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Intelligente confrontation entre deux époques de l'histoire de l'Argentine.
Le systématisme de la construction est un peu répétitif.
Les rapports entre les personnages sont bien décrits.
Le film manque de surprises.
Le cinéma politique et humain à son meilleur
Comme il est plaisant de voir, pour une fois, de l'unanimité dans la presse. En effet, le premier long-métrage de fiction de Lucía Cedrón est salué par des critiques venant d'horizon différent, des Inrocks à Studio, tous ravis, chacun à leur niveau, d'avoir dégoté une «une nouvelle perle venue d'Argentine» (Studio), qui impose «une manière intelligente de renouveler le cinéma politique» (Le Figaro).
Le point qui impressionne le plus reste l'usage subtil des flash-backs, apport cruciale de Agnus Dei, soit une façon inédite d'éclairer les troubles argentins des années 70, en «ne filmant pas la dictature dans ses aspects les plus spectaculaires (...) mais dans ses effets diffus sur le quotidien...» (Inrocks), par le prisme de cette famille. Si à Studio, on se contente de parler d'une «maîtrise admirable du flash-back», Ciné Live tente une approche pointue en disant pourquoi cette maîtrise est si admirable: ils «nourrissent le récit pour mieux cerner le drame de cette famille». Si on veut pousser plus loin avec les Inrocks, jamais avares de bons mots, où les flash-backs deviennent du «montage temporel», permettant de «dénouer petit à petit toutes les facettes de cette double histoire politique et familiale». La seule tiédeur viendrait de Télérama, qui, si il rejoint ses camarades sur les flash-backs («une alternance très fluide de scènes au présent et de flash-back»), décèle des maladresses «quand elle le martèle» (son message) «avec des séquences inutiles sacrifiant au pathos». Le pathos, l'ennemie du critique cynique. Quoiqu'il en soit, les deux actrices principales restent l'autre point fort du film, un «tandem tout en tensions» (Télérama), qui «irradie le film» (Inrocks).
Que dire de plus? Un film politique bien senti, original, porté par un fort duo d'actrices. Pourquoi s'en priver?