko ne s'y trompe pas en l'engageant pour son premier film en tant que réalisatrice, Sac de nœuds. Farid Chopel devient alors une figure connue et reconnue du milieu artistique. Il apparait ici dans une pub Perrier de Georges Lautner, là dans un clip de Jean-Baptiste Mondino.

     

    C'est la grande vie. Le comédien en profite et bientôt en abuse. A tel point d'ailleurs qu'il sombre dans l'alcoolisme et disparaît presque corps et âme. S'ensuit une longue, très longue traversée du désert ponctuée de gardes à vue, de séjours à l'hôpital et de nombreuses errances. L'artiste autrefois si plein de vie est tout près de finir entre quatre planches ou quatre murs. « A la fin, il me restait deux solutions : le cimetière ou l'hôpital psychiatrique », avouait-il au Parisien en 2004. Une rencontre avec un psychanalyste et le soutien inconditionnel de sa femme, le metteur en scène Brigitte Morel, lui permettront de repartir sur de bons rails et de retrouver le chemin de la scène puis du cinéma. En 2005, il publie avec son épouse Et je danse encore ! aux éditions Privé. Une autobiographie pour définitivement tourner la page.

     

    Alors que son nouveau spectacle Le Pont du milieu connaît un grand succès, Richard Bohringer lui offre en 2006 un rôle dans C'est beau une ville la nuit. Les deux hommes avaient travaillé ensemble vingt ans plus tôt sur L'Addition. Un si beau voyage est la dernière étape dans le parcours si particulier de Farid Chopel.

Par Florent Rodier (18/03/2009 à 12h13)
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