|
Un long flash-back final superflu gâche le plaisir.
Une force mystique et visionnaire hors du commun. Chaque plan ressemble à un tableau.
Un défaut de construction flagrant dans la dernière partie.
Le grand retour du cinéma russe.
Tarkovsky ! sort du corps du cinéaste !
Un ennui abyssal, une mise en scène poseuse.Le retour d'Andreï Zviaguintsev, quatre ans après son Lion d'or à Venise en 2003, n'avait pas trouvé son public à Cannes, où il divisa la critique, mais enchanta le jury qui décerna à Konstantin Lavronenko le Prix d'interprétation masculine. Quelques mois auront été nécessaires à la presse pour digérer ce Bannissement et revoir sa copie en écrivant quelques élogieuses critiques. Ciné Live voit ainsi ce « long film fleuve et contemplatif » comme une « oeuvre inspirée, anxiogène et poignante ». Positif considère le réalisateur comme « un conteur brillant, doublé d'un héritier des cinéastes contemplatifs soviétiques. » La revue est sidérée par la beauté de ses plans et est fascinée par l'ampleur de sa quête philosophique. Première conseille aussi ce film sous influence tarkovskienne, en assurant que « le réalisateur livre une oeuvre fascinante sur l'amour et les tourments qu'il y a à l'exprimer. » Studio, à l'inverse, ne goûte pas à l'aventure spirituelle que propose le film et s'ennuie devant « ses interminables plans-séquences. » Télérama aussi est sceptique et s'interroge : « Où était le réalisateur durant ces quarante dernières années ? Sur Mars ? Dans un abri nucléaire ? Le Bannissement donne l'impression d'être un film exhumé, datant de l'ère tarkovskienne ». Mais « épure rime ici avec enflure. » Sans être aussi sévère sur le film, Les Inrocks salue le « beau travail plastique », mais regrette son « fatalisme forcé ». Pareillement déçu, les Cahiers du cinéma rapproche Zviaguintsev de Lounguine et condamne leur cinéma puissant mais fermé, en lui opposant celui plus aéré de Sokourov. Voilà donc néanmoins un film exigeant, qui ravira les admirateurs du Retour comme les inconditionnels de Tarkovsky.