Un film poignant. On se laisse bercer par l'histoire inhumaine d'un homme (Albert Dupontel) ou plutôt, c'est le désespoir de vivre qui la rend inhumaine. Et on attend avec impatience ce moment de vérité si cruel à entendre. Le film se termine et les larmes arrivent comme une évidence... Un vrai coup de coeur.
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leanael - le 27/09/2008
À partir d’un événement d’une cruelle banalité, Jean Becker dresse le portrait d’un homme comme on en rencontre souvent, hésitant entre égoïsme et générosité, doutes et certitudes, mots tus et mots dits. On ne juge pas celui auquel Albert Dupontel prête avec tant d’âpreté et de fragilité ses traits, ayant dès le début l’intuition que cet Antoine-là est un imposteur. De coups de gueule en coups de poing, Antoine fait le vide autour de lui afin de descendre seul dans cet enfer qu’il se ménage. Témoin impuissant de cette sourde douleur qui le consume, le spectateur bouleversé connaît la frustration de ne pouvoir lui prendre la main pour l’apaiser. Un rôle qui semble échoir à son père, ce père qui parce qu’il doit moins l’aimer que les autres attire irrésistiblement un Antoine en mal avec l’amour. Becker renoue avec ses inclinations rustiques au cours d’une virée irlandaise où le temps suspend son vol, enfin. Dernière escale. Dernière inspiration dans un cadre idéal où père et fils s’inscrivent naturellement. Puis le temps reprend ses droits et se presse d’en finir avec une histoire qui n’a que trop durer à son goût... En guise d’épilogue, le cinéaste amoureux de Reggiani nous offre une chanson méconnue, admirable point d'orgue d’un film qui parle avant tout au coeur.