L'heure d'été |
Ah, le beau tableau de famille que voilà !
Assayas devient un cinéaste populaire malgré lui.
Le sujet est vampirisé par ses personnages (mais est-ce un défaut ?)
Une belle réflexion sur le temps qui passe ainsi que sur la transmission des mémoires et des objets.
Les acteurs et le côté choral du film.
L'histoire, un peu plan-plan, la fin qui n'en est pas une…
Des moments de grâce.
Des moments d'ennui…
Assayas ne transcende pas son sujet et signe un film trop plat pour séduire.
Assayas touche au plus sensible, au plus près de nos états d'âmes. Sa corde vibre en évitant chaque facilité d'un roman familial. Berling au plus juste. Binoche débarrassée de Klapisch. Edith Scob impériale. Qui dit mieux ? Malheur à celui qui refusera d'ouvrir les yeux : Assayas parle d'un pays et de sa culture. Irons-nous au musée ? Irons-nous dans nos mémoires et nos sensibilités à fleur de peau ? Prendrons-nous la porte du fond du jardin, celle qui mène à toutes le découvertes ? Comment vivre entre l'heure d'hier et celle d'aujourd'hui ? C'est l'heure d'été, c'est-à-dire l'heure du choix. Assayas, décidément, sonne juste à l'horloge de nos destinées sentimentales.
On ne connaissait pas trop le coté romanesque d'Olivier Assayas, en voici une large facette. L'heure d'été, est une réflexion sur la filiation, le temps qui passe «marque lucidement le passage, nous ne sommes que des voyageurs sur Terre» (Le Figaro), les souvenirs et les liens affectifs entre membres d'une même famille. «Entre douleur et rivalités, Assayas fait de l'aquarelle de haute précision» (Les Inrockuptibles). «Emporté par des acteurs et une caméra ultrasensibles, à l'affut des mouvements de la vie, le film, saisit une réalité d'aujourd'hui» (Nouvel Obs). L'émotion est au rendez vous, servie par «une mise en scène toujours alerte, en adéquation avec la tonalité du moment» (Cine Live). La distribution de ce portrait de famille joue juste, et confère à l'ensemble une mélancolie qui tranche avec la sérénité apparente. Pourtant, la force de ce long métrage ne se situe pas seulement dans ses personnages. En effet, Olivier Assayas, laisse éclater son talent dés qu'il filme la maison familiale, ou quand il capture des instants de vie pris sur le vif. «Il montre combien la transmission peut être difficile et l'attachement à son passé, constitutif de son identité.» (Premiere). Pourtant, dans ce film, qui est aussi une critique du mode de vie moderne (vitesse, mondialisation...), Assayas hésite entre les nostalgiques et les amnésiques, comme le constate Libération «La contemplation s'est substituée au coup de griffe.»Au rang des détracteurs, L'express, qui juge «le sujet clairement posé, mais son exploitation reste dans une sagesse convenue et finalement ennuyeuse».
L'avis des Fiches du CinémaUne vieille femme fête son anniversaire. Puis elle meurt. Puis ses enfants se partagent l'héritage. Puis la maison est vendue. Ça dure un an. C'est la vie. Abandonnant sa vaine recherche de l'intensité, Assayas trouve, dans la délicatesse et la pudeur, le chemin de l'émotion.