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Dragonball Evolution

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Emmy Rossum, une Bulma au combat

  • Dragonball EvolutionFolle de son corps dans le manga et l'animé à l'origine de Dragonball, Bulma se calme de se côté-là, nettement moins court vêtue que par le passé, pudibonderie hollywoodienne oblige. Mais, entre la pin-up décérébrée et Géo Trouvetou, le personnage demeure fidèle à lui-même, pris en mains par une Emmy Rossum pas mécontente de se frotter à l'une des icônes de son enfance.

Par Marc Toullec (27/03/2009 à 14h59)

 

Comment avez-vous atterri sur le projet Dragonball ?

Evidemment, j’ai dû passer par les auditions, sortir du peloton des nombreuses autres candidates… Un processus un peu angoissant, mais, une fois obtenu le rôle de Bulma, je n’ai pas caché ma satisfaction. Comment voulez-vous ne pas être satisfaite de rejoindre l’histoire d’une franchise si populaire depuis une vingtaine d’années, si attendue sous forme de film ? Et puis, il y a le personnage, Bulma. Quelqu’un à la fois de sexy, drôle, intrépide. Rien que du bonheur, surtout que c’est la première fois que j’aborde un registre pareil, en rupture totale avec ce que j’avais fait jusqu’à présent.

 

Interpréter Bulma telle qu’elle se présente dans le manga et la série animée relève pourtant de la mission impossible…

Oui, même si les effets spéciaux participent à une grande fidélité au rôle. Lorsqu’un héros passe d’un média à l’autre, les changements sont inévitables. Oui, il y a des différences entre la Bulma de l’animé et la Bulma du film, mais les caractéristiques principales restent les mêmes. La coiffure, le fait qu’elle pense être la fille la plus intelligente du monde, son goût de l’aventure, son aptitude à compenser ses carences de combattante par la ruse et des coups envoyés à tout va, son égocentrisme… Non, entre le Dragonball des origines et le film, Bulma n’a pas vraiment évolué, sinon qu’elle ne passe plus le plus clair de son temps à montrer sa petite culotte ou à promener pratiquement nue ! Quant à moi, ce qui m’a changé, c’est d’interpréter une bagarreuse, autre chose que les petites femmes fragiles.

 

Avant de tourner Dragonball, vous vous êtes probablement documentée, non ?

Non, je n’ai pas eu à visionner des heures et des heures de «Dragonball» animé, à lire des kilos de mangas… Dragonball, je le connais depuis que je suis toute gamine. J’ai pratiquement grandi avec. Quand, pour la première fois, j’ai lu le scénario, les images de la série animée que j’avais vue sur Cartoon Network me sont revenues à la mémoire. Cependant, pour me préparer aux auditions, j’ai relu plusieurs mangas. Une manière d’en apprendre un peu plus sur Bulma, de me renseigner sur ses origines, ses motivations, sa famille… Il fallait que je reconstitue son passé pour mieux m’imprégner de sa personnalité.

 

Interpréter des personnages de manga est un exercice délicat. Ceux-ci, de par leur nature, coupent tout lien avec la réalité…

Bien sûr, le manga et l’animé racontent des histoires incroyables, extraordinaires et hors de notre réalité quotidienne. Pourtant, les personnages reflètent une vraie humanité. Ce sont pour la plupart des héros imparfaits, des gens qui ne présentent pas seulement des qualités… Ainsi, Bulma se montre assez vaniteuse et pense que l’argent peut tout acheter. De toute façon, pour un comédien, l’exercice demeure identique, manga ou pas manga. Il s’agit toujours de donner l’illusion de la vie à un personnage. Que celui-ci vienne d’un roman, d’un scénario original ou d’une bande dessinée importe finalement peu !

 

On ne débarque pas sur le plateau de Dragonball sans être passé par la case «remise en forme»...

Entre le moment où j’ai été engagée et le tournage, les autres comédiens et moi-même avons subi deux semaines d’entraînement. Une quinzaine de jours d’exercice sous la houlette d’un ancien marine. Entraînement à la boxe, au kikckoxing, aux armes à feu contre la possession desquelles, dans la vraie vie, je lutte. Arme à la main, je me suis soudain sentie très puissante. Une sensation très étrange. Bulba oblige, j’ai appris à piloter une grosse moto assez comparable à celle du film. Ce qui m’a permis, un peu plus tard, de décrocher le permis deux-roues que je n’avais jamais eu le temps de passer. Parallèlement, la plupart d’entre nous ont suivi un régime à base de protéines. Il fallait que l’on prenne du muscle, un peu de volume… Sur le plateau, entre les prises, le temps était parfois long et, pour le tuer, nous jouions à des jeux vidéo de combat ou d'aventure, Tomb Raider et autres. Une manière de maintenir en alerte la mentalité de combattant des personnages !

 

Comment avez-vous réagi quand, pour la première fois, vous vous êtes vue intégralement attifée en Bulba ?

J’étais si satisfaite de mon look que, pendant tout le tournage, je n’ai pas arrêté de me faire photographier, seule ou avec les autres acteurs. Je voulais tellement montrer ces photos à mes amis ! En vérité, je dois même avouer que, le premièr jour pù je me suis habillée en Bulba, j'ai littéralement sauté de joie. Un peu comme un personnage de BD !

 

Un film comme Dragonball intègre un nombre importants d’effets spéciaux ajoutés ensuite, en post-production. Cela implique de longues heures d'attente sur le plateau…

Oui, mais nous ne nous sommes pas souvent ennuyés. Il y avait les jeux vidéo, Internet pour nous distraire. Et puis, tous ces écrans verts titillaient notre curiosité, notre imagination. Entre nous, nous étions sans arrêt à nous dire « que penses-tu de ça ? As-tu seulement une idée de ce que sera le cafard géant à l’écran ? » Et puis, la plupart du temps, j’étais la seule fille dans une bande de garçons, Jamie Chung ayant en fait peu de séquences communes avec moi. J’ai donc pu expérimenter les blagues que les mecs font entre eux. Très instructif d’un point de vue féminin !

 

A vous entendre, le tournage de Dragonball n’aurait été qu’une vaste partie de plaisir !

Pas tout le temps ! Même si, en formant une bande de copains, nous avons réussi à ne pas trop nous sentir isolés à Durango, en plein centre du Mexique, j’ai connu des moments difficiles. Au bout de quatre semaines de tournage de nuit, j’ai vraiment souffert d’une scène d’escalade. J’étais épuisée et les 14° ambiants n’arrangeaient rien, surtout que les vêtements portés par Bulba ne sont pas les plus chauds du monde. Je crois que nous étions tous dans le même état. Pas rigolos du tout, ces instants-là !

 

Comment avez-vous réagi à la pression des fans ? Sur ce type de franchise, ils sont généralement très pointilleux !

Tout film intègre un niveau variable de pression ! Quand elle n’est pas interne, elle est externe, liée à ce qui vous a précédé. Avec Le Fantôme de l’Opéra, j’étais par exemple très préoccupée par le fait de jouer une Christine différente des autres. La pression sur Dragonball, je l’ai mesurée dès les auditions. Déjà par l’importance du rôle que je pouvais décrocher et des conséquences sur la suite de ma carrière. Evidemment, certains fans ne manquent jamais une occasion de se manifester, de dire ce qu’ils pensent. Et ils sont nombreux à faire entendre leur voix. Ce qui peut vous bloquer en tant que comédien, créer une sorte de pression un peu stérile. Franchement, plutôt que de céder sous le poids des commentaires, j’ai pris comme une attention très honnête de la part de tous ces fans de se préoccuper de ce que les comédiens allaient faire de leur héros ! C'était un peu stressant d’anticiper leur jugement quoi que, au niveau du plateau, vous devez faire les choses comme vous le sentez, et les oublier un peu.

 

Avez-vous une idée des sous-entendus du nom que porte votre personnage dans Dragonball ?

Oh oui, j’en ai entendu parler ! Quelque chose de salace je crois, associés aux dessous féminins ! Je crois que, au tout début, le créateur du manga a choisi des noms pour exprimer ce qu’il pensait de ces personnages. Pas très flatteur de sa part. Par contre, en tant que comédienne, je trouve amusant d’interpréter avec sérieux une héroïne aussi idiote. J’aime ce décalage. Bulma m’a un peu rappelé des personnages que je connais, un peu trop sûrs de leur intelligence et qui, à force de la porter en étendard, en deviennent assez grotesques !

 

Prête à reprendre du service dans un Dragonball 2 ?

Oh oui ! Je n’attends que ça. Et, si on veut encore de moi, je crois bien que j’irai jusqu’à Dragonball 7. Du tournage, je ne garde finalement que de bons souvenirs. Un peu de fraîcheur parfois, des bleus et écorchures aussi, mais rien de méchant. En plus, j’ai connu avec Justin Chatwin, qui incarne Goku, le grand frère que je n’ai jamais eu.

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