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Un film sur l'enfance à la fois poétique, tragique et envoûtant.
Trop de distanciation dans la mise en scène pour accrocher.
Du cinéma qui prend le temps non de se regarder filmer, mais de regarder ses lieux et ses acteurs. Tout ici fait signe et sens. Avec délicatesse. Sans effets.
Yumurta est le premier film d'une trilogie centrée sur le personnage d'un jeune poète turc. Il y est question de deuil, de retour aux sources et d'amour. L'amour, justement, parlons-en, et demandons-nous : la presse a-t-elle aimé le film ? Les Inrocks, un peu, qui loue « la belle sobriété » formelle du film, mais stigmatise un manque d'audace ou de génie, alors que TéléObs loue « la sensibilité artistique » du cinéaste. Studio, pas du tout, qui reproche au film d'être « contemplatif à l'excès ». Le Monde, à la folie. Le quotidien du soir ne tarit pas d'éloges sur Semih Kaplanoglu qu'il qualifie de « grand cinéaste ». Et pour cause, « le réalisateur maîtrise parfaitement son style élégiaque, limpide et poétique, ténébreux et radieux. » « Extrêmement lent et silencieux » (Le Canard enchaîné), Yumurta se destine principalement aux « esprits sensibles » (le Figaro), que de longues promenades solitaires en Turquie ne rebutent pas.