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Dressé pour vivre

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Paul Giamatti, un acteur boulimique

  • Dressé pour vivre« C’est un acteur sans peur, et ses différents visages ainsi que la manière dont il aborde son travail ont été indéniablement une source d’inspiration », résume le réalisateur Julian Goldberger à propos de leur collaboration sur Dressé pour vivre. Cette exhaustivité et cet éclectisme de jeu font la spécificité de Paul Giamatti. Dire qu’il peut tout jouer n’est pas une formule toute faite, mais au contraire une réalité dont atteste toute sa filmographie.

     

Par Xavier Leherpeur (08/07/2008 à 08h15)
Tout jouer…

« Je ne suis pas le genre d’acteur à vouloir jouer uniquement avec untel ou interpréter tel rôle. En fait, je prends tous les boulots que l’on me propose. »

Et il le prouve depuis bientôt quinze ans de carrière et près de 50 longs-métrages, parcourant d’un extrême à l’autre un très large spectre de personnages et de cinéastes. En 1995, il est au générique de Maudite Aphrodite de Woody Allen (qu’il retrouve deux ans plus tard dans Harry dans tous ses états) et du remake de Sabrina par Sidney Pollack. Les affiches prestigieuses côtoient vite des séries B alimentaires ou des comédies potaches. Ainsi Donnie Brasko de Mike Newell, Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, Man on the Moon de Milos Forman ou The Truman Show de Peter Weir cohabitent avec Parties intimes, Escape ou Dr. Dolittle. Une alternance qu’il ne cesse d’ailleurs d’exhiber comme une spécificité aujourd’hui encore. On a pu le voir aussi bien dans les très sérieux Storytelling de Todd Solondz (2001), Sideways d’ Alexander Payne (2004), De l’ombre à la lumière de Ron Howard (2005) ou L’Illusioniste de Neil Burger (2006) mais aussi dans les moins glorieux Big Mamma, Duos d’un jour, Méchant menteur, Thunderpants ou Frère Noël. Mais aussi au générique du réjouissant Shoot’em up.

 

Le premier des seconds…

On sous-estime trop souvent l’importance des comédiens dits de complément. Pourtant le cinéma et son histoire n’auraient jamais pu s’écrire sans ces derniers, galerie inépuisable de gueules, de personnalités et de caractères atypiques nous soulageant en terme de réalisme et d’authenticité des stars glamour et des physiques de jeunes premiers. Avec sa petite taille (1m74), son léger embonpoint de nounours, son air faussement candide et son collier de barbe, Paul Giammati ne ressemble guère à l’image toute faite et hélas majoritairement admise du héros romantique. Mais du coup, il s’offre depuis ses débuts le plaisir de déambuler en toute liberté dans une galerie de personnages aussi divers qu’inattendus. Un plus qu’il revendique.

« Honnêtement je n’ai jamais souhaité être autre chose qu’un acteur de second rôle. Dans la vie je me considère plutôt comme un type sans grand intérêt. Je crois que j’ai vraiment la mentalité d’un second rôle. En plus, je pense que, dans une certaine mesure, ceux-ci vous offrent plus de plaisir. Etre relégué au second plan vous invite à être encore vif, alerte. Il faut savoir dépasser les limites du petit espace qui vous est alloué. »

 

Un acteur modeste…

« Le désir de jouer me vient sans doute de mon adolescence et de l’époque où je participais à des spectacles scolaires. Ce truc avec les applaudissements et tout ce qui va avec me plaisait particulièrement. Plus tard, alors que j’étais incapable de savoir ce que j’allais faire plus tard, la carrière de comédien m’offrait justement un pluralisme et une diversité que je ne trouverais jamais ailleurs. Je n’avais plus à choisir une voie puisque cette profession me les offrait toutes. Alors bien sûr, à mes débuts, j’apposais à celle-ci une dimension philosophique. Etre acteur était une façon de répondre à toutes les grandes questions existentielles que l’on pouvait se poser. Ce qui n’est nullement le cas. Mais je me drapais dans cette pose prétentieuse dont fort heureusement aujourd’hui je me suis débarrassé. Une chose est certaine, votre rapport au jeu et à ce métier évolue avec l’âge. C’est désormais juste un boulot. Mais un boulot très agréable. »

Des récompenses diverses… et variées !

On le sait, les Américains adorent les récompenses, les statuettes et les cérémonies qui vont avec. S’il ne s’est retrouvé à ce jour qu’une seule fois en course pour la plus prestigieuse d’entre elles (il fut nominé pour un Oscar en 2006 pour son rôle d’entraîneur dans De l’ombre à la lumière) Paul Giammati pratique dans ce domaine le grand écart. Grand favori des critiques, il a remporté entre autres pour Sideways un impressionnant nombre de prix remis par les journalistes de Boston, Chicago, Dallas, New York, Phoenix ou Los Angeles. La pimpante principauté de Monaco vient également de lui attribuer le prix du meilleur comédien lors du dernier Festival de la télévision pour sa performance dans la série « John Adams », produite par HBO. Mais chaque médaille a son revers et ses prestations dans Méchant menteur en 2003 et le (certes médiocre) La Jeune fille de l’eau de M. Night Shyamalan en 2006 lui ont valu de rentrer la liste peu enviable des comédiens pressentis pour un Razzie Award (le négatif des Oscars saluant les pires prestations).

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