Je suis un Cyborg |
Après une sanglante trilogie basée sur le thème de la vengeance, Park Chan-Wook change de ton et propose, avec Je suis un Cyborg, une comédie romantique acidulée et mélancolique, où la virtuosité de sa mise en scène reste indéniable.
Il est vrai que j’en avais assez de faire des films violents, et que je ressentais le besoin de changement. Mais pour autant, Je suis un Cyborg, est une continuation naturelle de mon travail. Si l’on regarde ma filmographie et son évolution, la part du fantastique y est de plus en plus importante. De même que l’aspect «fable», qui était assez présent dans Lady Vengeance. Disons que ce nouveau film est l’expression, poussée à son maximum, de ces deux aspects.
Effectivement. Au début du film, le personnage féminin travaille à la chaîne en usine. Tout est uniformisé, il n’y a aucune joie de vivre. Et cela reflète selon moi un certain aspect de la vie en Corée. En revanche, pour le personnage masculin, c’est plus universel. Il souffre d’un vide intérieur assez insupportable qui confine à la folie. Il a l’impression qu’il va disparaître de l’intérieur. Et pour compenser ce vide, il s’approprie le caractère de ceux qui sont en face de lui. Chaque fois qu’il a l’impression d’avoir dérobé une personnalité, il porte un masque qu’il juge en adéquation avec celle-ci. Il est vrai que ces deux-là se rejoignent dans leur quête d’une personnalité qu’ils ont soit oubliée, soit perdue.
Il n’a jamais été question pour moi d’aller dans le sens du réalisme, car cela ne m’intéressait pas. J’ai même refusé d’emmener mes acteurs dans une véritable institution médicale, car je ne voulais pas non plus de réalisme dans le jeu. En revanche, je leur ai demandé de se mettre dans la peau de jeunes enfants. Et l’asile autour d’eux a les allures d’un jardin d’enfants où tous les pensionnaires retombent en état d’infantilité.
C’est effectivement l’un de mes thèmes de prédilection, lié à celui de la culpabilité inhérente à ce franchissement. J’ai longtemps cherché à comprendre ma fascination pour le thème de la culpabilité, et ce n’est que depuis quelques années que je crois en avoir saisi l’origine. Tout vient de ma jeunesse. En effet j’ai eu 20 ans dans les années 80, au moment où la dictature militaire s’achevait au prix de nombreux sacrifices et d'injustices. Ma génération ressent cette culpabilité de n’avoir pas pris part aux combats des étudiants, et de se l’être coulé douce pendant que d’autres se battaient pour la démocratie.
C’est selon moi une idée reçue de croire que les choses se déroulent selon la loi de cause à effet. C’est pourtant ce que l’on observe dans bon nombre de romans ou de films. C’est une arnaque. La vie est faite d’imprévus et il nous arrive sans cesse des choses dont nous ignorons les causes. J’essaie, à travers mon cinéma, de m’approcher de la vraie vie, faite d’imprévus et d’événements inexpliqués.
J’ignore à ce jour quelle sera la forme du scénario, et même du film. C’est d’abord pour moi une façon de visiter à nouveau ce thème de la culpabilité car, la plupart du temps, un vampire est un homme devenu un «monstre» contre sa volonté, en subissant celle d’autrui. Passer de l’autre côté du Mal pour survivre est une souffrance inédite et originale, sur laquelle il m’intéresse de travailler.
Je suis méfiant, évidemment, et je préférerais que les cinéphiles américains puissent découvrir l’original. Ceci mis à part, lorsque je vois ce que les scénaristes et Martin Scorsese ont réussi à faire avec Les Infiltrés, le remake du film hongkongais Infernal affairs, je me dis que si le projet tombe dans les bonnes mains, alors pourquoi pas…
| Sujet | Auteur |
|---|---|
| Supprimer son compte | regseb |
| Dossier Simpson | KygO |
| l'Absurde séance débarque à Paris | absurde_seance |
| Notation des films | aoctw |
| Conspirations et Complots | HyperLourd |
| vos Walt Disney préférés | HyperLourd |
| Arf, c'est toujours aussi mort ici ? | Frederic |
| Un an d'ancienneté sur TLC... | Zeus |
| l'an 2012 ? | BADMOFO |
| James Bond | Lord-of-babylon |