Watchmen - Les Gardiens |

Avec seulement trois films à son actif, Zack Snyder compte néanmoins parmi les réalisateurs américains les plus sollicités. Portrait d’un quadra qui croit fermement en ce qu’il fait.
Quand, en 2003, il prend le commandement de L’Armée des morts, Zack Snyder est pratiquement un inconnu. Zack qui ? Snyder. Et qui est-il, ce type, pour prétendre refaire le Zombie de George A. Romero, classique vénéré, intouchable, à la demande d’Universal ? Pratiquement Monsieur Personne, même si, un an plus tôt, il fait un peu parler de lui en tenant tête aux producteurs de S.W.A.T., film d’action policière qu’il préfère abandonner à un autre au lieu de céder à leur ingérence.
Plutôt que de donner dans la grosse confection hollywoodienne, de copier le Romero plan par plan et d’e reprendre les personnages placés dans les mêmes situations, Snyder surprend en apportant des éléments originaux, un humour carnassier et un gore assumé sans complexe. Pas mal du tout pour un premier long-métrage où s’affirment son brio technique, un sens esthétique marqué et un goût du récit dégraissé de tout superflu et du montage percutant. Même les sourcilleux gardiens du temple Romero applaudissent. Parfois davantage qu’ils n’applaudiront le Land of the Dead du maître. C’est dire… Dans l’horreur, Zack Snyder limite les concessions au strict minimum et, in fine, aboutit à l’une des productions les plus gores jamais orchestrées par une major company. Rare.
Pas question de transiger. Pas plus qu’en filmant les comics de Frank Miller ( 300) et du tandem Alan Moore/ Dave Gibbons ( Watchmen), qu’il choisit d’adapter fidèlement, même si, dans le second cas, le cadre historique des années Richard Nixon ne présente rien de commercial. Un puriste, Zack Snyder.
Pourtant, à l’époque du tournage de L’Armée des morts, Snyder présente un profil plutôt inquiétant de fils de pub. Des spots publicitaires, il en signe des paquets. Pour Suburu, Audi, BMW, Nissan, Budweiser, Compuware, UPS, le couplé Nike et Reebok pour lequel il torche les portraits promotionnels de Michael Jordan, Martina Navratilova et Troy Aikman. Dans la même mouvance, au service de Titleist (le nec plus ultra du club et de la balle de golf), il croque les as du green Daniel Duval, Dan Marino et David Robinson. Le clou d’un palmarès parmi les plus flatteurs du registre : une « réclame » pour la jeep Frisbee récompensée d’un Lion d’or au Festival de Cannes. Celui de la pub, pas l’autre.
Sosie de l’acteur William Devane, parlant fort et, dans sa démarche, plus proche du biker goguenard que de l’artiste ombrageux, Zack Snyder connaît dans la pub la consécration lorsque les annonceurs lui offrent de diriger des stars de cinéma : Robert De Niro, Harrison Ford, Catherine Zeta-Jones, Pierce Brosnan, George Clooney, Kevin Costner… Une impressionnante brochette de vedettes. Ironiquement, en abordant de plain-pied le cinéma, le cinéaste en herbe préfère a contrario s’affranchir des grands noms, des cadors du box-office.
De L’Armée des morts à Watchmen via 300, pas une seule star, mais de solides interprètes. Ce qui n’empêche pas le succès ! Avec respectivement des recettes cinéma mondiales de 102 et 457 M$, pour des budgets raisonnables de 26 et 60 M$, les deux premiers le rendent particulièrement attractif aux yeux des studios. Et, en confiance, Warner Brothers de lui confier Watchmen, projet dans les limbes depuis près de vingt ans.
Avec l’horreur hardware, le péplum et désormais la mythologie revue et corrigée de super-héros cafardeux, Zack Snyder sort radicalement des sentiers battus hollywoodiens, des genres les plus fréquentés. C'est tout à son honneur. Et, plutôt que de tourner Army of the Dead (suite de L’Armée des morts), il préfère sagement se limiter à sa supervision, comme producteur, du monumental Watchmen, se l’accaparant à temps plein.
Et maintenant ? Pour l’heure, entre 2009 et 2010, l'avenir du réalisateur se décline à travers une dizaine de projets à des stades plus ou moins avancés de développement. Les principaux : The Last Photograph (les aventures d’un photographe dans l’Afghanistan en guerre), Guardians of Ga’Hoole (victimes de lavages de cerveaux, des orphelins sont transformés en soldats d’élite), The Illustrated Man (de la science-fiction philosophique, d’après Ray Bradbury) ainsi qu’une suite à 300, Sucker Punch (quand, pour s’évader par la pensée d’un hôpital psychiatrique, une supposée malade s’invente un univers imaginaire), Cobalt 60 (à la base une bande dessinée de Vaughn Bode et tableau d’un univers post-apocalyptique peuplé de mutants et de créatures dantesques) et Rainbow Six (un thriller d’espionnage d’après Tom Clancy). De quoi surcharger un agenda de réalisateur sur dix ans.
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Supprimer son compte | regseb |
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| Dossier Simpson | KygO |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Notation des films | aoctw |
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |